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Article du Samedi 7 octobre 2017

20h49 - Etapes 743 – 763. Dogubayazit - Mashhad (1977 kilometres) (3/3)

[FR] (in english below)
Avec mes amis irlandais nous avons roulé avec un bon vent de face jusqu'à Nishapur d'où je suis allé seul chez Mohammad du réseau warmshowers. Les iraniens sont très gentils et accueillants et curieux de voir un étranger. J'ai été photographié/selfié/instragrammé à longueur de journée, telle une star. J'ai souvent dormi chez des habitants tous plus gentils les uns que les autres et chez Mohammad à Nishapur le sens de l'hospitalité iranienne a atteint de nouveaux sommets. Si j'avais été un roi je n'aurais pas été traité d'une meilleure façon, on m'a apporté à longueur de journée des fruits, des petits plats, du "raksir", des thés, de la discussion, de la distraction, on s'est plié en quatre pour que mes moindres désirs soient réalisés, m'a conduit à droite à gauche pour des petits achats, aidé pour des formalités en tous genre et alors que je prévoyais de ne rester qu'une nuit on a voulu me retenir comme cela pendant des jours et des jours. Je suis finalement resté trois jours, le temps principalement de préparer mon vol de Mashhad à Douchambé, n'ayant pas tenté le visa turkmène, difficile à avoir, incertain et obligeant dans le meilleur des cas à parcourir 600 kilomètres en 5 jours pour traverser le pays sous plus de 40°C. La gentillesse des iraniens est à peine imaginable pour un occidental. En France, si à l'entrée d'une ville on demande à un passant où se situe une adresse et qu'il ne sait pas il vous répond : "je ne sais pas, vraiment désolé, bonne journée". Avec Stéphane à l'entrée de Rash nous avons demandé où se situait l'adresse de notre hôte et le passant ne savais pas, il a donc demandé à un autre qui a demandé à un autre qui a prit son téléphone puis nous a demandé d'attendre 5 minutes. Cinq minutes plus tard une voiture arrivait, mettait ses feux de détresse et le conducteur nous lança : "suivez moi!". Après une poursuite folle d'une trentaine de minutes dans la jungle urbaine aux heures de pointes nous sommes arrivés à l'autre bout de la ville, le conducteur s'est arrêté devant une petite rue et nous a dit "c'est ici, au revoir"! Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Ils tiennent cela de leur éducation religieuse et d'une gentillesse naturelle et ancestrale, mais je pense aussi qu'ils ont à coeur de donner une bonne image de leur pays et de l'islam qui a une image tellement négative en occident à cause d'une très petite minorité de personnes, sur un milliard de musulmans dans le monde, qui le détourne à leurs propres fins. Il y eurent au cours de ma traversée de l'Iran diverses discussions à propos de daech, sur les propos de Donald Trump sur le supposé soutient de l'Iran à cette organisation, sur la manière dont ils obtiennent leurs armes et se financent, avec des remarques sur le fait qu'il y a plus de combattants français que d'iraniens dans leurs rangs, que chez les allemands aussi il y a une minorité d'extrémistes, et autres, mais au final nous n'avons pas vraiment toutes les clés pour comprendre la situation et je me suis amusé de la conclusion de l'un d'eux voulant mettre tous les dirigeants du monde dans la cuvette des wc et tirer la chasse. A Nishapur j'ai visité la tombe d'Omar Rayam, brillant mathématicien et astronome de son époque (XIe siècle) aujourd'hui surtout connu pour ses quatrains (poésie) puis j'ai quitté la ville avec un gros carton de vélo sur mon porte bagage pour une dernière étape iranienne de 100 kilomètres. J'ai quitté l'Iran par les airs le jour d'expiration de mon visa en me promettant d'y retourner bientôt car ce grand et beau pays mérite bien mieux qu'une simple traversée de 2000 kilomètres par le nord. Alors à bientôt l'Iran et merci!...



Etape 743. Dogubayazit - Maku. 60 kms.
Etape 744. Maku - Evoghli. 114 kms.
Etape 745. Evoghli - Marand. 82 kms.
Etape 746. Marand - Tabriz. 77 kms.
Etape 747. Tabriz - Sarab. 140 kms.
Etape 748. Sarab - Ardabil. 91 kms.
Etape 749. Ardabil - Astara. 88 kms.
Etape 750. Astara - Talesh. 77 kms.
Etape 751. Talesh - Rasht. 105 kms.
Etape 752. Rasht - Ramsar. 118 kms.
Etape 753. Ramsar - Sisingan. 119 kms.
Etape 754. Sisingan – Babol. 92 kms.
Etape 755. Babol - Sari. 48 kms.
Etape 756. Sari - Kiasar. 74 kms.
Etape 757. Kiasar – Badab Soort springs. 48 kms.
Etape 758. Badab Soort springs - Damghan. 107 kms.
Etape 759. Damghan - Shahrud. 82 kms.
Etape 760. Shahrud - Abbasabad. 120 kms.
Etape 761. Abbasabad - Sabzevar. 120 kms.
Etape 762. Sabzevar - Nishapur. 115 kms.
Etape 763. Nishapur - Mashhad. 100 kms.


[EN]
With my Irish friends we rode with a head wind up to Nishapur from where I went alone to Mohammad of warmshowers. The Iranians are very kind and welcoming and curious to see a stranger. I was photographed / selfied / instragrammed all day long, like a star. I have often slept among nice inhabitants and at Mohammad house in Nishapur the sense of Iranian hospitality has reached new heights. If I had been a king I would not have been treated in a better way, I was brought all day long fruit, small dishes, "raksir", teas, discussion, distraction, making my wishes come true, took me right to the left for small purchases, helped me for all kinds of formalities and while I planned to stay only one night Mohammed wanted to hold me like that for days and days. I finally stayed for three days, mainly preparing my flight from Mashhad to Dushanbe, not having tried the Turkmen visa, difficult to have, uncertain and obliging in the best case to travel 600 kilometers in 5 days to cross the countries by tempetarures greater than 40 ° C. The kindness of the Iranians is hardly imaginable for a Westerner. In France, if at the entrance of a city you ask someone in a street where is an address and he does not know it will answers you: "I don't know, i'm really sorry, have a good day." With Stéphane at the entrance of Rash we asked where the address of our host was and the men did not know, so he asked another who asked another who took his phone and then asked us to wait 5 minutes. Five minutes later a car came in, put out its warning lights and the driver threw us: "Follow me!". After a crazy thirty-minute pursuit in the urban jungle at peak hours we arrived at the other end of the city, the driver stopped in front of a small street and told us "it is here, good bye"! This is just one example among many others. They take this from their religious education and a natural and ancestral kindness, but I also think that they are keen to give a good image of their country and the Islam that has a negative image in the West because of a very small minority of people, out of a billion Muslims in the world, who diverts it for their own purposes. During my crossing of Iran, there were various discussions about Daech, about Donald Trump's remarks about Iran's alleged support of this organization, how they get their weapons, and how they finance themselves, remarks on the fact that there are more French fighters than Iranians in their ranks, that among the Germans also there is a minority of extremists, and others, but in the end we do not really have all the key to understanding the situation and I had fun concluding one of them wanting to put all the world leaders in the toilet bowl and chase. In Nishapur I visited the tomb of Omar Rayam, a brilliant mathematician and astronomer of his time (11th century), now best known for his quatrains (poetry) and then I left the city with a big bicycle box on my luggage rack for a final Iranian stage of 100 kilometers. I left Iran through the air on the last day of my visa, promising to return soon because this big, beautiful country deserves much better than a simple crossing of 2000 kilometers from the north. So, see you soon Iran and thank you!...

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Article du Mercredi 27 septembre 2017

04h32 - Etapes 743 – 763. Dogubayazit - Mashhad (1977 kilometres) (2/3)

[FR] (in english below)
Après Tabriz nous avons fait une étape de 140 kilomètres avec Yashar et Murat avec un gros dénivelé sous la canicule puis nous sommes arrivés à Sarab chez un ami de Yashar. Nous avons dégusté une soupe succulente (je n'en avais jamais bu d'aussi bonne auparavant) puis un véritable festin. Le jour suivant, direction la mer Caspienne avec une étape dans laquelle j'ai chuté sur une route défoncée, heureusement sans trop de gravité à 25km/h environ. Arrivé à Astara au bord de la mer et à la frontière de l'Azerbaïdjan nous avons participé à un rassemblement de cyclistes qui accompagnaient l'un des leurs à la frontière pour son départ en voyage à vélo à l'étranger. Ensuite Yashar et Murat se sont arrêté et j'ai donc continué seul le long de la mer caspienne, mais pas pour longtemps puisque le soir même j'ai rencontré Stéphane, un cycliste français parti de Paris le 5 mars pour un tour du monde à vélo. Nous avons roulé une journée ensemble et été merveilleusement hébergé à Rasht par Mitra et sa maman, toutes deux d'une gentillesse infinie. Mitra, 25 ans, travaille de 6 heures du matin à 21 heures le soir six jours par semaine en cumulant deux boulots dans l'espoir de pouvoir quitter un jour son pays et aller étudier en Nouvelle Zélande. Beaucoup de jeunes du pays rêvent de quitter l'Iran, mais ce n'est vraiment pas facile. Le jour suivant, ma route et celle de Stéphane ont déjà divergé car Stéphane voulait à aller à Téhéran pour des questions de visas alors que je voulais éviter cette ville de 15 millions d'habitants (tout comme Istanbul) au trafic, à la pollution, à la chaleur et à la dangerosité incompatibles avec mon voyage. J'ai poursuivi le long de la mer Caspienne à des altitudes négatives, le niveau de cette mer fermée, dans la quelle se jette la Volga et d'autres fleuves d'Asie centrale, est à -27m. La route fut également très bruyante et dangereuse. Les iraniens conduisent comme des fous, d'une manière aléatoire et donc imprévisible. Ce sont des grands adeptes de la marche arrière, le plus souvent sans regarder derrière ni prévenir du départ, des ouvertures de portière sans regarder, des "priorité au premier qui s'engage" et des brusques changements de direction à droite et à gauche juste pour leur plaisir personnel, le tout dans un trafic infernal même en dehors des villes dans cette partie de l'Iran. Chaque voiture, même à l'arrêt, est un danger, comme une bombe qui pourrait exploser à tout instant, il faut donc rester très concentré et ne jamais rêvasser ce qui n'est pas naturel pour moi. Ce fut l'enfer de longer la mer Caspienne mais néanmoins intéressant car les paysages étaient très verts et asiatiques, avec beaucoup de rizières et d'agriculture, semblable à l'Indonésie, alors que le reste du pays est désertique ou montagneux et très jaune, protégé de l'humidité de la Caspienne par une haute chaine de montagnes de plus de 2000 mètres d'altitude qui longe la mer. Après quelques nuits chez des habitants tous plus gentils les uns que les autres je suis arrivé à Sari où j'ai été hébergé par Reza. Reza m'a appris l'existence de sources intéressantes dans les montagnes, et je n'ai donc pas hésité pour changer de direction et quitter le bord de mer. Il m'a accompagné le lendemain pour une montée de 70 kilomètres, m'a invité à dormir dans un "red cressant" (croix rouge iranienne) tenu par son beau frère, puis le lendemain j'ai fait route seul vers ces sources qui forment un lieu naturel magnifique, semblable à Pammukale en Turquie mais en plus petit et avec d'avantage de couleurs puisque les sources déposent à la fois des précipités blancs de calcium et rouge de fer dans un cadre montagneux grandiose. J'ai rencontré à cet endroit deux cyclistes irlandais et nous avons campé en pleine montagne près des sources sous un superbe ciel étoilé. Alors que la nuit était tombée une meute d'animaux (sans doute des chacals dorés à moins que ce ne fussent des hyènes rayées ou des loups gris) ont signalé d'une manière impressionnante leur présence autour nos tentes, mais nous n'avons pas été embêté de la nuit.

Les commentaires fonctionnent de nouveau sur ce blog! :-)


[EN]
After Tabriz we made a stage of 140 kilometers with Yashar and Murat under the heat then we arrived at Sarab to a friend of Yashar. We tasted a succulent soup (I had never drunk so good before) and then a real feast. The next day, heading for the Caspian Sea with a stage in which I dropped on a broken road, fortunately without too much gravity at 25km / h. Arriving at Astara by the sea and at the border of Azerbaijan we took part in a gathering of cyclists who accompanied one of theirs to the border for his departure on a bicycle trip abroad. Then Yashar and Murat stopped and I continued alone along the Caspian Sea, but not for long since the same evening I met Stéphane, a French cyclist who started at Paris on March 5 for a round the world trip bike. We rode a day together and was wonderfully accommodated at Rasht by Mitra and her mom, both of infinite kindness. Mitra, 25, works from 6 am to 9 pm six days a week, with two jobs in hopes of being able to leave her country one day and study in New Zealand. Many of the country's young people dream of leaving Iran, but it is not easy. The next day, my route and the one of Stéphane already diverged because Stéphane wanted to go to Tehran for visa issues and I wanted to avoid this city of 15 million inhabitants (like Istanbul) where the traffic, pollution, the heat and the dangerousness is incompatible with my journey. I continued along the Caspian Sea at negative altitudes, the level of this closed sea, in which flows the Volga and other rivers of Central Asia, is at -27m. The road was also very noisy and dangerous. The Iranians drive like crazy, in a random and therefore unpredictable way. They are great champion of the reverse driving, most often without looking behind or warning of departure, door openings without looking, "priority to the first who engages" and sudden changes of direction right and left just for their own enjoyment, all in an infernal traffic even outside the cities in this part of Iran. Every car, even when stopped, is a danger, like a bomb that could explode at any moment, so i must remain very focused and never dream, what is not natural for me. It was the hell of traveling along the Caspian Sea, but it was interesting because the landscapes were very green and Asian, with a lot of rice fields and agriculture, similar to Indonesia, while the rest of the country is desert or yellow, protected from the humidity of the Caspian by a high chain of mountains more than 2000 meters of altitude that runs along the sea. After a few nights in inhabitants all nicer ones than others I arrived in Sari where I was hosted by Reza. Reza taught me the existence of interesting springs in the mountains, so I did not hesitate to change direction and leave the seaside. He accompanied me the next day for a climb of 70 kilometers, invited to sleep in a "red crescent" (Iranian red cross) held by his brother in law, and then the following day I went alone towards these springs which form a beautiful natural place, similar to Pammukale in Turkey but smaller and with more colors as the springs deposit both white precipitates of calcium and red iron in a grandiose mountainous setting. I met two Irish cyclists and camped in the mountains near the springs under a beautiful starry sky. While the night had fallen a pack of animals (probably golden jackals unless they were striped hyenas or gray wolves) impressively signaled their presence around our tents, but we did not been bothered by the night.

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Article du Vendredi 18 aout 2017

19h30 - Etapes 743 – 763. Dogubayazit - Mashhad (1977 kilometres) (1/3)

[FR] (in english below)

L'Iran ne reconnaissant pas les cartes bancaires visa, c'est avec un billet de 500 euros dans la poche que j'ai franchi la frontière Turquie-Iran. Je l'ai rapidement échangé contre 20 500 000 rials, et c'est en nouveau millionnaire, cela détend, que j'ai pédalé les premiers kilomètres dans ce nouveau pays, sous un soleil de plomb : 37°C l'après midi. Après trois étapes tranquilles j'ai rencontré à la sortie de la ville de Marand Yashar, un cycliste de 18 ans qui m'a invité à partir avec lui le surlendemain pour son premier voyage à vélo en compagnie de Murat, un cycliste turc de passage dans la ville. J'ai accepté et c'est donc à trois que nous avons quitté Marand, après deux nuits dans une cabane paisible dans les montagnes sur les hauteurs de la ville. Nous avons été accueilli chez l'habitant à Tabriz puis à Sarab, ce fût idéal pour découvrir le mode de vie des locaux. J'ai trouvé l'intérieur des maisons très joli, les salons sont plus beaux que dans les autres pays traversés, il y a des jolis tapis, des jolies chaises, des jolis lustres et des jolis rideaux mais cela contraste souvent avec l'insalubrité des toilettes. Les logements sont souvent petits, alors pour gagner de la place on dort ou mange généralement par terre dans la pièce principale, en ajoutant des matelas ou des protections au sol pour les tapis qui dont la confection a demandé des milliers d'heures de travail. Depuis l'ordinateur, l'accès à Facebook n'est pas possible, celui à Youtube non plus pas plus que ceux aux programmes google adsense et analytics que j'utilise en tant qu'éditeur de sites web. Mais dans ce pays anti-américain, il y a rapidement un détail qui saute aux yeux : la bouteille rouge d'une célèbre boisson gazeuse qui trône sur la table du dinner et un peu partout dans les rues et les restaurants..."Allah doit aimer le coca", me dis-je. Ils ont bien essayé d'en faire une copie iranienne mais ce n'est pas aussi bon et cela n'a pas de succès. La France et la Franche-Comté sont quand à elles représentées par les voitures Peugeot, de loin la marque automobile la plus utilisée : on voit des milliers de 405 et le lion de Peugeot est présent dans toutes les rues iraniennes. Il faut signaler aussi que le "petit beurre" (écrit en français) est l'un des biscuits préféré des iraniens, et que "merci" se traduit par "merci" dans la langue locale...Pratique. A Tabriz, troisième ville du pays, nous avons pris le bus en compagnie de Yashar, Murat et notre hôte Shahin pour une visite touristique de la ville. Je suis monté par hasard à l'avant du bus. Mes camarades m'ont fait remarquer que toutes les femmes (intégralement couvertes de noir de la tête au pieds, comme la plupart des femmes du pays) étaient à l'arrière du bus...C'est la loi ici, les femmes doivent être séparées des hommes dans les bus de ville, de même que dans les écoles jusqu'à la fin du lycée, et sur les plages couvertes de la mer Caspienne où les hommes ne doivent pas pouvoir voir le corps des femmes. Les hommes ont l'interdiction d'être en short dans les espaces publics mais heureusement, après avoir sympathisé avec des policiers locaux, ceux-ci m'ont avoué qu'ils avaient une certaine tolérance pour les cyclistes et j'ai donc transgressé la loi islamique la plupart du temps en roulant en short, sauf dans les villes où je remettais systématiquement mon pantacourt par dessus pour ne pas choquer la population locale en montrant mes genoux et ne pas faire de la provocation. Ces règles sont très spéciales pour un occidental mais c'est le bon vouloir de leur Dieu et c'est tout à fait respectable. Aussi c'est l'un des intérêts de ce voyage d'être confronté à des civilisations et modes de pensée très différents de la mienne et de méditer sur ces différences. Je ne porterai pas de jugement sur leur façon de vivre, il est vrai dictée par un seul homme, leur guide suprême, et un seul Dieu, qu'ils n'ont pas choisi. "En Iran nous n'avons que deux droits" se lamente Yashar : "Jeuner et prier".

[EN]
Iran does not recognize the bank cards visa, it is with a banknote of 500 euros in the pocket that I crossed the border Turkey-Iran. I quickly exchanged it for 20,500,000 rials, and it is a new millionaire, that relaxes, that I pedaled the first kilometers in this new country, under a lead sun: 37 ° C in the afternoon. After three quiet stages I met at the exit of the town of Marand Yashar, an 18-year-old cyclist who invited me to go with him the next day for his first bike trip with Murat, a passing Turkish cyclist in the city. I agreed and it was then to three that we left Marand, after two nights in a quiet hut in the mountains on the heights of the city. We were welcomed to the inhabitant in Tabriz then Sarab, it was perfect to discover the way of life of the locals. I found the interior of the houses very nice, the salons are more beautiful than in other countries crossed, there are nice carpets, nice chairs, nice chandeliers and pretty curtains but this often contrasts with insalubrity toilets. The houses are often small, so to gain space one sleeps or usually eats on the floor in the main room, adding mattresses or protections to the floor for carpets whose manufacture has required thousands of hours of work. From the computer, access to Facebook is not possible, the one to Youtube either no more than those to google adsense and analytics programs that I use as a publisher of websites. But in this anti-American country, there is quickly a detail that is obvious: the red bottle of a famous soft drink that sits on the dinner table and all over the streets and restaurants ... "Allah Must love coca" I said to myself. They have tried to make an Iranian copy of it but it is not as good and it has not been successful. France and muy region of Franche-Comté are represented by Peugeot cars, by far the most used car brand: we see thousands of 405 and the Peugeot lion is present in all the Iranian streets. It is also worth mentioning that the "petit beurre" biscuit (written in French) is one of the favorite biscuits of the Iranians, and that "thank you" translates into "merci" in the local language ... Easy to remember, as it it the same in french. In Tabriz, the third city of the country, we took the bus with Yashar, Murat and our host Shahin for a sightseeing tour of the city. I went by chance to the front of the bus. My comrades pointed out to me that all the women (fully covered in black from head to foot, like most women in the country) were at the back of the bus ... It's the law here, women must be separated from men in city buses, as well as in schools until the end of high school, and on the covered beaches of the Caspian Sea where men should not be able to see the bodies of womens. Men are forbidden to be in shorts in public spaces but fortunately, after having sympathized with local police officers, they told me that they had a certain tolerance for cyclists and so I transgressed Islamic law mostly by rolling in shorts, except in the cities where I systematically put my pants not to shock the local population by showing my knees and not to provoke. These rules are very special for a Westerner but it is the goodwill of their God and it is quite respectable. So it is one of the interests of this journey to be confronted with civilizations and ways of thinking very different from mine and meditate on these differences. I will not pass judgment on their way of living, it is true dictated by one man, their supreme guide, and one God, whom they did not choose. "In Iran we have only two rights" laments Yashar: "fast and pray".

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Article du Samedi 29 juillet 2017

18h32 - Etapes 731 – 742. Nevsehir - Dogubayazit (1061 kilometres)

"A l'est, toujours plus à l'est!" telle est ma devise pour cette année. Après avoir roulé entre les roches sculptées de la Cappadoce et leurs églises millénaires j'ai donc continué ma route à l'est vers l'Iran. Un pédalage oriental dans le sens de rotation inverse de l'astre du jour, sur la route de la soie qui est surtout aujourd'hui la route du thé. Rotation des roues ou rotation terrestre, qui s'arrêtera en premier? Après 50 000 kilomètres je ne suis pas rassasié de cette vie de nomadisme et de vagabondage, bien au contraire! Rouler, rouler encore et rouler toujours, cela pourrait bien être un cercle sans fin, mais pas sans fins, cela va de soie. Dois-je continuer indéfiniment cette folie circulaire ou dois-je m'arrêter pour avoir une vie normale? Pour un matheux c'est un peu la quadrature du cercle alors je ne me pose pas trop cette question, prenant la vie comme elle vient en tirant le meilleur de ce qu'elle peut m'apporter chaque jour. A force de faire tourner les jambes et les roues j'ai fini par tourner en rond à Erzurum pour des questions de visa iranien et autres, et m'arrêter trois semaines dans une colocation étudiante. Tapoter des lignes de code sur l'ordi, jouer au tennis, manger des "pide" et d'autres trucs turcs, ou encore méditer sur l'extrême gentillesse des gens de l'est de la Turquie furent au programme de ces trois semaines, encerclé d'étudiants tous plus gentils les uns que les autres. Quand enfin les examens de fin d'année se sont terminé le cercle amical s'est dissous et chacun est reparti dans la ville de ses parents, ce fut alors pour moi l'heure de reprendre la route, on thé route again, again, allant voir ce qui se passe un peu plus loin sur ce monde. Le mont Ararat, volcan de plus 5100 mètres d'altitude a illuminé une étape et dans la dernière ville turque j'ai du changer mes 1600 lires contre 720 euros car il faut beaucoup d'argent liquide en euros ou dollars pour entrer en Iran qui n'accepte pas les cartes bancaires. C'est donc avec un billet de 500 euros dans la poche (je ne l'ai pas perdu) que j'ai franchi la frontière sans encombre et alors une nouvelle aventure a débuté.

Etape 731. Nevsehir - Nevsehir. 42 kms.
Etape 732. Nevsehir - Talas. 64 kms.
Etape 733. Talas - Sarkisla. 116 kms.
Etape 734. Sarkisla - Sivas. 84 kms.
Etape 735. Sivas - Zara. 76 kms.
Etape 736. Zara - Refehiye. 103 kms.
Etape 737. Refehiye - Erzincan. 70 kms.
Etape 738. Erzincan - Tercan. 97 kms.
Etape 739. Tercan - Erzurum. 104 kms.
Etape 740. Erzurum - Horasan. 90 kms.
Etape 741. Horasan - Ağrı. 94 kms.
Etape 742. Ağrı - Dogubayazit. 98 kms.

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Article du Samedi 29 juillet 2017

13h03 - Quelques nouvelles

Je suis à Douchambé au Tajikistan je vais attaquer bientôt la Pamir highway l'une des routes cyclistes les plus difficiles au monde. Je viens enfin de réussir à corriger les problèmes de caractères accentués qui ne passaient plus sur ce blog, et vais donc bientôt pouvoir vous en dire un peu plus sur ce voyage. Bon été à tous!

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