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Article du Vendredi 29 mars 2013
11h26 - Etapes 34-37. Lisbonne – Porto (333 kms) Une grosse ville à quitter (25 kilomètres d'agglomération) puis rouler quelques jours sous la pluie puis rentrer dans la longue et difficile agglomération d'une autre grande ville. Rien d'extraordinaire ces jours-ci mais le Portugal me plait bien. D'abord car on y mange mieux qu'en Espagne : souvent de bonnes soupes de légumes à feuilles pour moins de 2 euros avant des repas qui ressemblent d'avantage à ce que l'on trouve en France, et puis bien sûr ce vin de Porto qui est excellent, j'ai acheté une petite bouteille de 20 cl de blanc au hasard dans un petit magasin d'alimentation, et bien ça valait le vin jaune de ma région pour un tarif moindre (ce qui pourrait expliquer que le vin du Jura ne s'exporte pas très bien). Les vins ici sont plus forts en alcool (20°, ajout d'eau de vie au cours de la fermentation) plus sucrés car fermentation moins longue et d'avantage de soleil, et pouvant provenir d'une cinquantaine de cépages différents que les producteurs mélangent à leur convenance. Et comme chez nous ils les laissent vieillir quelques années en fût de chêne. Si la méthode est un peu moins élégante que pour le Jura, le résultat était vraiment très très bon, possibilité de commander ce Lagrimas Blanc sur internet si vous voulez vous faire une idée. Autre avantage du Portugal : les gens parlent anglais couramment. En Espagne personne ne parlait anglais même chez les plus jeunes. Ici c'est tout le contraire, sans doute en raison des films américains qui ne sont pas doublés en portugais, simplement sous-titrés. Par contre ici les routes sont de mauvaise qualité alors qu'elles étaient souvent excellentes en Espagne. Beaucoup de différences donc entre ces deux pays. Et deux points communs pour le moins désagréables pour moi, points communs partagés avec le sud de l'Italie que j'ai déjà parcouru : les rues pavées au centre des villes et des villages. Cela met mon vélo à rude épreuve et m'oblige à rouler au pas ou à mettre pied à terre sur des centaines de mètres. Et, bien pire, les chiens. Ces animaux du diable sont omniprésents sur la péninsule ibérique, toujours engrillagés en Espagne, régulièrement libres au Portugal, mais jamais abandonnés donc moins dangereux qu'en Italie. Leurs aboiements féroces à longueur de journée deviennent insupportables pour moi, et ils n'aboient surement pas pour me dire bonjour ou pour m'encourager. J'arrive à faire s'arrêter ceux qui me courent après au Portugal, en hurlant plus fort qu'ils n'aboient et en klaxonnant, mais après 3 jours à hurler maintenant j'ai mal à la gorge. Bref c'est la guerre avec ces animaux. A noter que j'ai dormi pour la première fois sous la tente entre deux étapes en raison d'un camping à moins de 5 euros sur ma route et d'une journée déjà bien avancée suite à des problèmes mécaniques. J'avais déjà planté la tente sur l'île de Ténérife, désormais je vais pouvoir dormir de plus en plus dehors car les camping commencent à ouvrir et les nuits sont moins froides.
Pour ceux qui auraient loupé le passage sur France 3, vidéo sur
http://blog.france3.fr/zappezplusnet/
Etape 34. Lisbonne – Caldas Da Raina. 91 kms en 5h25 (16,7 km/h). Asc 900m.
Etape 35. Caldas Da Raina – Praia Da Vaira. 60 kms en 3h05 (19,6 km/h). Asc 400m.
Etape 36. Praia Da Vaira – Aveiro. 115 kms en 6h03 (19,1 km/h). Asc 500m.
Etape 37. Aveiro – Porto. 67 kms en 4h01 (16,5 kms/h). Asc 600m.
Article du Samedi 23 mars 2013
17h23 - Etape 29-33. Séville - Lisbonne (470 kms) Depuis Séville je suis allé à Huelva, ville côtière espagnole et le lendemain je suis passé au Portugal. J'aime le Portugal, c'est sauvage, peu peuplé, il y a l'océan et en ce printemps il y a beaucoup de fleurs au bord des routes, des fleurs multicolores qui égaient mon parcours, et dont la plupart n'existent pas en France, alors c'est chouette à découvrir. Beaucoup de troupeaux de moutons aussi ainsi que des cigognes qui ne sont pas encore remontées. J'ai roulé pour la première fois sous la pluie depuis le départ, il aura fallu "attendre" la trentième étape pour recevoir les premières gouttes d'eau, j'ai beaucoup de chance pour dire que je suis parti en hiver. J'ai dormi dans des chouettes villes : Mertola, charmante petite cité en plein centre d'un grand parc naturel régional, calme et quiétude, Vila Nueva de Milfontes, à l'embouchure d'une rivière qui se jette dans l'océan, Grandola, à l'intérieur des terres, et enfin Lisbonne avec une arrivée pittoresque seul dans un bateau avec l'équipage après que les piétons soient descendus (je n'ai pas pu descendre avec le vélo) alors le bateau est reparti et a fait différentes manoeuvres pour me déposer sur un autre quai où les 5 membres de l'équipage m'ont salué depuis le bâteau, auxquels j'ai répondu à joyeux coups de klaxons puis je me rendu à l'auberge "yes hostel" qui a reçu le titre de meilleur "hostel" du monde pour 2013, et c'est sans doute justifié tant les détails sont nombreux et où tout est pensé à la perfection pour se distinguer des autres auberges et pour que l'on passe un bon séjour ici (pour seulement 14 euros par nuit petit déjeuner compris). Après une nuit en "warmshower" 5 étoiles mercredi chez Sylvain qui habitait dans un véritable petit palais, et une nuit en "couchsurfing" 5 étoiles jeudi chez José qui m'a offert une véritable chambre d'hôtel et bien plus, c'est de l'auberge de jeunesse 5 étoiles ces vendredi et samedi alors je j'aurais tort de planter ma tente dehors en ce moment d'autant que les nuits sont encore froides. J'ai roulé hier une partie de la journée avec un sympathique allemand croisé au bord de la route qui fait un tour du Portugal. Il a rencontré et discuté à Vila Nova de Milfontes avec Sylvain 1, un français de Hambourg qui dormait le soir par l'intermédiare de "couchsurfing" chez "Sylvain 2", un français expatrié au Portugal qui m'hébergeait le même jour par l'intermédiaire de "warmshower", belle soirée française donc chez lui. Sylvain 1 m'hébergera à Hambourg alors les voyageurs se croisent et se recroisent en Europe et hier soir c'est avec un sympathique homme d'affaires indien que j'ai sympathisé alors c'est très enrichissant. Il faut dire enfin qu'au Portugal on mange beaucoup mieux qu'en Espagne (mais tout de même moins bien qu'en France) et les vins sont excellents, je préfère d'ailleurs les vins rouges portugais aux vins rouges français.
Etape 29. Séville – Huelva. 93 kms en 5h35 (16,7 km/h). Asc 700m.
Etape 30. Huelva – Mertola. 93 kms en 5h23 (17,3 km/h). Asc 900m.
Etape 31. Mertola – Villa nova de Milfontes. 118 kms en 7h14 (16,3 km/h). Asc 1100m.
Etape 32. Villa Nova de Milfontes – Grandola. 86 kms en 4h53 (17,6 kms/h). Asc 700m.
Etape 33. Grandola – Lisbonne. 79 kms en 4h45 (16,5 kms/h). Asc 500m.
Article du Samedi 16 mars 2013
13h19 - Etape 25-28. Cadiz-Séville (374 kms) En sortant du ferry des îles Canaries à Cadiz j'ai parcouru 57 kilomètres jusqu'à la ville de Conil de la Frontera, puis le lendemain repos forcé pour cause de tempête et de déluge, puis le mercredi une magnifique étape de 110 kilomètres avec le soleil, le ciel bleu, une vingtaine de degrés et le vent dans le dos. Je suis passé par un endroit très particulier, le point le plus au sud du continent européen à la pointe de Tarifa. Un endroit un peu magique d'autant que la météo était de la partie avec ce fort vent et ce ciel bleu qui rendaient les paysages superbes. Belle vue sur les montagnes africaines à seulement 20 kilomètres de moi. C'est la première fois que je voyais l'Afrique, derrière le détroit de Gibraltar avec une eau bleu gris et quelques bateaux navigant dans le détroit. A la pointe de Tarifa, j'avais l'Atlantique très agité à ma droite, et la Méditerranée très calme juste à ma gauche, protégée du vent par la route qui faisait office de séparation, et le vent transportait du sable et l'eau de l'écume des vagues qui venaient frapper mon visage. Ce lieu géographique était un endroit mémorable dans mon voyage, et un point d'appui au tout au sud du continent d'où je n'ai d'autre choix désormais que d'entamer une longue et lente remontée vers le nord. J'ai longé le détroit avec parfois de très jolies vues sur celui-ci et sur les premières montagnes de l'Atlas, puis jusqu'à la ville de La Linéa de la Conception avec cette fois des vues sur le rocher de Gibraltar, petit territoire anglais au sud de l'Espagne. J'y suis allé le lendemain et j'ai eu la surprise d'y voir des singes en liberté renverser une poubelle pour aller ensuite se servir dedans. C'est impressionnant l'agilité de ces animaux qui se déplacent avec une facilité déconcertante entre les arbres, les barrières et les bâtiments en moins de temps qu'il ne le faut pour l'imaginer. C'est autre chose que de les voir en zoo. Splendide étape ce jeudi qui après m'avoir fait faire ce crochet par Gibraltar m'a emmené ensuite dans un parc naturel que j'ai parcouru seul quasiment toute la journée, la route étant impraticable pour les voitures pour cause d'effondrement. J'ai parfois du me frayer un chemin entre des grosses, jolies et gentilles vaches brunes au bord de la route (un peu comme au mont d'or), et j'ai pédalé toute la journée en moyenne montagne sous le bruit des nombreux ruisseaux et torrents qui dévalaient les collines. Enfin retour à Séville que j'ai atteint sans problèmes vendredi soir. Je m'attendais dans le sud de l'Espagne à voir d'immenses terrains agricoles avec tomates, concombres, framboises, et des travailleurs immigrés travaillant à 1 euro de l'heure, il n'en fut rien, j'ai vu à la place un immense parc éolien de plusieurs centaines d'éoliennes sur plusieurs kilomètres de long, et une belle centrale électrique solaire. Cela fait plaisir à voir chez nos voisins européen (pas d'équivalent en France) et c'est assurément bien plus rentable à long terme que l'EPR de Flamanville. Que les allemands soient plus intelligents que nous c'est une chose, mais désormais ce sont les espagnols qui commencent à nous dépasser!
Etape 25. Cadiz-Conil de la Frontera. 57 kms en 3 heures (19,0 km/h). Asc. 300m.
Etape 26. Conil de la Frontera-La Linéa de la Conception. 109 kms en 5h27 (20,0 kms/h). Asc. 1000m.
Etape 27. La Linéa de la Conception – Arcos de la Frontera. 116 kms en 7h22 (15,7 km/h). Asc 1700m.
Etape 28. Arcos de la Frontera – Seville. 92 km en 5h24 (17,0 kms/h). Asc 500m.
Article du Lundi 11 mars 2013
20h06 - Etapes 22-24. Iles Canaries (163 kms) J'ai quitté le mardi 5 mars l'île de Grand Canaria pour retourner sur l'île de Ténérife chercher ma remorque et monter de nouveau le volcan à vélo. J'aurai passé une belle semaine à Artenara. J'avais prévu de monter au pic du Teide le mercredi mais en raison d'une violente tempête et de chutes de neige deux jours plus tôt le téléphérique et le refuge étaient fermés. Ils ont réouvert seulement le jeudi et comme je prenais le ferry le vendredi soir pour Cadiz -un seul bateau par semaine- c'est donc jeudi que j'ai tenté l'ascension du Teide dans toute sa hauteur, en vélo puis en marche à pied. Pas de problème pour grimper en vélo mais vu que je suis parti à 11h le matin je suis arrivé à la tombée de la nuit (19h) au parking de départ de la randonnée à 2350 mètres d'altitude. Il y a des vols fréquents la nuit sur ce parking alors j'ai marché pendant 3,5 kilomètres de nuit avec le vélo à la main, sur le sentier partiellement enneigé, avant d'abandonner le vélo en l'attachant derrière un buisson alors que la neige recouvrait désormais quasiment tout le sol et que la pente devenait plus forte à 2650 mètres. J'ai ensuite atteint difficilement à pied les 2800 mètres d'altitude, très essoufflé avec des difficultés pour reprendre mon souffle et faire descendre le rythme cardiaque lors des pauses en raison du manque d'oxygène et d'une pente de plus en plus abrupte. Je pensais pouvoir atteindre le refuge pour dormir à 3200 mètres, me lever à 5h du matin, gravir les 500 mètres restants de nuit et arriver tout en haut (3715m.) pour voir le lever du soleil depuis le sommet du volcan avec, parait-il, son ombre qui se reflète dans l'océan. Malheureusement, je n'aurai pas pu voir tout cela. Alors que la montée se faisait de plus en plus difficile, j'ai croisé à 21h45 trois alpinistes qui descendaient avec pioches à la main et gros crampons et pics sous les pieds. Le premier m'a informé qu'il me serait difficile d'atteindre le refuge et qu'il allait falloir que je casse la glace (neige devenue très dure en raison du vent) avec mes pieds pour me faire des escaliers pour monter. Les deux qui suivaient m'ont déconseillé de monter (trop dangereux) et m'ont proposé de me ramener à mon "hôtel". Je n'ai pas hésité car je ne connais pas la haute montagne et ses dangers (je ne suis qu'un franc-comtois), physiquement cela devenait difficile, et seul de nuit sur ces pentes enneigées à 3000 mètres d'altitude cela n'aurait pas été raisonnable. Ils m'ont informé lors de la redescente avoir aidé deux personnes en grande difficulté à 300 mètres du refuge (le dernier kilomètre était vraiment très dur), avoir vu l'hélicoptère dans la journée venir au secours de deux personnes bloquées – coût de 2500 euros par personne-, et m'ont également appris qu'il y a eu un mort l'an passé sur les pentes du volcan, quelqu'un qui a glissé sur la neige malgré qu'il était équipé de pics et crampons. Je ne comprends pas pourquoi les gestionnaires du refuge ne m'ont pas informé qu'il fallait un équipement spécial pour monter car j'avais une réservation pour la nuit. Peut-être que c'est plus rentable pour eux et pour les secours (refuge payant). C'est donc en compagnie de ces sympathiques alpinistes que je suis redescendu. Nous avons récupéré le vélo le long du chemin, avons pu le mettre dans leur voiture et ils m'ont déposé à 0h30 près de chez eux à La Laguna où ils habitent, j'ai bu une bière dans un bar et j'ai redescendu tranquillement les 10 kms vers l'auberge de jeunesse où je n'ai pas pu trouver de lit en arrivant à 1h30 (toutes les chambres étaient complètes) ni monter ma tente dans le jardin (matelas perdu) alors j'ai dormi dehors sur un espèce de siège en plastique près de la piscine avant d'être réveillé à 4h30 par le froid et les moustiques, et de finir la nuit sur une sorte de fauteuil à l'intérieur. Le lendemain après-midi je suis reparti avec le vélo et sa lourde remorque pour le port de Santa Cruz de Ténérife, avec des arrêts par les magasins Décathlon de La Laguna et Carrefour de Santa Cruz de Ténérife, grands magasins français très pratiques sur mon chemin. Je suis vraiment très déçu de ne pas avoir pu monter tout en haut du volcan mais c'était la bonne décision, et j'espère que je reviendrai un jour sur ces îles que je n'aurai pas suffisamment parcouru. Maintenant l'hiver touche à sa fin en Europe et ici le soleil commence vraiment à chauffer (j'ai roulé torse nu l'après midi). D'après mes calculs, à Santa Cruz de Tenerife le 8 mars à 13h les rayons du soleil frappent le sol avec un angle d'incidence de 58° (90-27-23sin(169Pi/182)), c'est autant qu'à Besançon le 1er mai ou le 11 août (90-47+23sin(40Pi/182), j'aimerais avoir toujours un peu d'avance sur le soleil lors de la remontée alors il est tant de mettre le cap vers le nord. Il aura fallu 2 jours et demi de bateau pour Cadiz où je suis bien arrivé lundi après midi, après une traversée moins agréable qu'à l'aller en raison d'un léger mal de mer (je ne suis qu'un franc-comtois) mais je suis bien arrivé sur péninsule ibérique ce lundi midi.
Article du Vendredi 8 mars 2013
10h37 - Le carnaval Le Carnaval de Santa Cruz de Ténérife se déroulait dans cette ville quand je suis arrivé. Ce carnaval est très réputé - deuxième plus important au monde-. Il dure une dizaine de jours. Je suis arrivé en toute fin, deux jours après le mardi gras et un jour après l'enterrement de la sardine, mais j'ai tout de même pu assister au grand bal final le samedi soir. Des milliers, peut-être des dizaines de milliers personnes, toutes déguisées, étaient réunies au centre ville pour assister à différents spectacles et danser sur les musiques au coin des rues. Tous les costumes et déguisements y sont passés : personnages de dessins animés, de science fiction, personnages historiques, princesses etc. Certains étaient vraiment magnifiques mais je n'ai pas pris de photo car d'une part je passais déjà pour le gros touriste à être l'un des seuls à ne pas être déguisé -je ne voulais pas en plus sortir l'appareil photo-, et d'autre part la grande majorité des espagnols ne parlent pas anglais et je ne pouvais donc pas leur demander si je pouvais les prendre en photo. Jolie fête dans le centre de Santa Cruz. Petit bémol le gigantesque écran publicitaire qui diffusait toutes les 10 secondes les différents messages des sponsors en deux fois plus haut que les groupes qui se produisaient devant sur la scène principale. C'était beaucoup trop gros, bien que je n'aie rien contre le modèle de la publicité pour financer des services gratuits.