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24/03/2018 : Dubai, E.A.U.

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Article du Dimanche 25 mars 2018

20h03 - Etapes 825 – 852. Bakou – Dubai (2068 kilomètres) (2/2)

[FR] (in english below)
(suite de l'article précédent) C'est finalement en voiture que j'ai atteint Yazd après qu'un automobiliste m'a embarqué pour les derniers kilomètres. La pause chez ses amis le long de la route pour boire le thé et leur montrer sa trouvaille (moi) sont mémorables, tout comme sa conduite à plus de 100 kilomètres à l'heure sur des petites routes dans une voiture des années 70. À Yazd, c'est avec joie que j'ai retrouvé Manu, une cycliste allemande rencontrée à Noukous en Ouzbékistan, et qui a réussi à obtenir un visa pour traverser le Turkménistan. Ensuite, j'ai été contraint de rayer Kerman mon itinéraire, une ville intéressante et touristique à 3 jours de vélo vers le sud, mais secouée tous les jours par des répliques d'un séisme de magnitude 5 s'étant produit quelques jours auparavant et ayant fait une cinquante de morts. Si je n'avais pas eu des problèmes mécaniques m'ayant fait rater le ferry et attendre une semaine pour le ferry suivant à Aktau au Kazakhstan, je serai arrivé à Kerman au moment du séisme...C'est peut-être mon "ange gardien" qui m'a retenu une semaine au Kazakhstan un peu plus tôt. Du coup, j'ai tracé tout droit vers Bandar Abbas tout au sud de l'Iran ce qui m'a fait gagner quelques jours sur mon visa de 30 jours. J'ai été hébergé par Seyd Hossein et Fatemah (warmshowers), un couple avec une fille de 3 ans, de la même famille (sans le savoir auparavant) que Meghdad qui m'a hébergé au mois de juillet 1000 kilomètres plus au nord... Une sacré coincidence ! Je suis resté deux nuits chez eux et lors du jour de repos nous avons fait de la randonnée dans le Canyon Rageh, profond de 70 mètres, large de 160 mètres et long de 20 kilomètres et accessible par un long chemin caillouteux qui trace dans le désert, dans sa voiture qui datait aussi des années 70. La randonnée fut spectaculaire, car nous étions seuls au fond de ce profond canyon. À part le vendredi, jour férié en Iran, il n'y a jamais personne dans cet endroit. Une mini-plateforme de branchages en hauteur dans la falaise a attiré notre attention. L'endroit est réputé pour l'observation des oiseaux, et notamment des aigles, mais cette construction pouvait-elle vraiment être un nid d'oiseau ? Est-il possible qu'un oiseau puisse avoir un nid aussi grand ? Ou sinon, comment de l'eau aurait-elle pu être amenée à une telle hauteur et faire une telle construction circulaire ? J'ai escaladé la paroi opposée pour mieux observer l'objet. Les observations sont allées dans le sens d'un nid d'oiseau géant et couvert par un toit plat de terre séchée, sans doute pour éviter que des chutes de pierres ne cassent les œufs ou blessent les oiseaux. Magnifique ! Au retour à la maison, j'ai observé Fatemah broder un Pateh, une sorte de mini tapis local utilisé en décoration, typique de la région de Kerman. Devant la beauté de son travail je lui ai posé quelques questions. "Combien de temps faut-il pour faire un pateh comme celui-là ?". Une semaine m'a t'elle répondue. "Il te plait ?". "Oui, il est magnifique !". "Il n'est pas terminé, mais si il te plaît alors je te le donne!". Fatemah a brodé un FR pour France sur son Pateh, puis IRAN en dessous, me l'a donné, et c'est avec beaucoup d'émotion que j'ai quitté cette famille formidable. Les invitations sont nombreuses en Iran, les rencontres sont très belles, les gens sont généreux et ouverts aux étrangers. Ce sont les gens les plus gentils du monde alors qu'en France nous avons une image négative des musulmans à cause d'une minorité d'extrémistes, mais aussi de la délinquance associés à une immigration et une intégration souvent manqués en provenance du Maghreb. Ici, l'éducation islamique apporte la paix et rend les gens bons. Tellement bons qu'il faut apprendre à refuser leurs invitations pour avancer. Faire le tri... Un jour, j'ai eu le bon feeling. J'ai d'abord refusé quelques invitations le long de la route, mais j'en ai accepté une qui était moins habituelle. Alors que je m'étais arrêté assis au bord de la route pour manger quelques biscuits assis par terre, près d'une propriété bien grillagée, l'occupant est sorti et à m'a invité à boire le thé et à manger. Le bâtiment et la cour n'étaient pas une résidence, mais une petite station météo locale, et l'occupant, Farzad, travaillait comme assistant. Voyant mon intérêt pour une petite mappemonde gonflable posée dans son socle sur le bureau, il m'a demandé si elle me plaisait. Je lui ai répondu oui et il me l'a offert. J'ai alors pris mon stylo et tracé dessus la ligne des 58 000 kilomètres de mon parcours à vélo depuis 2013, puis après une petite photo, j'ai dégonflé la mappemonde et l'ai placé dans mes affaires : c'est un très joli cadeau et ce sera un objet parfait pour montrer ensuite ma route aux Terriens des autres pays et continents. Du fait que je ne suis pas passé par Kerman, je suis arrivé à Bandar Abbas sur le Golfe persique avec encore quelques jours sur mon visa. J'en ai profité pour prendre un bateau pour aller parcourir à vélo la petite île d'Ormuz, de 20 kilomètres de diamètre et dont une voyageuse iranienne rencontrée à l'auberge de jeunesse de Bakou m'avait parlé d'une manière très positive. Seulement peuplée par un village au nord, cette île déserte fut un endroit parfait pour faire du vélo, dans un cadre paisible constitué de roches multicolores transformées par une érosion récente, mais aussi avec quelques plages sympathiques. Une fin en apothéose, comme un feu d'artifice pour ces derniers jours de voyage de 2017. Ce fut tellement plaisant et dépaysant que j'y suis retourné deux jours plus tard, quittant mon campement gratuit dans un parc public en pleine ville de Bandar Abbas, pour cette fois parcourir l'île par des chemins intérieurs, le plus souvent en marchant à côté du vélo, avec d'avantage de difficulté, le chemin étant fermé en raison de profondes crevasses à contourner. Toutes les belles choses ont une fin, et cette année 2017 marquée une nouvelle fois du sceau du voyage se terminait. J'ai traversé le Golfe Persique en ferry (100 kilomètres), en compagnie de 5 autres voyageurs à vélo issus de 3 voyages différents, dont un Français réalisant un France-Australie. Sur l'autre rive, l'arrivée et mon court séjour à Dubaï furent un choc. Jamais je ne me suis senti aussi perdu en arrivant dans un nouvel endroit, tellement différent de la culture iranienne et de l'Asie centrale. La gentillesse et l'hospitalité de Marc et Chris m'ont permis de saisir un peu mieux les lieux avant que je ne saute, 3 jours plus tard, le 20 décembre, dans un avion pour aller passer les fêtes de noël dans mon pays d'origine. Un nouveau changement de paysage et de culture radical avant d'entamer ma désormais traditionnelle pause hivernale.

Info : le blog a été un peu relooké en ce mois de mars 2018, les pages matériel et photos ont été mises à jours, la présente page est désormais adaptée à la lecture sur mobile, et les commentaires refonctionnent : n'hésitez pas à en laisser plein! Et si ce n'est pas déjà fait, n'hésitez pas non plus à ajouter votre adresse email sur la page \"me suivre\", la publication d'un article génère en effet l'envoi automatisé d'un email d'information aux personnes de la liste, vous pouvez ensuite vous désinscrire à tout moment depuis un lien en bas de chaque email.

Avec une très grosse pensée et dédicace à la mamie des roses...


Etape 825. Bakou - Sangachal. 44 kms.
Etape 826. Sangachal - Sarvan. 100 kms.
Etape 827. Sarvan - Masali. 94 kms.
Etape 828. Masali - Astara. 80 kms.
Etape 829. Astara - Hashtpar. 74 kms.
Etape 830. Hashtpar - Route. 97 kms.
Etape 831. Route - Manjil. 73 kms.
Etape 832. Manjil - Qazvin. 55 kms.
Etape 833. Qazvin - Bou'in-Zahra. 53 kms.
Etape 834. Bou'in-Zahra - Saveh. 102 kms.
Etape 835. Saveh - Salafchegan. 73 kms.
Etape 836. Salafchegan – Robat Tork. 88 kms.
Etape 837. Robat Tork - Route. 84 kms.
Etape 838. Route - Isfahan. 67 kms.
Etape 839. Isfahan - Varzaneh. 106 kms.
Etape 840. Varzaneh - Route. 65 kms.
Etape 841. Route - Yazd. 35 kms.
Etape 842. Yazd - Mehriz. 35 kms.
Etape 843. Mehriz - Route. 86 kms.
Etape 844. Route - Rafsanjan. 129 kms.
Etape 845. Rafsanjan - Pariz. kms.
Etape 846. Pariz - Sirjan. 60 kms.
Etape 847. Sirjan – Haji Abad. 142 kms.
Etape 848. Haji Abad - Route. 96 kms.
Etape 849. Route – Bandar Abbas. 66 kms.
Etape 850. Bandar Abbas & Ormuz. 37 kms.
Etape 851. Bandar Abbas & Ormuz - 36. kms.
Etape 852. Sherjah - Dubai. 33 kms.

[EN]
It was finally by car that I reached Yazd after a motorist embarked me for the last kilometers. The break with friends along the road to drink tea and show them his find (me) are memorable, as his driving more than 100 kilometers an hour on small roads in a car of the 70s. At Yazd, it is with joy that I found Manu, a German cyclist met in Nukus in Uzbekistan, and who managed to obtain a visa to cross Turkmenistan. Then, I was forced to wipe Kerman off my itinerary, an interesting town and tourist 3 days of cycling to the south, but shaken daily by replicas of a magnitude 5 earthquake occurred a few days ago and having killed fifty. If I had not had mechanical problems that made me miss the ferry and wait a week for the next ferry to Aktau in Kazakhstan, I would habe been be in Kerman at the time of the earthquake ... So, I went straight to Bandar Abbas in the south of Iran which saved me a few days on my 30-day visa. I was hosted by Seyd Hossein and Fatemah (warmshowers), a couple with a 3 year old girl, from the same family (without knowing it before) that Meghdad who hosted me in July 1000 kilometers further north. .. a coincidence! I stayed two nights at their home and dunring the rest day we hiked in Canyon Rageh, 70 meters deep, 160 meters wide and 20 kilometers long and accessible by a long stony path that traces in the desert , in his car that also dated back to the 70's. The trek was spectacular, as we were alone in the depths of this deep canyon. Apart from Friday, a holiday in Iran, there is never anyone in this place. A mini platform of high branches in the cliff caught our attention. The place is famous for bird watching, especially eagles, but could this construction really be a bird's nest? Is it possible for a bird to have such a large nest? Or else, how could water have been brought to such a height and made such a circular construction? I climbed the opposite wall to better observe the object. The observations went in the direction of a giant bird's nest and covered by a flat roof of dried earth, probably to prevent falling rocks from breaking eggs or injuring birds. Magnificent ! Upon returning home, I observed Fatemah embroider a Pateh, a kind of mini local carpet used in decoration, typical of the region of Kerman. In front of the beauty of his work I asked her a few questions. "How long does it take to make a pateh like this?" A week, she answered. "Do you like it ?". "Yes, it is beautiful!" "It's not finished, but if you like it then I give it to you!" Fatemah embroidered a FR for France on her Pateh, then IRAN underneath, gave it to me, and it is with great emotion that I left this wonderful family. The invitations are numerous in Iran, the meetings are very beautiful, the people are generous and open to foreigners. They are the nicest people in the world while in France we have a negative image of Muslims because of a minority of extremists, but also of delinquency associated with immigration and integration often missed from the Maghreb. Here, Islamic education brings peace and makes people good, much better than in secular countries. So good that you have to learn to refuse their invitations to move forward. Sorting ... One day, I had the good feeling. I initially declined some invitations along the way, but I accepted one that was less usual. As I stopped by the side of the road to eat some biscuits sitting on the ground, near a well-screened property, the occupant came out and invited me to drink tea and eat. The building and the courtyard were not a residence, but a small local weather station, and the occupant, Farzad, was working as an assistant. Seeing my interest for a small inflatable world map placed in his base on the desk, he asked me if I liked it. I answered yes and he offered it to me. I then took my pen and traced the line of the 58 000 kilometers of my bike route since 2013, then after a small photo, I deflated the world map and placed it in my panier: it is a very nice gift and it will be a perfect object to show my way to the Terrans of other countries and continents. Because I did not go through Kerman, I arrived in Bandar Abbas on the Persian Gulf with a few more days on my visa. I took the opportunity to take a boat to go cycling the small island of Ormuz, 20 kilometers in diameter and an Iranian traveler met at the hostel Baku had spoken to me in a very positive way. Only populated by a village to the north, this deserted island was a perfect place for cycling, in a peaceful setting made up of multicolored rocks transformed by recent erosion, but also with some nice beaches. An end in apotheosis, like a fireworks display for these last days of travel in 2017. It was so pleasant and exotic that I returned two days later, leaving my free camp in a public park in the city of Bandar Abbas, this time travel the island by internal paths, usually walking next to the bike, with more difficulty, the path being closed because of deep crevasses to bypass. All beautiful things have an end, and this year 2017 marked once again the seal of the journey ended. I crossed the Persian Gulf by ferry (100 kilometers), along with 5 other cyclists from 3 different trips, including a Frenchman making a France-Australia. On the other side, the arrival and my short stay in Dubai was a shock. I never felt so lost when I came to a new place, so different from Iranian culture and Central Asia. The kindness and the hospitality of Marc and Chris allowed me to grasp a little better places before I jump, 3 days later, December 20, on a plane to spend the Christmas in my home country. A new change of landscape and radical culture before starting my now traditional winter break.

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Article du Jeudi 22 mars 2018

20h05 - Etapes 825 – 853. Bakou – Dubai (2068 kilomètres) (1/2)

[FR] (in english below) À Bakou, le lundi 13 novembre 2017, à la descente du ferry traversant la mer Caspienne, j'ai pris la direction d'une auberge de jeunesse : ce type d'hébergement en chambres partagées est toujours l'occasion de faire des rencontres intéressantes avec d'autres voyageurs du monde entier. Je n'ai pas passé beaucoup de temps dans la capitale de l'Azerbaïdjan. J'ai tendance à écourter de plus en plus mes séjours dans les grandes villes, quand je ne les évite pas ce qui fut le cas d'Istanbul et de Téhéran cette année. Située dans une vaste région pétrolifère, Bakou et ses 2 millions d'habitants est une grande ville. En son cœur, la vieille ville fortifiée est plaisante avec ses murailles de pierre et ses petites ruelles. Et au cœur de la vielle ville, les habitants ont du cœur! Me voyant perdu avec mon vélo, un restaurateur m'a invité et offert le thé puis fait déguster différentes pâtisseries locales. Le vélo chargé de bagages fut une nouvelle fois une clé passe-partout pour m'affranchir des règles du commerce et du tourisme et établir des relations humaines plus justes basées sur le partage. C'est le cœur en fête et l'esprit libre et joyeux que j'ai quitté Bakou. J'ai dormi le premier soir caché derrière de la végétation basse non loin de la grande route, puis le soir suivant derrière une maison abandonnée également à quelques pas de la grande route. L'étonnement et les rires des enfants qui m'ont découvert là avec ma tente au petit matin, comprenant que j'avais dormi derrière ce mur pour me cacher, m'ont offert un réveil amusant. La route cabossée et le trafic important ont ensuite laissé place à un parfait et large asphalte neuf et plat, sur une autoroute pas encore ouverte à la circulation, mais déjà accessible en vélo après franchissement de tas de terre. Avec le vent dans le dos, les conditions furent parfaites pendant 50 kilomètres pour rejoindre Astara, ville à cheval entre l'Azerbaïdjan et l'Iran, et déjà parcourue dans sa partie iranienne au mois de juillet. J'ai refait ensuite pendant 2 jours la route effectuée en juillet. Ni les paysages ni le regard que je leur porte n'ont changé : beaucoup de circulation, un ciel nuageux, et de l'agriculture et de la vie un peu partout dans cette petite bande verte à l'extrême nord de l'Iran qui possède des précipitations régulières, coincée entre la mer Caspienne et une haute chaîne de montagnes. J'ai ensuite quitté pour de bon la mer Caspienne pour monter vers le plateau iranien à Qazvin. La montée fut stoppée par un orage avec un bel arc-en-ciel. Le conducteur d'un camion qui avait terminé sa livraison de choux m'a embarqué avec mon vélo et m'a déposé à Qazvin. J'ai ensuite fait route plein sud. J'ai expérimenté une nouvelle fois la gentillesse et l'hospitalité hors normes des Iraniens. Un commerçant ne m'a pas fait payer l'eau et le chocolat achetés dans sa boutique, puis le lendemain un autre m'a offert le kilo d'oranges et celui de bananes que je m'apprêtais à lui payer, au simple motif que je venais d'un lointain pays à vélo. Et de nombreuses personnes m'ont hebergé ou simplement aidé d'une manière ou d'une autre. J'ai traversé Isfahan, troisième ville du pays avec ses 2 millions d'habitants. J'ai visité les principaux monuments : la place Naghsh-e Jahan, l'une des plus grandes du monde, la grande mosquée dans laquelle je me suis promené seul de nuit sous les chants des muezzins et entouré de gens tous couverts de noir de la tête au pied, dans une atmosphère très spéciale. Une expérience unique. J'ai également visité une magnifique église catholique, bâtie par les arméniens en exil il y a un siècle. L'Iran a reconnu et condamné le génocide arménien, et garde cette superbe église en mémoire du génocide. Ensuite, mon vélo a pris la direction de Yazd, autre curiosité architecturale et touristique avec des beaux bâtiments parfaitement mis en valeur par les éclairages nocturnes. Pour y parvenir, j'ai quitté les sentiers battus en empruntant une petite route suivie d'un chemin coupant à travers le désert. "Il n'y a plus rien après cette route!" M'a-t-on lancé. "Et il fait très froid dans le désert, n'y va pas!". "Mais si!" lui-répondis-je. Comme souvent les peurs des gens sont des bons indicateurs des directions à prendre. Pour eux, le monde s'arrête là où les voitures ne peuvent pas aller. Pour moi, c'est justement ici qu'il commence, dans ces espaces de grande liberté où le néant des paysages se joint rejoint à celui des pensées pour former une joie simple et pure d'être juste présent ici, respirer, puis continuer de pédaler pour aller voir le monde un peu plus loin. Je n'ai pas regretté d'avoir pris cette route.

(commentaire actuellement impossibles en raison de bugs, cela devrait être corrigé pour le prochain article)


[EN] In Baku, Monday, November 13, 2017, on the descent of the ferry crossing the Caspian Sea, I headed for a hostel: this type of accommodation in shared rooms is always an opportunity to meet interesting people with other travelers from around the world. I did not spend much time in the capital of Azerbaijan. I tend to shorten my stays in big cities more and more, when I do not avoid them, which was the case in Istanbul and Tehran this year. Located in a vast oil region, Baku and its 2 million inhabitants is a big city. At its heart, the fortified old town is pleasant with its stone walls and narrow streets. And in the heart of the old city, the inhabitants have heart! Seeing me lost with my bike, a restaurant owner invited me and offered tea and then tasted various local pastries. The luggage-loaded bike was once again a key to getting rid of the rules of trade and tourism and establishing more equitable human relations based on sharing and smiling. It is the festive heart and the free and happy spirit that I left Baku. I slept the first night hidden behind low vegetation near the main road, and the next evening behind an abandoned house also a few steps from the main road. The astonishment and laughter of the children who discovered me there with my tent in the early morning, understanding that I had slept behind this wall to hide myself, gave me a funny awakening. The dented road and the important traffic then gave way to a perfect and wide new flat asphalt, on a highway not yet open to traffic, but already accessible by bike. With the wind in the back, conditions were perfect during 50 kilometers to reach Astara, a city straddling between Azerbaijan and Iran, and already traveled in its Iranian part in July. I redid then for 2 days the road made in July. Neither the landscapes nor the way I look at them have changed: a lot of traffic, a cloudy sky, and agriculture and life everywhere in this small green band in the far north of Iran which has regular rainfall, wedged between the Caspian Sea and a high mountain range. I then left the Caspian Sea to climb to the Iranian plateau at Qazvin. The climb was stopped by a storm with a beautiful rainbow. The driver of a truck that had completed his delivery of cabbage took me on my bike and dropped me off at Qazvin. I then went south. I once again experienced the kindness and hospitality of the Iranians. A shopkeeper did not charge me the water and chocolate bought in his shop, and the next day another offered me the kilogram of oranges and bananas that I was about to pay him, for the simple reason that I came from a distant country by bike. And many people hosted me or just helped in one way or another. I crossed Isfahan, the third largest city in the country with 2 million inhabitants. I visited the main monuments: the Naghsh-e Jahan Square, one of the largest in the world, the great mosque in which I walked alone by night under the songs of the muezzins and surrounded by people all covered in black, head to toe, in a very special atmosphere. A unique experience. I also visited a beautiful Catholic church, built by Armenians in exile a century ago. Iran has recognized and condemned the Armenian genocide, and keeps this beautiful church in memory of the genocide. Then, my bike took the direction of Yazd, another architectural and tourist curiosity with beautiful buildings perfectly highlighted by night lighting. To achieve this, I left the beaten track by following a small road followed by a cutting path through the desert. "There is nothing after this road!" people told me. "And it's very cold in the desert, do not go!" "I will go!" I answered him. As often people's fears are good indicators of directions to take. For them, the world stops where cars can not go. For me, it is precisely here that he begins, in these spaces of great freedom where the nothingness of the landscapes joins that of the thoughts to form a simple and pure joy to be just present here, to breathe, then to continue pedal to see the world a little further. I did not regret having taken this route.

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Article du Jeudi 14 décembre 2017

19h33 - Etapes 806 – 824. Samarcande – Aktau (1798 kilomètres) (2/2)

[FR] (in english below)
(suite de l'article précédent) Après Noukous, j'avais 5 jours de désert jusqu'à la prochaine ville dans le pays suivant, le Kazakhstan. J'ai donc fait des réserves de carburant pour 5 jours : 15 pommes, 10 bananes, 5 oranges, 5 carottes, un bon kilo de riz, 5 oignons, 4 boites de maquereaux, beaucoup de fruits secs, 1kg de cerneaux de noix, 3 pains et 1kg de chocolat. Le soir, avant de partir, j'ai rencontré Yves, un voyageur suisse de Genève. Yves, Patrice et Reynald voulaient aller visiter Moynak, une ville qui était autrefois un port de pêche important au bord de la mer d'Aral. Ils étudiaient la possibilité d'y aller en taxi et j'ai complété pour faire une voiture de 4. Moynak n'était pas sur ma route initiale mais c'est un lieu très spécial. En chemin, le conducteur nous a arrêté dans divers lieux d'intérêt : un cimetière local typique, puis les ruines d'une forteresse du XIIe siècle. Enfin nous sommes arrivés à Moynak où nous avons d'abord vu un phare, puis une plage avec des coquillages et des épaves de bateaux. Mais pas d'eau, de vagues, de mouettes ou d'enfants qui jouent sur la plage. Il y a des endroits du monde où le silence est très lourd. Les revenus du coton étant supérieurs à ceux de la mer, les hommes ont consciemment choisi de détourner l'eau qui alimentait cette mer fermée à des fins d'irrigation, et de la faire disparaître. La mer d'Aral était il y a quarante ans la quatrième plus vaste réserve d'eau fermée au monde. Aujourd'hui il n'en reste quasiment plus rien, l'encyclopédie Wikipédia parlant même de cette mer au passé. En plus du désastre écologique, 10 000 emplois ont été perdus à Moynak. Ensuite nous avons fait deux heures de route dans l'autre sens puis le taxi m'a déposé avec mon vélo calé dans le coffre à un point qui m'avançait tout de même de 100 kilomètres sur ma route initiale. Après une nuit invité à dormir sur un canapé dans un marché local, j'ai remis le moteur en marche et remis les gaz. Direction la mer Caspienne. La route A340 faisait suite à la route A380. Pour un voyageur long courrier de mon espèce, qui s'allège avec le temps, passer de l'A380 à l'A340 fut une transition logique. La route de 1000 kilomètres vers Aktau au bord de la mer Caspienne, d'où je devais prendre un ferry pour Bakou, n'était pas en ligne droite. De la même manière que j'ai survolé le Groenland pour aller de Copenhague à Las Vegas, j'ai fait ici un long détour par 43 degrés de latitude nord avant de faire un virage à gauche pour descendre vers Aktau. Les distances étaient très longues, j'ai traversé des zones désertiques immenses balayées par des vents forts dans tous les sens. Mais, bien installé dans mon cockpit aux commandes de mon TX800, avec un moteur en très bon état et avec l'expérience des perturbations atmosphériques après 57 000 kilomètres de vol, je maîtrisais la situation. J'ai observé dans le désert de nombreux groupes de dromadaires et de chameaux. Une nuit, ce fut délicat car un groupe de 3 ou 4 dromadaires s'est approché très près de ma tente. J'ai eu peur que l'un se prenne les pieds dans les ficelles de la tente et ne tombe sur elle en l'endommageant et en me blessant. J'ai fait du bruit et les animaux ont pris peur et se sont enfuis en courant. Enfin, après 5 bivouacs consécutifs dans le désert, je suis arrivé à Aktau où j'ai atterri dans le port sans même attendre le feu vert de la tour de contrôle. Pas de ferry ce jour-ci seulement le lendemain matin, mais des problèmes techniques m'ont fait louper le ferry du lendemain et attendre une semaine pour le ferry suivant. J'ai pu finalement faire la traversée vers Bakou en Azerbaïdjan, en bonne compagnie avec une voyageuse française en sac à dos.

Etape 806. Samarcande - Charhin. 90 kms.
Etape 807. Charhin - Qiziltepa. 111 kms.
Etape 808. Qiziltepa - Bukhara. 71 kms.
Etape 809. Bukhara - Route A380. 133 Kms.
Etape 810. Route A380 - Route A380. 112 kms.
Etape 811. Route A380 - To'rtku'l. 131 kms.
Etape 812. To'rtku'l - Khiva. 80 kms.
Etape 813. Khiva - Route P160. 80 kms.
Etape 814. Route P160 - Noukous. 92 kms.
Etape 815. Noukous - Route A340. 79 kms.
Etape 816. Route A340 - Route A340. 130 kms.
Etape 817. Route A340 - Route E40. 125 kms.
Etape 818. Route E40 - Beyneu. 82 kms.
Etape 819. Beyneu – Route A33. 70 kms.
Etape 820. Route A33 - Route A33. 134 kms.
Etape 821. Route A33 - Route A33. 57 Kms.
Etape 822. Route A33 - Route A33. 77 Kms.
Etape 823. Route A33 - Route A33. 104 Kms.
Etape 824. Route A33 - Aktau. 40 kms.

[EN]
(folowing of last post) Then I had another 5 days of desert until the next refueling in the next country, Kazakhstan. I made fuel reserves for 5 days: 15 apples, 10 bananas, 5 oranges, 5 carrots, 1,2kg of rice, 5 onions, 5 boxes of mackerel, 1kg of nuts, lots of dried fruits, 3 breds and 1kg of chocolate. In the evening, before leaving, I met Yves, a Swiss traveler from Geneva. Yves, Patrice and Reynald wanted to go to Moynak, a town that was once an important fishing port on the edge of the Aral Sea, far from my route, but interesting. I completed the happy franch speaking group for a day of taxi with a guide. The guide stopped us in various places of interest: a cemetery, then the ruins of a fortress of the twelfth century, then Moynak where we first saw a lighthouse, then a beach with shells and wrecks of boats but no sea. The silence was heavy in this place. No sounds of seagulls, waves or children playing on the beach. Since cotton's incomes were higher than those of the sea, humans consciously chose to use irrigation to divert the water that fed this sea, and thus make it disappear. The Aral Sea was forty years ago the fourth largest closed water reserve in the world. In addition to the ecological disaster, 10,000 jobs were lost in Moynak. We then drove two hours in the other direction and then the taxi dropped me off with my bike put in the taxi at a point that still gave me 100 kilometers on my initial route. After a night of sleeping at a local market, I turned on the A340 that followed the A380. For a long-haul traveler like me, who lighten up over time, moving from the A380 to the A340 was a logical transition. The 1000 kilometer road to Aktau by the Caspian Sea was not in a straight line. In the same way that I flew Greenland from Copenhagen to Las Vegas, I made a long detour through 43 degrees north latitude before making a big left turn down to Aktau. The distances were very long, I crossed huge desert areas swept by strong winds in all directions. But well installed in my cockpit at the controls of my TX800, with a motor in very good state and with the experience of atmospheric disturbances after 57 000 kilometers of travel, I mastered the situation. I have seen many groups of dromedaries and camels in the desert. One night it was tricky because a group of 3 or 4 dromedaries approached very close to my tent. I was afraid that one of them would take his feet in the strings and fall on the tent, damaging it and injuring me. I made a noise and the animals got scared and ran away. Finally, after 5 consecutive nights of camping in the desert, I arrived in Aktau where I landed in the port without waiting for the green light of the control tower. No ferry this day only the next morning, but technical problems made me miss the ferry and wait a week for the next ferry. I was finally able to cross to Baku in Azerbaijan, in good company with a French girl travelling with a backpack.

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Article du Lundi 4 décembre 2017

19h28 - Etapes 806 – 824. Samarcande – Aktau (1798 kilomètres) (1/2)

[FR] (in english below)
L'Ouzbékistan est un beau pays, mais avec une contrainte importante pour les voyageurs à vélo : tous les 3 jours maximum, il faut dormir dans un hôtel pour y être enregistré, ce qui est parfois difficile en raison de la distance entre les villes. De Samarcande à Boukhara, c'était 270 kilomètres. Après Boukhara, la prochaine ville était située à 380 kilomètres, ce qui est déjà plus difficile. 380 kilomètres à effectuer en 3 jours, soit une moyenne de 127 kilomètres par jour, par la route A380, une route au nom d'un avion de ligne européen, échec commercial, dans un pays dans lequel le jeu d'échecs est très populaire. Une coïncidence ? Je n'ai pas échoué dans cette tentative. Peu après le décollage à Boukhara, j'ai d'abord subi d'importantes turbulences pendant 100 kilomètres à cause d'une route en très mauvais état. Puis cela s'est amélioré avec une route toute neuve. J'ai traversé le désert du Kizilkoum en observant de nombreux écureuils de terre et leurs prédateurs : des renards, deux gros rapaces (probablement des aigles royals), un serpent, et sur une bande de deux kilomètres de long une étrange plante de la forme d'un mini-arbre, mais à la tige dure et creuse, semblant sortie tout droit de la préhistoire et dont personne n'a pu me dire le nom, certains locaux prétendant même qu'il n'y avait pas cela dans leur pays. J'ai atterri à To'rtku'l de nuit après 3 jours, mais aucun hôtel n'était habilité à enregistrer un étranger. Ils avaient même l'interdiction de m'héberger. Un hôtel m'a tout de même laissé dormir sans me déclarer et en me demandant de partir très tôt le lendemain par la porte arrière. Ensuite, j'étais en situation irrégulière, car non enregistré pendant 4 jours, et un peu perturbé, me demandant si j'allais accepter de payer une amende à la sortie du pays alors que j'étais en vélo, et ce qu'il se passerait si je refusais. Le jour suivant plutôt que de continuer ma route vers la prochaine ville qui était à 180 kilomètres ce qui aurait fait une nuit supplémentaire sans enregistrement, j'ai fait un grand virage à gauche pour aller à Khiva, une ville à 80 kilomètres dont j'avais déjà entendu des choses positives. J'y ai retrouvé Cléo et Mona, deux suissesses déjà rencontré à Samarcande. En Ouzbékistan, les routes des voyageurs se recroisent souvent, à cause des obligations d'enregistrement, du peu de choix pour de l'hébergement pas cher, des villes touristiques incontournables et de la forme du pays tout en longueur. Régulièrement, j'étais déjà connu quand j'arrivais dans une nouvelle ville. "Ah, c'est toi le cycliste français qui voyage depuis 4 ans en faisant un site de math ? J'ai entendu parler de toi dans telle ville, ravi de te rencontrer !". Après Khiva, ville avec un centre historique très typique, joli et intéressant j'ai rejoint Noukous où j'ai retrouvé deux voyageurs français : Reynald, déjà rencontré à Khiva, et Patrice, déjà rencontré à Tashkent puis Samarcande. Dans cette grande ville, je devais poster un courrier et des cartes postales et retirer de l'argent. Je n'ai pas pu trouver de bureau de poste, il y avait seulement des bureaux pour passer des appels téléphoniques et envoyer des télégrammes, ces petits messages codés que je pensais à jamais enfouis dans l'histoire voire la préhistoire des communications. Au alors il fallait chercher le "air service" de l'aéroport et j'ai abandonné. J'ai eu moins de difficultés pour retirer de l'argent, ce qui se fait en deux étapes : d'abord retirer un billet de 100 dollars puis le changer au guichet suivant contre 800 000 sums, la monnaie locale. M'ont-ils donné 8 billets de 100 000? Non. 80 billets de 10 000? Non plus, il ne faut pas rêver. La dame au guichet m'a échangé mon billet de 100 dollars contre 800 billets de 1000 sums qui valent chacun 10 centimes d'euro. L'Ouzbékistan n'utilise pas de grosses coupures, le plus gros billet que j'ai eu dans les mains en un mois est celui de 10 000 sums, soit un euro. Payer avec autant de petits billets est une galère, ainsi pour payer 8 plaques de chocolat cela m'a pris plus de temps pour payer que pour choisir les plaques, car il fallait que je compte 64 billets puis attendre que la caissière les recompte de son côté. Les habitants ont développé une certaine technique pour compter les billets et ont une très grande dextérité, je pense qu'ils sont les champions du monde pour cela. Ce fut plus simple ensuite pour payer les deux nuits dans la "conférence room" de l'hôtel (24 euros) car les billets étant rangés par liasses de 100, j'ai du juste donner deux liasses et compter 40 billets. De son côté, l'hôtel était équipé d'une machine pour compter les billets à une vitesse fulgurante.

[EN]
Uzbekistan is a beautiful country, but with an important constraint for cyclists: every 3 days maximum, you have to sleep in a hotel to be registered, which is sometimes difficult because of the distance between cities. From Samarkand to Bukahra it was 270 kilometers. After Bukhara, the next town was 380 kilometers away, which is more difficult. 380 kilometers to be made in 3 days, an average of 127 km per day, by the A380 road in the name of a European airliner, big commercial failure, in a country in which the game of chess is very popular. (failure and chess transslate in a same word “échec” in french). A coincidence ? I did not fail in this attempt. Shortly after takeoff in Bukhara, I first suffered severe turbulence for 100 kilometers because of a road in very bad condition. Then it improved with a brand new road. I crossed the Kizilkum desert observing many ground squirrels and their predators: foxes, two large raptors (probably golden eagles), a snake, and on a two-kilometer long band a strange plant of the form of a mini-tree, but the stem hard and hollow, seeming straight out of prehistory and which no one could tell me the name, some locals even claiming that there was not that in their country . I landed at To'rtku'l by night after 3 days, but no hotel was allowed to register a stranger. They were even forbidden to shelter me. One hotel still let me sleep without declaring myself and asking me to leave very early the next day through the back door. Then, I was in an irregular situation, because I was not registered for 4 days, and a little disturbed, wondering if I would accept to pay a heavy fine when leaving the country while I was cycling, and what it would happen if I refused. The next day, rather than continue on my way to the next city that was 180 kilometers away, which would have made an extra night without registration, I made a big left turn to go to Khiva, a city 80 kilometers away, wich i had already heard positive things. I found Cléo and Mona, two Swiss girls already met in Samarkand. In Uzbekistan, travelers' roads often cross again, due to registration requirements, lack of choice for cheap accommodation, unmissable tourist cities and the long form of the country. Regularly, I was already known when I arrived in a new city. "Ah, it's you the French cyclist who has been traveling for 4 years doing a math website, I heard about you in such a city, nice to meet you!" After Khiva, a city with a very typical, pretty and interesting historical center I joined Nukus where I found two French travelers: Reynald, already met in Khiva, and Patrice, already met in Tashkent then Samarkand. In this big city, I had to post a mail and postcards and withdraw money. I could not find a post office, there were only offices to make phone calls and send telegrams, those little coded messages that I thought would never be buried in history - even the prehistory of communications. At the time it was necessary to look for the "air service" of the airport and I gave up. I had less trouble withdrawing money, which is done in two steps: first withdraw a $ 100 bill and then change it at the counter later for 800,000 sums, the local currency. Did they give me 8 100,000 bills? No. 80 of 10,000? No, do not dream. The lady at the ticket office exchanged my $ 100 banknotes for 800 1000-sums banknotes, each worth 10 euro cents. Uzbekistan does not use large denominations, the biggest banknotes I had in my hands in a month is 10,000 sums (one euro). Paying with so many small notes is a hassle, so to pay 8 chocolate plates it took me longer than to choose the plates, because I had to count 64 banknotes and then wait for the cashier to recount on his side. The locals have developed a certain technique to count the banknotes and have a great dexterity, I think they are the world champions. It was easier to pay both nights in the "conference room" of the hotel (24 euros) because the banknotes are arranged in bundles of 100, I just give two bundles and count 40 tickets. For its part, the hotel was equipped with a machine to count the banknotes at a blazing speed.

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Article du Jeudi 23 novembre 2017

08h06 - Etapes 798 – 805. Bichkek – Samarcande (699 kilomètres)

[FR]
Je suis resté deux semaines à Bichkek, capitale du Kirghizistan, afin de demander et d'obtenir les visas iranien et ouzbek, passant les journées à faire du développement web sur l'ordinateur, à jouer au ping-pong et à boire des bières avec les autres voyageurs de la "friends guest house". Il y avait beaucoup de voyageurs à vélo et beaucoup de voyageurs français aux histoires toutes plus belles et les unes que les autres. L'auberge était idéalement située à côté du grand bazar de la ville. En Asie centrale, les bazars sont des immenses marchés extérieurs permanents couverts par des structures métalliques ouvertes, dans lesquels on trouve de tout. Le bazar de Bichkek était magnifique, immense, et les prix incroyablement bas. Par exemple, les framboises et les fraises étaient à 1,2 euro le kilo, soit 10 fois mois cher qu'en France pour les framboises. Cela tombait bien, car j'adore les framboises ! J'ai acheté tous les jours 500 grammes de framboises, 500 grammes de fraises et un petit pot de crème et j'ai mangé du matin au soir des mélanges de fruits rouges frais broyées dans de la crème fraîche et du sucre en poudre. Après Bichkek, j'ai continué la route vers l'ouest, et non pas vers l'est vers le Japon comme initialement prévu, car la Chine ne délivre plus depuis cette année de visas touristiques depuis ses ambassades d'Asie centrale, et le visa touristique russe ne peut être demandé que depuis la France. J'ai choisi un itinéraire pour retourner en Iran et continuer d'explorer ce beau pays, voir les principaux endroits touristiques que j'ai tous loupés en traversant par le nord en juillet, avant de prendre un ferry pour Dubaï puis un vol vers la France avant noël. Comme en juillet, je n'ai pas demandé le visa turkmène, à l'issue très incertaine pour un visa de transit de seulement 5 jours. J'ai préféré faire un long détour pour rejoindre l'Iran par l'Azerbaïdjan après un ferry sur la mer Caspienne depuis le Kazakhstan. La route vers Tachkent, capitale de L'Ouzbékistan m'a fait passer 5 jours dans le sud du Kazakhstan, les paysages furent constitués d'immenses plaines avec des herbes basses et sèches, un vue sur les montagnes au sud, et toujours quelques rencontres intéressantes avec les locaux. Je suis monté à deux reprises dans des voitures qui m'ont proposé de m'avancer de quelques kilomètres pour des raisons diverses (pluie et froid, route interdite aux cyclistes) et un soir j'ai aussi été invité à dormir dans un hôtel en rénovation tenu par des ouvriers très sympathiques qui m'ont offert à manger et un lit. Ils m'ont offert beaucoup de verres de vodka, dans ce pays, il faut faire attention à ne jamais avoir le verre vide sinon ils le remplissent de suite et on peut vite être saoul. Ils prennent la vodka avec des légumes frais ou du pain trempé dans une sauce épicée à la tomate, c'est intéressant et bon. J'ai ensuite passé la frontière Ouzbèque, sa capitale Tashkent et fait route vers la très touristique Samarcande, ancienne étape majeure de la route de la soie, et donc très riche avec des beaux bâtiments des années 1400/1500/1600. Il fut difficile de trouver des endroits pour bivouaquer à cause de l'agriculture intensive (coton) de l'irrigation, des plaines sans relief et de l'urbanisation. Une nuit, alors que je franchissais une barrière de sécurité pour aller planter ma tente dans le contrebas de la route, j'ai été attrapé par un policier qui m'a dit que je ne pouvais pas dormir là et m'a trouvé quelqu'un pour m'héberger dans le village suivant. Encore un gars bien sympa qui m'a tout offert, je garderai de lui réflexion identique à celle des ouvriers kazakhs quelques jours plus tôt : "aux USA, il y a des tueries de masse et des ouragans, au Japon il y a des tremblements de Terre, en Asie il y a des tsunamis, en Europe il y a des migrants, en France et il y a le terrorisme : nous en Ouzbékistan, nous n'avons jamais aucun problème. Ils sont fiers de leurs boxeurs qui ont rapporté des médailles olympiques de Rio, de leurs champions d'échecs, et vivent heureux avec peu de moyens. J'ai ensuite poursuivi ma route. Mon arrivée à la nuit tombante sur le boulevard périphérique de Samarcande fut stoppée par un policier qui a traversé la route pour me confisquer mon appareil photo alors que je venais de photographier une énorme pancarte avec le mot Samarcande dessus. Il m'a dit que c'était interdit de prendre cette pancarte en photo et que je pouvais seulement photographier la pancarte suivante, ce qu'un piéton m'a confirmé. Le policier a fait venir son collègue puis a commencé à me parler de dollars et de prison, dessinant des barreaux avec ses doigts et mimant une clé qui tourne dans une serrure pour se faire comprendre, son niveau d'anglais étant inférieur à mon niveau de russe, lui-même très proche du niveau zéro. M'envoyer en prison pour une photo de Samarcande, ville touristique par excellence, alors que j'avais un visa touristique en règle ? La situation embarrassante a bien duré une vingtaine de minutes. Je ne parvenais pas à m'en défaire, je les ai suspectés d'être des faux policiers et je me voyais bien mal embarqué, mais finalement, ils ont fini par effacer mes photos dérangeantes, comme je leur avais initialement réclamé et m'ont laissé partir. En partant, ils m'ont expliqué qu'en plus de prendre ce panneau officiel de Samarcande, ce qui était interdit, j'avais pris en photo un petit radar qui était fixé sur un projecteur qui éclairait le panneau, et avec lequel ils faisaient des contrôles de vitesse. J'ai pu ensuite reprendre la route vers le centre de Samarcande.

Etape 798. Bishkek - Mynkazan. 96 kms.
Etape 799. Mynkazan – Taraz (+voiture env 70km). 75 kms.
Etape 800. Taraz - Shakpakbaba. 80 kms.
Etape 801. Shakpakbaba - Shymkent. 95 kms.
Etape 802. Shymkent – Tashkent (+voiture env 80km). 33 kms.
Etape 803. Tashkent - Daehqonobod. 84 kms.
Etape 804. Daehqonobod - Jizzax. 130 kms.
Etape 805. Jizzax - Samarcande. 106 kms.


[EN]
I stayed two weeks in Bishkek, capital of Kyrgyzstan, to request and obtain the Iranian and Uzbek visas, spending the days doing web development on the computer, playing tennis table and drinking beer with other travelers from the "friends guest house". There were a lot of bike travelers and a lot of French travelers with stories all the more beautiful and each other. The hostel was ideally located next to the big bazaar of the city. In Central Asia, the bazaars are huge permanent external markets covered by open metal structures, in which one finds everything. The Bishkek Bazaar was beautiful, huge, and the prices incredibly low. For example, raspberries and strawberries were at 1.2 euros per kilo, which is 10 times less expensive than in France for raspberries. It was good because I love raspberries! I bought every day 500 grams of raspberries, 500 grams of strawberries and a small jar of cream and I ate from morning till night mixtures of fresh red fruits crushed in cream and powdered sugar. After Bishkek, I continued the route westward, not eastward to Japan as originally planned, since China has not issued tourist visas since this year from its Central Asian embassies, and Russian tourist visa can only be requested from France. I chose a route to return to Iran and continue to explore this beautiful country, see the main tourist spots that I missed while crossing the north in July, before taking a ferry to Dubai and a flight to the France before christmas. As in July, I did not apply for the Turkmen visa, at the end very uncertain for a transit visa of only 5 days. I preferred to make a long detour to reach Iran via Azerbaijan after a ferry on the Caspian Sea from Kazakhstan. The road to Tashkent, the capital of Uzbekistan made me spend 5 days in southern Kazakhstan, the landscapes consisted of huge plains with low grass and dry, a view of the mountains to the south, and always a few meetings interesting with locals. I went twice in cars that offered me to advance a few kilometers for various reasons (rain and cold, road forbidden for cyclists) and one night I was also invited to sleep in a hotel in renovation held by very nice workers who offered me food and a bed. They offered me lots of glasses of vodka, in this country you have to be careful never to have the empty glass or they fill it up right away and you can get drunk. They take vodka with fresh vegetables or bread dipped in a spicy tomato sauce, it's interesting and good. I then crossed the Uzbek border, its Tashkent capital, and traveled to the very touristy Samarkand, a major milestone of the Silk Road, and therefore very rich with beautiful buildings from the 1400/1500/1600 years. It was difficult to find places to camp because of intensive agriculture (cotton) irrigation, low-lying plains and urbanization. One night, as I was crossing a security fence to pitch my tent down the road, I was caught by a policeman who told me that I could not sleep there and found someone one to house me in the next village. Another very nice guy who gave me everything, I will keep his reflection identical to that of Kazakh workers a few days earlier: "In the US, there are mass killings and hurricanes, in Japan there are hearthquakes, in Asia there are tsunamis, in Europe there are migrants, in France and there is terrorism, in africa there is ISIS: we in Uzbekistan, we never have any problem. They are proud of their boxers who reported Rio's Olympic medals, their chess champions, and live happily with few money. Tthen I went on my way, and my arrival at nightfall on the Samarkand ring road was stopped by a policeman crossing the road, to confiscate my camera when I had just photographed a huge sign with the word Samarcande on it. He told me that it was forbidden to take this sign in photo and that I could only photograph the next sign, which a pedestrian confided to me The policeman summoned his colleague and then began to talk to me about dollars and jail, drawing bars with his fingers and mimicking a key that turns in a lock to make himself understood, his level of English being lower than my Russian level, itself very close to the zero level. Send me to jail for a photo of Samarkand, a tourist city par excellence, when I had a tourist visa in order? The embarrassing situation lasted about twenty minutes. I could not get rid of them, I suspected them to be fake policemen and I could not see myself on board, but eventually they ended up erasing my disturbing photos, as I had originally requested them to do. On leaving, they explained to me that in addition to taking this official sign of Samarkand, which was forbidden, I had photographed a small radar which was fixed on a projector which illuminated the panel, and with which they made speed checks. I was able to drive back to the center of Samarkand.

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