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Article du Jeudi 9 novembre 2017

20h12 - Etapes 783 – 797. Frontière Kirghizistan – Bichkek (833 kilomètres) (3/3)

[FR]
(suite de l'article précédent)
Désormais seul et malade loin de toute présence humaine, sans eau potable et avec un très haut col à franchir, j'ai ramassé du bois au sol, fait un feu, fait bouillir l'eau d'un torrent, laissé infuser du thé népalais dedans et planté ma tente à 11 heures du matin car je me sentais incapable de franchir cet obstacle. Parfois, il faut savoir écouter son corps. Une fois mon matelas posé au sol, je me suis allongé et me suis rapidement endormi. Au réveil deux heures plus tard, je me sentais mieux. J'ai replié la tente, refait un feu pour rendre potable un litre d'eau -capacité maximale de ma popote- et j'ai attaqué l'ascension. Les mesures précises sur Google Earth effectuées après coup indiquent une montée de 5,3 kilomètres à 16,5% et non pas 4 kilomètres à 25% comme je l'avais calculé d'après les données erronées de ma carte openstreet map qui montrait une ligne droite alors qu'il y avait quelques lacets. Ce fut néanmoins suffisamment pentu, sur un chemin caillouteux, pour obliger Tarus et Mimile -je l'ai appris plus tard- à enlever leurs sacoches et à monter à pied en deux fois sur de longues portions, la difficulté étant trop importante pour pousser les vélos chargés à la main. Malgré la maladie, mais avec un vélo beaucoup plus léger, j'ai pour ma part réussi à franchir le col en poussant le vélo en une seule fois, mais au prix de terribles efforts et de longues pauses pendant lesquelles je voyais avec peur ma réserve d'un litre de thé s'amenuiser de plus en plus. Il n'y avait plus de torrent ni de bois ou matière à brûler le long du chemin, je devais donc faire des pauses pas trop longues et surtout prier fort pour que de l'autre côté je puisse retrouver à la fois un torrent et du bois pour refaire de l'eau potable. C'est donc avec beaucoup de stress que j'ai monté la fin du col avec peut-être l'instinct de survie qui m'a donné les forces nécessaires pour en finir avec les dernières pentes. La descente ne fut pas une récompense. Les cailloux étaient parfois de grosse taille, m'obligeant encore à marcher, mais après deux ou trois heures de descente je suis finalement tombé sur un torrent avec des arbres à proximité et j'ai pu me refaire du thé et planter la tente. Le lendemain à l'aube, j'ai discuté avec un berger qui montait à pied avec ses moutons et ses vaches. Je n'avais pas vu d'humains depuis 10 heures la veille et ce fut une rencontre très spéciale car il était particulièrement étonné de voir un cycliste ici, tout comme moi j'étais étonné de le rencontrer dans un endroit si isolé à une heure si matinale. J'ai fait un nouveau feu pour faire bouillir un litre d'eau puis j'ai continué la descente. Une descente parfois périlleuse à flanc de montagne. À un moment donné, le chemin était coupé par un éboulement, au milieu d'une forte pente. Deux jours après une chute, ce fut bien difficile de passer ce nouvel obstacle et de faire plusieurs voyages en escaladant l'éboulement en portant les sacoches les unes après les autres puis le vélo en tentant de rester en équilibre et sans jamais regarder en bas. En bas, justement, j'ai fini par y arriver, en un seul morceau, vivant, et avec mon cher vélo, et c'est alors qu'un nouvel obstacle a surgit: une rivière puissante dont le pont était détruit par le courant. J'ai du une nouvelle fois enlever les sacoches et j'ai fait plusieurs voyages pour escalader les restes du pont en béton en prenant garde de ne pas glisser dans l'eau, car le courant m'aurait emporté. Sur le chemin de la descente, j'ai rencontré un deuxième humain, un cavalier qui montait à cheval en tenant une bouteille de vodka à la main. Il semblait avoir beaucoup d'alcool dans le sang, mais j'ai réussi à m'en débarrasser sans trop de difficultés. J'en ai rencontré ensuite un autre en bien meilleur état de l'autre côté du pont près d'une ferme entourée de champs de cannabis. Puis au lieu de continuer en ligne droite sur la montagne suivante (500 mètres de dénivelé) j'ai bifurqué à gauche pour suivre la rivière jusqu'à la route M41 et un hôtel à 40 kilomètres. Cela faisait une distance de 60 kilomètres au lieu de 15 pour arriver au même endroit, mais à ce moment-là, je rêvais vraiment du confort d'un hôtel. Le long de cette route terreuse de meilleure qualité, j'ai refait du feu pour un nouveau litre de thé et rencontré un quatrième humain, un nouveau kirghize à cheval qui revenait à la ferme avec un sac rempli de bouteilles de vodka. Celui-là était complétement saoul mais encore assez lucide pour m'inviter à partager sa boisson préférée. Il fallu beaucoup de temps pour que je parvienne à me défaire de lui, car il ne voulait pas que je parte et était accompagné par deux gros chiens. Quand j'ai finalement rejoint la route M41 et la civilisation, j'étais assoiffé et j'ai rapidement croisé deux cyclistes qui m'ont offert de l'eau puis j'ai atteint l'hôtel le soir comme prévu. Je rêvais d'une douche et de confort, mais il n'y avait ni douche, ni eau courante, ni wifi, l'électricité fut longuement coupée et il y avait une odeur nauséabonde à 20 mètres autour des toilettes sèches qui étaient à l'extérieur. 3 euros la nuit, cela ne valait pas plus. Ensuite j'ai pris la direction de la capitale Bichkek, j'ai dû franchir encore deux gros cols. Un jour je suis monté pendant 70 kilomètres sans interruption du matin au soir puis à 5 kilomètres du sommet à la nuit tombante j'ai été invité par une famille vivant dans une yourte isolée près de la route. Ce fut l'occasion de découvrir de l'intérieur la culture ancestrale kirghize : un très bon moment dans un très bel endroit en très bonne compagnie. J'ai été étonné par la connaissance de la culture française du grand-père, qui me citait Jules Verne et Victor Hugo (des ouvrages ont été traduits en russe), et des kirghizes en général car deux jours plus tôt on m'avait déjà parlé de Patricia Kaas. Ils connaissent également un acteur français au gros nez dont ils ont oublié le nom et qui vit désormais en Russie. La yourte était chauffée au feu des excréments du bétail, la structure en bois était magnifique, tout comme les tapis colorés sur les murs et les gens à l'intérieur. Le père de famille remuait un mélange liquide dans un haut réceptacle en bois. Je ne me suis pas risqué à boire sa préparation, certainement encore du lait de jument frais ou peut-être fermenté ou une autre de leurs préparations locales qui m'auront déjà rendu malade à plusieurs reprises au Kirghizistan. J'ai quitté cette belle famille de la montagne, descendu pendant 100 kilomètres, remonté 1300 mètres de dénivelé avec de grosses pentes puis redescendu pendant 80 kilomètres de l'autre côté dans une belle vallée et enfin arrivé à Bichkek à 600 mètres d'altitude où j'ai fait deux semaines de pause et de récupération dans un endroit formidable avec de l'excellente compagnie.

Etape 783. Route M41 - Route M41. 52 kms.
Etape 784. Route M41 - Gul'cha. 72 kms.
Etape 785. Gul'cha - Osh. 84 kms.
Etape 786. Osh - Myrza-Aryk. 48 kms.
Etape 787. Myrza-Aryk - Suzak. 62 kms.
Etape 788. Suzak - Arlsanbob. 70 kms.
Etape 789. Arlsanbob – Forêt Arsanbob. 11 kms.
Etape 790. Forêt Arsanbob - Kyzyl-Unkyur. 24 kms.
Etape 791. Kyzyl-Unkyur – Chemin Kirghize. 8 kms.
Etape 792. Chemin Kirghize - Chemin Kirghize. 25 kms.
Etape 793. Chemin Kirghize – Hotel Lac Toktogul. 42 kms.
Etape 794. Hotel Lac Toktogul - Toktogul. 64 kms.
Etape 795. Toktogul – Route M41. 59 kms.
Etape 796. Route M41 - Route M41. 88 kms.
Etape 797. Route M41 - Bishkek. 124 kms.

[EN]
I went a little further, picked up some wood, made a fire to boil the water of the torrent, brewed Nepalese tea and planted my tent at 11 am because I did not feel able to pass this high pass. Once put my air matress I leaned over and quickly fell asleep. Waking up two hours later it was a little better. So I packed the tent, made another fire to make a liter of water drinkable - maximum capacity of my pot – from a torrent and I attacked the ascent. Afterwards, precise measurements on Google Earth indicate a rise of 5.3 kilometers to 16.5% and not 4 kilometers to 25%, the straight line of 4 kilometers on my Open Street Map map being wrong. Nevertheless, it was a difficult climb, on a stony path, enought difficult to force Tarus and Eric - I learned it later - to take off their saddlebags and walk twice in long portions, the difficulty being too high for push the bike by hand. Despite the illness but with a much lighter bike I managed to cross the pass by pushing the bike at one time but at the cost of terrible efforts and long breaks during which I saw my reserve of a liter of tea going down and down. There was no more torrent or wood along the way, so I had to take breaks not too long and especially pray so that on the other side I can find both a torrent and wood to redo drinking water. So it was with a lot of stress that I climbed the end of the pass with maybe the instincts of survival that gave me the necessary forces to finish with the last slopes. The descent was not a reward because the stones were sometimes of big size, still forcing me to walk but after two or three hours of descent I finally found a torrent with trees nearby and I could remake the tea and pitch the tent. The next day at sunrise I spoke with a shepherd who was walking with his sheep and cows, I had not seen humans since 10 am the day before and it was a very special meeting because he was particularly astonished to see a cyclist here, just like me I was surprised to meet him in such a isolated place at such an early hour. I made a new fire to boil a liter of water and then continued the descent. At one point the path was cut by a landslide, on the side of a very high and steep mountain. Two days after a terrible fall it was difficult to pass this new obstacle and make several trips by climbing the landslide by carrying the bags one after the other then the bike trying to stay in balance and without looking down. Down, I ended up getting there, in one piece, alive, and with my dear bike but it was still necessary to cross a new obstacle: a river whose bridge was destroyed by the current. I took the saddlebags again and made several trips to climb the remains of the concrete bridge, taking care not to slip into the water, because the powerful current would have taken me. On the way down I was slowed by a horse rider who was going up the road holding a bottle of vodka in his hand, he looked well drunk but I was able to get rid of it without much difficulty. I met another in much better condition and much more fun on the other side of the bridge near a farm and cannabis fields. Then instead of going up on the next mountain (500 meters of climbing) I chose to make a long detour to follow the downhill river and go to find the M41 road and a hotel at 40 kilometers. On this better road I fired up a new liter of tea and met a new Kyrgyz horse who was coming back to the farm with a bag filled with bottles of vodka. Particularly drunk he wanted to give me vodka and it took a long time for me to get rid of it because it was also accompanied by two big dogs and didn't want me to leave. When I finally joined the road and the civilization I was really thirsty and I quickly crossed two bagged cyclists who spun me water and I reached the hotel at night as planned. I dreamed of a shower and comfort but there was no shower or running water or wifi, the electricity was often cut off and there was a stench 20 meters around the dry toilets that were outside. 3 euros the night anyway. Then to reach the capital Bischkek by the road there were still two big passes, one day I climbed 70 kilometers without interruption from the morning to the evening and 5 kilometers from the summit at nightfall I was invited by a living family in an isolated yurt near the road. It was an opportunity to discover Kyrgyz ancestral culture from the inside: a very good moment in a very beautiful place in very good company. I was amazed by the knowledge of the French culture of the grandfather, who quoted me french writers Jules Verne and Victor Hugo (books have been translated into Russian), and Kyrgyz in general because two days earlier I had also heard of french singer Patricia Kaas and they also know a French actor with big nose and who now lives in Russia. The yurt was heated with fire from the excrement of cattle, the wooden structure was beautiful, as well as the colorful rugs on the walls. The father was stirring a liquid mixture in a high wooden receptacle, I did not risk drinking his preparation, it was certainly still fresh mare milk or perhaps fermented or another of their local preparations that made me sick several times in Kyrgyzstan. I left this beautiful family of the mountain, descended for 100 kilometers, climbed 1300 meters of elevation with big slopes and then went down again on the other side and arrived in Bishkek where I spent two weeks in a great place with excellent company.



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Article du Mercredi 8 novembre 2017

17h58 - Etapes 783 – 797. Frontière Kirghizistan – Bichkek (833 kilomètres) (2/3)

[FR]
(suite de l'article précédent) Dans la forêt d'Arslanbob, il n'y avait plus de route, juste un chemin. Une forte pente et un mauvais revêtement m'obligeaient régulièrement, ainsi que mes camarades Tarus et Mimille (Eric), à pousser les vélos. Nous avons dormi dans cette étrange forêt, avons été dérangés par des policiers très mal attentionnés et qui devraient beaucoup s'ennuyer, puis le lendemain nous avons continué dans une descente encore plus délicate que la montée car nous avons pris des mauvais chemins et car à un moment donné le chemin n'est devenu plus qu'un sentier invisible avec plein de pièges. À plusieurs reprises nous avons dû ôter les sacoches pour éviter de tomber dans des gros trous ou pour traverser une zone boueuse. Même un VTT n'aurait pas pu passer. Sur la fin de cette périlleuse descente j'ai quitté mes amis pour me risquer dans un chemin plus direct en suivant le lit d'un torrent, j'ai traversé le torrent glacial à pied à plusieurs reprises et porté le vélo de nombreuses fois. Arrivé en bas, à l'approche d'un village, j'ai retrouvé un véritable sentier et je me suis naturellement détendu. Alors que j'avançais tranquillement vers le village en criant victoire mon pied gauche à dérapé dans un ravin, m'emportant dans une chute libre de 3 à 5 mètres de haut sur une pente à 60-70% environ. J'ai réussi à arrêter cette chute folle en m'accrochant à des herbes et en me blessant un doigt mais le vélo qui est parti en même temps n'a pas eu cette possibilité et a dégringolé avec les sacoches sur 10 à 20 mètres de haut en s'arrêtant juste à un mètre de la grosse rivière qui était en bas. Bilan pas trop grave : des égratignures superficielles un peu partout pour moi et pour le vélo qu'un villageois a réussi à récupérer avant l'arrivée de Tarus et Éric 20 minutes plus tard, il s'en est bien sorti aussi avec juste un plastic cassé de l'indicateur de vitesse, une popote complètement défoncée, une grosse rayure sur l'écran de mon smartphone et la structure principale de mon panier avant brisée. Je fus néanmoins choqué par cette chute libre et les pires souvenirs du passé sont remontés. La nuit suivante j'ai fait des cauchemars. Ah la la que d'émotions mais ce n'était pas complètement terminé car le plus dur restait à venir. En effet après ce village nous devions franchir un col passant de 1500 mètres à 3000 mètres d'altitude avec à la fin 4 kilomètres à 25% sur un chemin dont nous ignorions tout. Mimille et Tarus furent des bons compagnons avec beaucoup de qualités pour affronter ces épreuves. Mimille est un savoyard qui connaît bien la montagne et Tarus est un voyageur qui possède une bonne expérience des voyages à vélo (tous les ans il laisse sa copine pendant ses vacances pour aller vivre des aventures en tous genres en solo) et qui a de plus des bonnes notions de langue russe et un esprit agréable très positif, aventurier et ouvert. Un français libre et heureux, qui sort du lot et comme on en rencontre régulièrement à l'étranger (mais avec lequel j'avais quand même des différences notoires). Aussi avec la longue durée du trajet ensemble (Mimille 27 jours, Tarus 13 jours) sont apparues des différences dans la façon de voyager de chacun car comme vous le savez sans doute je parcours le monde à vélo tout en développant une entreprise en France ce qui demande beaucoup d'organisation et de rigueur alors que mes camarades (en vacances d'été pour l'un, en année sabbatique pour l'autre) étaient à 100% dans le Voyage et la Vadrouille. Le matin suivant, après deux étapes trop courtes de 11 et 24 kilomètres de long, et après mes heures de bureau matinales je les ai longuement attendu pour partir, sans trop comprendre pourquoi, puis deux heures et 8 kilomètres plus loin nous terminions déjà l'étape à 13 heures à cause d'un risque d'orage, allant trouver refuge chez une famille de bergers, y étant invité à manger et à y passer la nuit. Le jour suivant en revanche il fallait mettre le réveil à 6 heures et à 7 heures nous étions d'attaque sur le petit chemin de montagne. J'étais de nouveau malade et au manque d'appétit et à la diarrhée de la veille se sont ajoutés pour moi une terrible fatigue qui m'essoufflait et m'obligeait à faire une pause tous les 50 mètres, ainsi que des ballonnements et nausées très désagréables. En meilleure condition physique, Mimille et Tarus sont partis devant et je ne les ai plus revu, ils ne pouvaient pas m'attendre car Tarus avait son vol retour vers la France trois jours plus tard. Je me alors suis retrouvé seul isolé dans ces montagnes géantes, malade, avec un col de 4 kilomètres à 25% à franchir et sans eau potable car j'étais dépendant d'eux pour l'eau depuis que mon filtre à eau ne marchait plus (suite au prochain épisode).

[EN]
(continuation of the preceding article) In the Arslanbob forest, there was no more road, just a path. A steep slope forced me regularly, as well as my caramades Tarus and Mimille (Eric), to push the bikes. We slept in this strange forest, were disturbed by some very bad policemans who should be very bored, then the next day we continued on a descent even more hard than the climb because we took the wrong paths and because at one point the path has become an invisible path with many traps. On several occasions we had to remove the bags to avoid falling in big holes or to cross a muddy area. Even an mountain bike could not have passed. On the end of this perilous descent I left my friends to risk me in a more direct way following the bed of a torrent, I crossed the icy torrent on foot several times and carried the bike many times. Arrived at the bottom, near a village, I found a real trail and I naturally relaxed. As I walked quietly to the village, shouting victory, my left foot skidded into a ravine, taking me in a free fall of 3 to 5 meters high on a slope to 60-70% approximately. I managed to stop this crazy fall by clinging to herbs and injuring my finger but the bike that left at the same time did not have this possibility and felt with the saddlebags on 10 to 20 meters of high stopping just one meter from the big river that was down. Superficial scratches everywhere for me and for the bike that a villager managed to recover before the arrival of Tarus and Eric 20 minutes later, he also did well with just a plastic broken of the speedometer, a broken pot, a big scratch on the screen of my smartphone and the main structure of my front basket broken. However, I was shocked by this free fall and the worst memories of the past have come back. The next night I had nightmares. What a emotion but it was not completely finished because the hardest was yet to come. Indeed after this village we had to cross a pass passing from 1500 meters to 3000 meters of altitude with at the end 4 kilometers to 25% on a way of which we did not know everything. Mimille and Tarus were good companions with many qualities to face these days. Mimille is a savoyard who knows the mountain well and Tarus is a traveler who has a good experience of cycling trips (every year he leaves his girlfriend during his vacation to go on adventures of all kinds solo) and who has more good Russian language skills and a very positive, adventurous and open mind. A free and happy French (but with which I still had noticeable differences). Also with the long duration of the journey together (Mimille 27 days, Tarus 13 days) appeared differences in the way of traveling of each because as you might know I travel the world by bike while developing a company in France which requires a lot of organization and rigor while my friends (on a summer vacation for one, in a sabbatical year for the other) were 100% in the Travel. The next morning, after two short steps of 11 and 24 kilometers long, and after my morning office hours I waited a long time for them to leave, without really understanding why, then two hours and 8 kilometers further we already finished the stage at 1pm because of a risk of storm, going to find refuge in a family of shepherds, being invited to eat and spend the night. The next day however we had to put the alarm clock at 6 o'clock and at 7 o'clock we were on the small mountain path. I was sick again and the lack of appetite and diarrhea the night before added to me a terrible tiredness that was shortening me and forced me to take a break every 50 meters, as well as bloating and nausea very unpleasant. In better physical condition, Mimille and Tarus went ahead and I did not see them again, they could not wait for me because Tarus had his flight back to France three days later. I found myself alone isolated in these giant mountains, sick, with a pass of 4 kilometers to 25% to cross and without drinking water because I was dependent on them for the water since my water filter no longer worked (following of the story in the next post).

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Article du Vendredi 3 novembre 2017

17h55 - Etapes 783 – 797. Frontière Kirghizistan – Bichkek (833 kilomètres) (1/3)

[FR]
Entre le Tajikistan et le Kirghizistan la zone neutre de 20 kilomètres de descente entre les deux frontières fut de toute beauté. En dessous de sommets enneigés culminant à 7000 mètres d'altitude, la route sillonnait dans des montagnes rocheuses jusqu'à atteindre une étonnante vallée plus large et de plus faible pente. Les montagnes sont devenues multicolores, le lit de la rivière dont l'eau glaciale était une grande pureté était tapissé de galets également multicolores, telles des pierres précieuses. La rivière était alimentée par de petits affluents dont l'eau pouvait parfois être rouge. Le ciel était bleu. Assurément un coin de paradis. La route franchit ensuite la frontière Kirghize et le spectacle perdura jusqu'à arriver dans une plaine agricole plus banale. C'est 26 kilomètres après la frontière, et 14 kilomètres avant le premier village, Sari-Tash, que j'ai rencontré mon premier kirghize : Nourkoutane, un enfant isolé âgé de 12 ans qui tenait un âne au bout d'une corde et qui m'a barré la route avec son âne pour que je m'arrête. De la même manière que le petit prince aurait demandé de dessiner un mouton, ses premières paroles ont consisté à me demander un stylo. J'ai pris un stylo dans la poche avant de ma sacoche avant accrochée sur mon panier avant, et lui ai donné. Puis il m'a demandé un "notebook". J'ai sorti mon cahier de la pochette informatique/bureau de ma sacoche arrière-gauche et lui ai tendu. Mais il n'en a pas voulu. Il a alors sorti de son sac à dos une boite de conserve rouge et l'a posé dans mon panier. J'ai pris la boite dans ma main et j'ai lu les inscriptions suivantes : "Les petites sardines...A l'huile d'olive vierge extra...Pêchées en Méditerranée...A consommer jusqu'en 2021...PREPAREES EN BRETAGNE". Cette boite tombait bien car je n'avais que 6 dollars US à changer en monnaie kirghize à Sari-Tash, village sans distributeur automatique. J'avais faim, il me restait du pain et ces sardines pouvaient très bien s'accorder avec mon pain. Comme j'avais deux stylos je lui ai laissé le stylo et j'ai gardé les sardines. Ensuite il m'a demandé mon ordinateur, mon téléphone, une montre etc...J'ai refusé, je lui ai donné mon filtre à eau acheté 2 euros au lieu de 4,5 à Mashhad et qui ne marchait plus et j'ai poursuivi ma route. J'ai appris beaucoup plus tard que c'est Tarus, qui était passé une heure avant moi, qui lui avait donné cette boite. Malin, Nourkoutane semble faire un petit business de troc avec les voyageurs à vélo qui passent plusieurs fois par jour sur cette route. La route jusqu'à Och, première grande ville du pays, fut relativement facile. Passé un col de 2800 à 3600 mètres d'altitude, il y eut une longue descente de 90 kilomètres à 2,2% pour retomber à 1600 mètres d'altitude avant de remonter rapidement à 2300 mètres pour bénéficier d'une nouvelle descente de 70 kilomètres à 2,1% vers Och. Le groupe de 6 un peu éparpillé (certains se sont accrochés à des camions dans le col pour aller plus vite, moi j'étais malade) s'est retrouvé à Och autour de pizzas bien méritées et de bières dans une ambiance amicale entre voyageurs à vélo de tous horizons. Ce fut la fin du parcours avec les \HELLO <_BIKE> WORLD! qui partaient ensuite rejoindre leurs familles en Ouzbékistan. J'aurai passé 18 belles journées avec eux. Après un repos réparateur j'ai continué le voyage avec seulement Tarus et Eric. Nous avons poursuivi sur la route M41, jusqu'à Bazar-Korgon où nous avons bifurqué sur une idée de Eric pour prendre un raccourci qui permettait de gagner 100 kilomètres au prix du franchissement d'une haute chaine de montagnes. Les 51 kilomètres de Bazar-Korgon à Arlsanbob sur une petite route de faible pente furent faciles puis cela s'est sérieusement compliqué en pénétrant dans la forêt d'Arslanbob, qui est la plus vaste et ancienne forêt de noyers au monde.



[EN]
Between Tajikistan and Kyrgyzstan the neutral zone of 20 kilometers of descent between the two borders was beautiful. Below snow-capped peaks at an altitude of 7,000 meters, the road went into rocky mountains to an astonishing valley, wider and slower. The mountains became multicolored, the bed of the river whose icy water was a great purity was lined with stones also multicolored, such as precious stones. The river was fed by small others whose water could sometimes be red. The sky was blue. Surely a place of paradise. The road then crosses the Kyrgyz border and the show continues until reach a more ordinary agricultural plain. At 26 kilometers after the border, and 14 kilometers before the first village, Sari-Tash, I met my first Kyrgyz: Nourkutane, a 12-year-old isolated child who was holding a donkey at the end of a rope and who blocked my way with his donkey so I had to stop. In the same way that the little prince would have asked to draw a sheep (french story of Antoine de Saint Exupery), his first words consisted of asking me for a pen. I took a pen in the front pocket of my front bag hanging on my front basket, and gave it to him. Then he asked me for a "notebook". I took my notebook out of the computer bag / desk of my back-left bag and handed it to him. But he did not want it. He then took out a red box from his backpack and put it in my basket. I took the box in my hand and I read the following inscriptions in french: "Small sardines ... Extra virgin olive oil ... Fished in the Mediterranean ... To consume until 2021. ..PREPARED IN BRITTANY ". This box was good because I had only 6 US dollars to change in Kyrgyz currency in Sari-Tash, village without any ATM. I was hungry, I had bread left and these sardines could very well match my bread. As I had two pens I left him the pen and I kept the sardines. Then he asked me for my computer, my phone, a watch etc ... I refused, I gave him my water filter bought 2 euros instead of 4.5 to Mashhad that was broken and I went on my way. I learned much later that it was Tarus, french partner who ware here an hour before me, who gave him this box. Nourkutane seems to do a small business with the cyclists who comes several times a day on this road. The road to Osh, the first big city in the country, was relatively easy. Passing a pass from 2800 to 3600 meters above sea level, there was a long descent of 90 kilometers to 2.2% to fall back to 1600 meters altitude before climbing quickly to 2300 meters to enjoy a new descent of 70 kilometers to 2.1% to Osh. The group of 6 a little scattered (some clung to trucks in the pass to go faster, I was sick) ended up in Osh around well-deserved pizzas and beers in a friendly atmosphere between cycling travelers from everywhere. It was the end of the journey with the \ HELLO <_BIKE> WORLD! Team who then left to join their families in Uzbekistan. I will have spent 18 beautiful days with them. After a good rest I continued the journey with only Tarus and Eric. We continued on the M41 road, until Bazar-Korgon where we bifurcated to take a shortcut that allowed to gain 100 kilometers at the price of crossing a high mountain range. The 51 kilometers from Bazar-Korgon to Arlsanbob on a small, gently sloping road were easy then it was seriously complicated by entering the Arslanbob Forest, which is the largest and oldest walnut forest in the world.

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Article du Samedi 21 octobre 2017

13h55 - Etapes 764 – 782. Douchanbé – Frontière Kirghizistan (1256 kilomètres) (2/2)

Après quelques étapes avec les \HELLO <_BIKE> WORLD! et Mimille nous avons longé la zone la plus reculée de l'Afghanistan : une bande de 20 kilomètres de large entre le Tajikistan et le Pakistan, et dans laquelle me semble t-il l'armée française était en guerre il n'y a pas très longtemps. Cette route fut très jolie en raison de la présence à 20 kilomètres de nous de hautes montagnes avec des sommets à plus de 7000 mètres d'altitude faisant office de frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. La rivière Pamir, affluent du Wahkan, qui sépare le Tajikistan de l'Afghanistan, est devenue de plus en plus étroite au fil de la montée et à la fin nous aurions pu la traverser à pied. Enfin après 12 étapes (pour moi) à remonter des cours d'eau à fond de vallée le long de la frontière afghane nous avons quitté la rivière et avons franchi le col Khargush à 4344 mètres d'altitude. De l'autre côté nous avons rejoint la route M41, où route du Pamir, route au trafic automobile quasi-nul malgré que ce soit le principal axe routier du pays, et qui traverse des hauts plateaux et franchi divers cols à plus de 4000 mètres d'altitude. C'est une route goudronnée, de qualité semblable à une route du Haut-Doubs qui n'aurait pas été entretenue depuis 50 ans, mais pour nous ce fut un grand changement et un gain important de confort et de vitesse. Nous avons remis quelques bars de pression dans les pneus et avec un fort vent dans le dos, nous nous sommes envolés sur cette route. La route du Pamir est certainement la route plus fréquentée au monde par les voyageurs à vélo. A l'instar de l'Eurovelo 6 en Europe, de la Carretera Austral en Amérique du sud ou de la côte Pacifique en Amérique du Nord, c'est une autoroute des cyclistes à sacoches. Certains viennent quelques semaines pour leurs vacances, principalement d'Europe et de Russie mais on y croise aussi beaucoup de voyageurs au long cours car la route est le chemin le plus court entre l'Europe et l'Asie, et sa réputation liée à ses paysages, sa difficulté et l'absence de trafic motorisé en fait un lieu de passage incontournable pour les voyageurs de mon espèce. Les paysages furent effectivement très spectaculaires, ce fut grandiose, et les journées furent de plus agrémentées par les joies de la vie en groupe. Un jour nous avons vu arriver dans le sens inverse Eric et Robin, partis de Murghab, ville qu'ils ont atteint en taxi après une casse mécanique sur le tricyle de Robin (la petite pièce complexe qui fixe le dérailleur au cadre a été cassée à la suite d'un choc, plus d'infos ici). Un ferrailleur à Murghab a réussi l'exploit de fabriquer exactement la même pièce avec un morceau de métal, un chalumeau et une scie circulaire. C'est donc ensemble que nous avons atteint Murghab, après un bivouac à 4200 mètres d'altitude sous un magnifique ciel étoilé. Nous avons fait un détour par un chemin caillouteux pour nous rendre sur le site de la centrale électrique qui alimentait jusqu'à l'hiver dernier cette ville très isolée de 6000 habitants située à 3700 mètres d'altitude. La ville, qui contient un aéroport et un hôpital, est sans électricité depuis 6 mois. Les \HELLO <_BIKE> WORLD!, tous trois fraichement diplômés d'ingénieurs en environnement, voulaient en savoir plus. Par chance, un représentant tajik d'une compagnie électrique est venu sur les lieux 30 minutes après notre arrivée alors que nous explorions les lieux. Il nous a ouvert grand les portes et répondu aux questions les plus techniques, raconté l'histoire de la centrale, les raisons de sa fermeture et les projets à venir (article détaillé ici). Ce fut un privilège de me trouver à cet endroit à ce moment là et de pouvoir explorer librement une centrale hydraulique -sans barrage, le courant de la rivière raccourcie et accéléré étant suffisant- de 200kW de puissance fermée tout récemment. Pour s'adapter à l'absence d'électricité les habitants les plus riches et les hôtels les plus luxueux de la ville se sont équipés de groupes électrogènes à essence mais la plupart des habitants se passent désormais d'éléctricité. L'hiver sera long pour eux car l'ouverture d'une nouvelle centrale n'est pas prévue avant une bonne année. Nous avons quitté Murghab avec plein d'images dans la tête, celle du marché dans lequel les commerçants vendent leur produits dans d'anciens containers pour bateaux, celles des multiprises électriques bien remplies lorsque l'auberge où nous résidions ouvrait l'électricité de 20h à minuit, celle de Samira, gentille gérante d'une guesthouse avec laquelle nous avions sympathisé, celle du ferrailleur auquel nous sommes allé rendre visite, celles de la centrale à l'abandon, des énormes générateurs et des chapeaux kirghizes traditionnels des habitants, des pulls tricotés de laine des enfants ou encore celle de l'eau de la douche chauffant au feu de bois. Passée cette ville singulière et très étonnante est venue la partie la plus difficile du Pamir avec des nouveaux cols à 4650, 4250 et 4350 mètres d'altitude. C'est avec une respiration difficile que nous avons franchi tous ces cols, en raison du manque d'oxygène qui se fit sentir surtout en buvant (on fût vite essoufflé après avoir bu une gorgée d'eau) et la nuit où cela devenait plus difficile d'avoir un bon sommeil. Au sommet d'un col nous avons doublé Tarus, un cycliste français en voyage ici pour quelques semaines. Il nous a accompagné ensuite le long du très joli lac Karakul puis dans les deux nouveaux cols qui ont suivi. Enfin après une semaine passée aux alentours de 4000 mètres d'altitude j'ai franchi à grande vitesse le dernier col afin d'aller retrouver de l'air et des températures moins froides de l'autre côté à la frontière du Kirghizistan.



Etape 764. Douchambé – Route A385. 118 kms.
Etape 764. Route A385 - Darai Ob. 87 kms.
Etape 765. Darai Ob - Yoged. 118 kms.
Etape 766. Yoged - Route M41. 76 kms.
Etape 767. Route M41 - Vaznavd. 87 kms.
Etape 768. Vaznavd - Pashor. 94 kms.
Etape 769. Pashor - Khorog. 12 kms.
Etape 770. Khorog - Khaskhorug. 37 kms.
Etape 771. Khaskhorug - Ishkashim. 70 kms.
Etape 772. Ishkashim - Shitkharv. 55 kms.
Etape 773. Shitkharv - Zong. 53 kms.
Etape 774. Zong - Ratm. 11 kms.
Etape 775. Ratm - Route M41. 37 kms.
Etape 776. Route M41 - Route M41 . 59 kms.
Etape 777. Route M41 - Route M41. 112 kms.
Etape 778. Route M41 - Murghab. 20 kms.
Etape 779. Murghab - Route M41. 42 kms.
Etape 780. Route M41 - Route M41. 46 kms.
Etape 781. Route M41 - Karakul. 47 kms.
Etape 782. Karakul - Route M41. 75 kms.


[EN]
After a few steps with the swiss guys \ HELLO <_BIKE> WORLD! and the frenchman Mimille we reached the most remote area of ​​Afghanistan: a strip of 20 kilometers wide between Tajikistan and Pakistan, and in which it seems to me the French army was at war there is no long time. This road was very pretty because of the presence to 20 kilometers of us of high mountains with summits at more than 7000 meters of altitude acting as border between Afghanistan and Pakistan. The Pamir River, a tributary of the Wahkan, which separates Tajikistan from Afghanistan, became increasingly narrow as the climb progressed and at the end we could have crossed it on foot. Finally after 12 days (for me) to go up the river bottom valley along the Afghan border we left the river and crossed the Khargush Pass at 4344 meters above sea level. On the other side we have joined the M41 road, or Pamir Highway, the main road of the country but with almost zero traffic, and which crosses the highlands and passes various passes at more than 4000 meters above sea level. It is an asphalt road, bad quality but for us it was a big change and an important gain of comfort and speed after the previous roads. We put a few pressure bars in the tires and with a good wind in the back, we flew on this road. The Pamir Highway is probably the busiest road in the world by bicycle travelers. Like the Eurovelo 6 in Europe, the Carretera Austral in South America, or the Pacific coast in North America, it is a bagged cyclist's highway. Some come just a few weeks for their holidays, mainly from Europe and Russia, but there are also many long-distance travelers because the road is the shortest route between Europe and Asia, and its reputation for its landscapes, its difficulty and the absence of motorized traffic makes it a place of passage for all travelers of my species. The landscapes were indeed very spectacular, it was grandiose, and the days were embellished by the joys of group life. One day we saw arrive in the opposite direction Eric and Robin, left Murghab, city they reached by taxi after a mechanical breakage on Robin's trike (the small complex part that fixes the derailleur to the frame was broken in after a shock, more info here, in french). A metalworker in Murghab has achieved the feat of making exactly the same piece with a piece of metal, a blowtorch and a circular saw. It is thus together that we reached Murghab, after a bivouac at 4200 meters of altitude under a magnificent starry sky. We made a detour via a stony path to go to the site of the power station that fed until last winter this very isolated town of 6000 inhabitants located at 3700 meters above sea level. The city, which contains an airport and a hospital, has been without electricity for 6 months. The \ HELLO <_BIKE> WORLD !, all three newly graduated environmental engineers, wanted to know more. Luckily, a tajik representative from an electric company came to the scene 30 minutes after we arrived while we were exploring the premises. He opened the doors to us and answered the most technical questions, told the story of the plant, the reasons for its closure and the projects to come (article detailed here, in french ). It was a privilege to be there at that time and to be able to freely explore a hydroelectric power station - without a dam, the current of the river being shortened and accelerated enough - 1.2 MW closed recently. In order to adapt to the lack of electricity, the richest inhabitants and the most luxurious hotels of the city have been equipped with gasoline generators but most of the inhabitants are now without electricity. Winter will be long for them because the opening of a new plant is not planned before a good year. We left Murghab with a lot of images in the head, that of the market in which the traders sell their products in old containers for boats, those of the rush to electric power strips when the hostel where we lived opened the electricity from 8pm to midnight, that of Samira, nice manager of a guesthouse with which we had sympathized, that of the scrap dealer to whom we went to visit, those of the abandoned power plant, huge rotors 600MW of power and hat traditional Kyrgyz residents, knitted sweaters of children's wool or the water of the heated shower over a wood fire. Past this singular and very amazing city came the most difficult part of the Pamir with new passes at 4650, 4250 and 4350 meters above sea level. It was with a difficult breath that we crossed all these passes, because of the lack of oxygen that was felt especially by drinking (we are quickly out of breath after drinking a sip of water) and the night it became more difficult to have a good sleep. At the top of a pass we doubled Tarus, a French cyclist traveling here for a few weeks. He then accompanied us along beautiful Lake Karakul and in the two new passes that followed. Finally after a week spent at 4000 meters altitude I crossed the last pass at high speed to find air and colder temperatures on the other side to the Kyrgyz border.

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Article du Mardi 17 octobre 2017

19h15 - Etapes 764 – 782. Douchambé – Frontière Kirghizistan (1256 kilomètres) (1/2)

Après un vol de 600 kilomètres au dessus du Turkménistan et quelques jours d'adaptation à Douchanbé, capitale du Tajikistan, j'ai continué le voyage en compagnie de Charlie, Max, Amund et Chris, quatre voyageurs à vélo originaires d'Angleterre, de Norvège et d'Allemagne et rencontrés dans une auberge. Nous avons d'abord réalisé une difficile étape de montagne de 120 kilomètres avec d'importants dénivelés sous une température qui a atteint 39 degrés à l'ombre, d'après les données météo horaires de mon appli téléphone 1weather. Le rythme fut nettement plus élevé que mon rythme habituel, qui est de 80 kilomètres par jour en moyenne depuis le début de l'année. Malgré tout je me suis accroché pour rester avec eux car cela faisait de la compagnie et car je voulais éviter de camper seul le long de la frontière afghane où nous nous dirigions. Mes premières impressions sur le Tajikistan furent très positives. Les femmes toutes vêtues de jolies robes, les enfants cherchant le contact, très souriants, rigoleurs et tendant leur main pour qu'on tape dedans à notre passage, et la nourriture d'excellente qualité on façonné un début parfait dans ce nouveau pays. Les produits étaient frais, savoureux, locaux et semblaient être tous bio, cultivés dans les villages où nous passions. Lors de cette première étape j'ai beaucoup apprécié une soupe de mouton à l'os avec d'excellents légumes et herbes. Après 3 étapes nous avons atteint la rivière Panj qui fait la frontière avec l'Afghanistan, puis nous avons suivi la frontière en remontant le cours de la rivière. Nous avons dormi tous les soirs à quelques mètres du pays des talibans le plus souvent en camping sauvage, sans trop de problèmes, l'armée tajik veillant sur notre sécurité : un soir alors que nous avions posé nos tentes juste en face d'un village afghan sans véritable autre solution nous avons reçu la visite d'une patrouille de militaires tajiks lourdement armés qui après avoir vérifié nos passeports sont resté plantés près de nous pendant une bonne heure, probablement pour montrer à l'autre rive qu'ils veillaient sur nous. Enfin après six belles et longues journées de vélo nous avons atteint la ville de Khorog où j'ai pris deux jours de repos et rencontré Eric, de son surnom Mimille, un vélovadrouilleur français parti de Chambéry en vélo au début du printemps, laissant sa femme et ses enfants désormais grands pour aller vivre son rêve de voir le monde à vélo sur 14 mois, sponsorisé par le bar des deux savoies de Chambéry, accompagné d'un ami pendant les premiers mois du parcours et désormais à la recherche de nouveaux compagnons. Notre rencontre tombait bien pour continuer ensemble et il s'avérera être le voyageur à vélo le plus sympathique que j'ai rencontré ces quatre dernières années. Dans la même auberge j'ai aussi rencontré Robin, Firmin, et Arlen, trois jeunes suisses réalisant un voyage en vélo/vélos couchés de Lausanne vers l'Asie du sud-est, sur un an, entre la fin de leurs études et le début de leur vie professionnelle. J'ai quitté Khorog avec tout ce petit monde francophone, avec un objectif kilométrique fixé à 50 kilomètres par jour ce qui est cette fois très inférieur à mon rythme de 80 kilomètres par jour depuis le début de l'année, et très lent pour moi, mais je suis tout de même resté avec eux car cela faisait de la compagnie et ils étaient bien mieux équipés que moi pour affronter les dangers des hautes montagnes et des zones reculées du massif du Pamir avec des trousses de sécurité, mécanique, des réchauds et filtres à eau plus adaptés que moi pour ce genre d'expédition. Nous avons quitté la route principale M41 pour continuer le long de la frontière afghane en remontant toujours le cours du Panj puis la rivière Wahkan-Daria, le long d'une route rarement goudronnée et rarement couverte par le réseau téléphonique. Nous faisions souvent des longues pauses car Robin, Firmin et Arlen, les \HELLO <_BIKE> WORLD! sur facebook et youtube, font des prises de vue photo/vidéo pour leurs films. Ils sont les geeks du voyage à vélo. Ils transportent du matériel sophistiqué de capture photo/vidéo et un drone et réalisent des montages de très grande qualité. Je suis heureux d'avoir rencontré Mimille et ces trois petits suisses qui voyagent dans le même esprit que moi et nous prenons du plaisir à faire un bout de chemin ensemble. Un matin en déjeunant nous écoutons un podcast de l'émission "la planète bleu" de la radio "couleur 3", au son de la grosse enceinte des \HELLO <_BIKE> WORLD! Les suisses voyagent avec un super couteau suisse alors qu'Eric le savoyard a un super opinel. La route devient rapidement difficile à cause du revêtement, le sol est parfois sablonneux mais les efforts sont récompensés par les rencontres avec les gens qui vivent dans ces endroits reculés du monde : les enfants bien sûr avec qui on s'arrête pour discuter, jouer ou même danser comme des fous en improvisant une piste de danse au milieu de la route, et qui nous poussent parfois dans les pentes les plus raides, mais aussi les adultes qui ont chacun leur propre histoire à raconter.



[EN] After a flight of 600 kilometers over Turkmenistan and a few days of adaptation in Dushanbe, capital of Tajikistan, I continued the journey with Charlie, Max, Amund and Chris, four bicycle travelers from England, Norway and Germany and met in a hostel. We made a tough 120-kilometer mountain stage with significant gradients under a temperature that reached 39 degrees celsius in the shade, based on the weather data from my 1weather phone app. The pace was significantly higher than my usual pace, which is 80 kilometers per day on average since the beginning of the year. Despite that I stayed with them because it made the company and because I wanted to avoid camping alone along the Afghan border where we were heading. My first impressions of Tajikistan were very positive. The women all dressed in pretty dresses, the children looking for contact, very smiling, laughing and stretching their hand so that we could stamp in our passage, and the food of excellent quality fashioned a perfect start in this new country. The products were fresh, tasty, local and seemed to be all organic, grown in the villages we were passing through. During this first stage I enjoyed a soup of sheep to the bone with excellent vegetables and herbs. After 3 stages, we reached the Panj River, which is the border with Afghanistan, and then we followed the border up the river. We slept every evening a few yards from the Taliban country most often in wilderness camping, without too much trouble, the Tajik army taking care of our safety: one evening when we had put our tents right in front of an afghan village without any other solution and we were visited by a patrol of heavily armed Tajiks who, after checking our passports, were planted near us for a good hour, probably to show to the other side of the river that they were watching over us. Finally after six beautiful and long days of cycling we reached the town of Khorog where I took two days of rest and met Eric, his nickname Mimille, a French cyclist riding from Chambéry by bike in early spring, leaving his wife and his children, who are now great, to go see the world by bike during 14 months, sponsored by the bar of the two savoyes of Chambéry, accompanied by a friend during the first months of the journey and now in search of new companions. Our meeting was good to continue together and it turns out to be the most friendly cycling traveler I have met in the last four years. In the same hostel I also met Robin, Firmin, and Arlen, three young Swiss cyclists traveling by bike / recumbent bikes from Lausanne, Switerland, to Southeast Asia, one year between the end of their studies and the beginning of their working life. I left Khorog with all this small french speaking world, with a kilometric objective fixed at 50 kilometers per day which is this time much lower than my pace of 80 kilometers per day since the beginning of the year, and very slow for me, but I still stayed with them because it made the company and they were much better equipped than me to face the dangers of the high mountains and remote areas of the Pamir massif with safety kits, mechanical, stoves and water filters more suitable than me for this kind of expedition. We left the main M41 road to continue along the Afghan border, continuing up the Panj River then the Wahkan-Daria River, along a road that is rarely paved and rarely covered by the telephone network. We often take long breaks because Robin, Firmin and Arlen, \ HELLO <_BIKE> WORLD! on facebook and youtube, make photo / video shots for their movies. They are the geeks of the bike trip. They carry sophisticated photo / video capture equipment and a drone and make very high quality movies. I am glad to have met Mimille and these three little Swiss who travel in the same spirit as me and we take pleasure in going a long way together. One morning while lunching we listen to a podcast of the program "the blue planet" of the swiss radio "color 3", to the sound of the big speaker of \ HELLO <_BIKE> WORLD! The Swiss travel with a super Swiss knife while Eric the Savoyard has a super opinel knife. The road quickly becomes difficult because of the pavement, the ground is sometimes sandy but the efforts are rewarded by the meetings with the people who live in these remote places of the world: children of course with whom one stops to discuss, play or even dancing like madmen by improvising a dance floor in the middle of the road, and which sometimes push us on the steepest slopes, but also adults who each have their own story to tell.

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