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Article du Vendredi 25 janvier 2019

19h00 - Mille étapes, et après? (1000 étapes)

Alors voilà. Ce tour d'Europe qui devait durer 2 ou 3 ans attaque sa 7ème année, en débordant largement désormais sur les continents voisins. Mille étapes, 41 pays, 71 000 kilomètres, des séries de 30 étapes sans jours de repos, environ 15 millions de tours de pédales, des altitudes comprises entre -220m et 4650m, 3 vélos, une bonne centaine de crevaisons et jusqu'à 16 litres d'eau, 6 kilos d'oranges, 4 kilos de chocolat et 800 billets de banque transportés. Des orages, des tornades, une tempête de sable, des tempêtes de neige, des nuits dehors par -8 °C, des étapes à plus de 40 °C, des vents de face à ne plus pouvoir avancer, des vents dans le dos à rouler à 60km/h sur du plat. Et quoi d'autre? Des cascades, des canyons, des sources chaudes, des îles, des déserts, un geyser, des volcans, des kilomètres à rouler sur la plage, des kilomètres de hors-piste en pleine forêt. Besançon, Rome, Prague, Singapour, New-York, San Francisco, Dubai, Kuala Lumpur, Las Vegas. Des rencontres, des leçons de vie, d'accueil, d'hospitalité, d'humilité, de courage aussi. Des kilomètres sous des ciels nocturnes brillants de millions d'étoiles, devant des arcs-en-ciel, sous une éclipse de lune, sous les aurores boréales. Des galères ! Des maladies, quelques chutes et accidents sans gravité. Des bivouacs en compagnie des ours, des serpents, des moustiques, des scorpions. Et combien d'affaires perdues ? L'itinérance à vélo au long cours est la promesse d'une vie intense dans laquelle chaque jour est différent des autres, avec son lot de surprises, de découvertes et d'émerveillement, à l'opposé d'une vie de routine vers laquelle tend naturellement chaque être humain par simplicité et par confort. Vivre en itinérance de la sorte c'est aussi faire honneur à la liberté. Une liberté de mouvement et d'esprit largement amplifiés par la dématérialisation opérée depuis le départ : un allégement du chargement de 5 kg lors de l'hiver 2015-2016, de 5 kg à l'hiver 2016-2017, puis d'encore 5 kg à l'hiver 2017-2018 et d'un nouveau kilogramme depuis. Contrairement à une idée reçue au début, le confort n'est pas proportionnel à la quantité de bien matériels emportés, mais inversement proportionnel : pour se sentir réellement libre et bien, il faut vivre avec peu. Aujourd'hui, ayant atteint des niveaux d'optimisation et de satisfaction très élevés dans ce mode de vie ainsi qu'un cap symbolique de 1000 étapes, se pose naturellement la question de l'après. 1000 étapes, et ensuite 2000 ? 3 000? Ce mode de vie absolument génial et formidable doit-il continuer indéfiniment? Quand on fait ce qu'on aime vraiment, doit-on changer pour quelque chose dont on est pas certain qu'on l'aimera d'avantage, mais peut-être? Tenter de nouvelles aventures ne pourrait-il pas en soi faire partie de la grande aventure ? Plusieurs raisons pourraient m'amener à stopper ce voyage. Elles sont connues. Une fille, par exemple. À mon âge, encore jeune mais plus complétement (37 ans), il est encore possible d'imaginer une suite normale avec une femme, des enfants, une maison, des animaux de compagnie, un grand jardin pour cultiver des fruits et des légumes et peut-être une piscine et un court de tennis si les affaires marchent bien. Cela peut être aussi une très belle aventure, mais c'est au cœur de décider et on ne choisit pas pour lui. Plus triste, mais tout aussi réaliste, un problème de nature à diminuer ou anéantir complétement mes moyens physiques pourrait également me stopper. Une grave chute, une mauvaise rencontre ou une grave maladie. Ces risques sont réels et bien acceptés : la vie ne se vit pas seulement dans la longueur, il faut aussi essayer la largeur, l'idéal étant d'avoir les deux, et d'y prendre de la hauteur. Des trois dimensions, la largeur me semble la plus importante. Un autre facteur qui pourrait me stopper serait de perdre petit à petit le plaisir de voyager de la sorte. Peut-on trouver de la routine à toujours se lever le matin pour vivre des choses différentes ? Ce serait paradoxal ! Autre raison : des problèmes d'argent. Mon voyage est principalement financé par les revenus d'un site de math que je développe depuis 2006.  La rigueur que je me suis imposé ces dernières années pour continuer de travailler plusieurs heures par jour tout en voyageant ont permis de garder un trafic très élevé et des revenus stables et confortables. Je ne suis toutefois pas à l'abri d'une baisse de trafic et de revenu. J'aurai malgré tout des portes de secours, car 60 % de mes dépenses ces dernières années sont allées dans l'immobilier, les impôts et les cotisations sociales, et tout cela est facilement supprimable, d'une part, car l'héritage de mes parents pourra éventuellement solder mon prêt immobilier et d'autre part, car les impôts sur le revenu, la CSG/CRDS, la cotisation foncière des entreprises payée à la commune de Roulans, les allocations familiales, les assurances maladie et vieillesse ne sont pas obligatoires dans mon cas vu que je ne vis plus et ne travaille plus en France. De plus, l'expérience de vie nomade à vélo m'a appris à me contenter de peu et à peu dépenser. Mais si un jour, je ne peux plus acheter de grandes quantités de nourriture de qualité et de chocolat, certainement que je me poserai la question. Une autre raison pourrait être une évolution du voyage dans le mode de déplacement : le vélo est le meilleur compromis de vitesse pour voir le monde en étant au contact direct de la nature et des gens, tout en parcourant des longues distances, mais pourquoi pas un jour changer pour de la marche comme Caroline, de la trottinette comme Blandine, voire du bateau, du train, ou autre ? Ou pour me lancer dans un tout autre projet? Tout arrêter pour me lancer à fond dans des projets artistiques, musicaux, ou scientifiques, n'est pas complétement impossible non plus. Mais le plus probable sans doute, au vu de la carte du parcours effectué et du rythme pris depuis 2013 pour explorer les continents en 2 ou 3 ans, est que je continue comme cela pendant encore 5 ou 6 ans, et que je n'en suis qu'à la moitié du voyage... L'avenir nous le dira. Pour le savoir, restez connectés!


[EN]
So this is it. This Europe tour, which was to last two or three years, is now in its seventh year, and is now overflowing into neighboring continents. A thousand stages, 41 countries, 71000 kilometers, 30-stage series without rest days, around 15 million pedal laps, altitudes between -220m and 4650m, 3 bikes, a good hundred punctures and up to 16 liters of water, 6 kilos of oranges, 4 kilos of chocolate and 800 banknotes transported. Thunderstorms, tornadoes, sandstorms, snow storms, nights outside by -8 ° C, steps over 40 ° C, headwinds to no longer move forward, winds in the back to ride at 60km / h on flat. And what else? Waterfalls, canyons, hot springs, islands, deserts, a geyser, volcanoes, miles to ride on the beach, miles of off-piste in the forest. Besançon, Rome, Prague, Singapore, New York, San Francisco, Dubai, Kuala Lumpur, Las Vegas. Meetings, lessons of life, hospitality, humility, courage too. Miles under brilliant night skies of millions of stars, in front of rainbows, under an eclipse of the moon, under the northern lights. Galleys! Diseases, some falls and minor accidents. Wild camping with bears, snakes, mosquitoes, scorpions. And how many items lost? Long-distance bicycle touring is the promise of an intense life in which each day is different from the others, with a lot of surprises, discoveries and wonder, as opposed to a life of routine to which naturally tends each human being for simplicity and comfort. To live in this way is also to honor freedom. A freedom of movement and spirit largely amplified by the dematerialization operated from the beginning: a lost of loading of 5 kg during winter 2015-2016, of 5 kg in the winter of 2016-2017, then of 5 more kg in the winter of 2017-2018 and a new kilogram since. Contrary to a belief at first, comfort is not proportional to the amount of material goods carried, but inversely proportional: to feel really free and well, I have to live with little. Today, having reached very high levels of optimization and satisfaction in this way of life as well as a symbolic course of 1000 steps, naturally raises the question of the after. 1000 steps, and then 2000? 3000? Is this absolutely awesome way of life going on indefinitely? When we do what we really love, do we have to change for something we are not sure we will love more, but maybe? Can not trying new adventures be part of the big adventure? Several reasons could lead me to stop this trip. She is are known. A girl, for example. At my age, still young but not more completely (37 years), it is still possible to imagine a normal following with a woman, children, a house, pets, a large garden to grow fruits and vegetables and maybe a pool and a tennis court if business is good. It can also be a great adventure, but it's at the heart to decide and we do not choose for him. More sad, but just as realistic, a problem that could reduce or completely wipe out my physical abilities could also stop me. A serious fall, a bad meeting or a serious illness. These risks are real and well accepted: life is not only in length, we must also try the width, the ideal is to have both, and take the height. Of the three dimensions, the width seems to me the most important. Another factor that could stop me would be to gradually lose the pleasure of traveling in this way. Can we find the routine to always get up in the morning to live different things? It would be paradoxical! Another reason: money problems. My trip is mainly financed by the income of a math site that I develop since 2006. The rigor that I have imposed in recent years to continue working several hours a day while traveling have kept a very high traffic and stable and comfortable incomes. However, I am not immune to a decline in traffic and income. I will still have relief doors, because 60% of my expenses in recent years have gone into real estate, taxes and social contributions, and all this is easily removable, on the one hand, because the legacy of my parents will eventually be able to pay for my deficit to the bank and secondly, because taxes on income, the CSG / CRDS french tax, the business property tax paid to the municipality of my parent's village, family allowances, health insurance and old age assurance are not mandatory in my case since I do not live anymore and no longer work in France. Plus, the nomadic bike life experience taught me to settle for little and little money. But if one day I can not buy large quantities of quality food and chocolate, certainly I will ask myself the question. Another reason could be an evolution in the mode of travel: cycling is the best compromise of speed to see the world by being in direct contact with nature and people, while traveling long distances, but why not a change day for a walk like Caroline, a scooter like Blandine, even a boat, a train, or something else? Or to get into another project? It's not entirely impossible either to stop to get into artistic, musical, or scientific projects. But most probably, given the map of the trip until now and the speed taken since 2013 to explore the continents in 2 or 3 years, it would be quite logical to say that I'm only half of that trip and that the total duration could be between 10 and 12 years ... The future will tell us. To find out, stay tuned!

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Commentaires (cacher) :

De Florent, il y a 1 an (+ 99 miams) :     Merci Claude de suivre mes aventures et pour ce joli témoignage. Au plaisir de rencontrer à Tours alors :-)

De CAROLINE PIROTTE, il y a 1 an (+ 99 miams) :     Florent, tu es complètement passionnant. J'ajoute une possibilité à toute tes réflexions : écrire un livre. Que de questions et de possibilités. Nous avons toujours des choix à faire en permanence et tu as raison, c'est le coeur qui décide. Et quel bonheur quand on peut le suivre. Je te souhaite à nouveau de belles rencontres tout au long de l'année et le plaisir de savourer cette liberté pure. Au plaisir de lire la suite de tes aventures.

De Florent, il y a 1 an :     Merci beaucoup Caroline! Oui j'écrirai un livre et ferai un petit film lorsque j'aurai terminé :-) Bisous

De Clement Th, il y a 1 an (+ 99 miams) :     Toujours sur la route aussi ! Continues bien ta route mon vieux, et qu'elle soit pleine de bonheur ! Je crois qu'avec cet état d'esprit, quoi que tu fasses, tu tu y trouvera beaucoup de joie :D

De Florent, il y a 1 an :     Merci Clément, et au plaisir de te recroiser et de relire ton blog :-) Amicalement

De Danièle Culin, il y a 1 an :     Salut Florent, je vois que tu es en pleine cogitation.....mais il n'y a pas de norme, à chacun de trouver sa voie et de s'y épanouir. Quelque soit ton choix je te souhaite toujours le meilleur et je continuerai à te suivre....J'espère que ce commentaire te parviendra car celui que je t'ai fait sur l'article précédent a dû se perdre en route !!! Grosses bises du Périgord

De Gérard Martinez, il y a 1 an (+ 99 miams) :     Bonjour Florent ! Décidément toujours en train de jongler avec les chiffres. Par exemple: 5+5+5+1=16 16 kg supprimer...mais 16 kg de quoi? Mais oui, c'est écrit plus haut: 16 litre d'eau= 16 kg ! ;-) Le mieux serait de trouver une nana à vélo, qui pédale dans la même direction que toi, et de prévoir une remorque pour les bébés. Ce qui est plus difficile c'est de faire suivre la piscine et le tennis! Amitié Gérard et Christine

De Florent, il y a 1 an (+ 99 miams) :     Merci beaucoup Danièle pour ton très gentil petit mot.

De Florent, il y a 1 an (+ 99 miams) :     Salut Gérard, ah ah mort de rire, la piscine et le tennis peuvent toujours se trouver dans les hôtels de luxe, on ne sait jamais! 16 kilos de matos, plus 16 litres d'eau, plus 16 kilos de nourriture, cela fait 48 kilos, encore un petit effort et je pourrai remplacer les kilos perdus par le poids de la fille, qui n'aura même pas besoin de pédaler!

De Claude Lalique , il y a 1 an :     Salut Florent. Belle réflexions sur la vie et c'est justement le fait d'avoir du temps qui te permet d'y réfléchir. Je suis ton blog depuis un petit moment et j'aime bien ton écriture. J'ai moi même beaucoup voyagé entre 20 et 30 ans, tour du monde pendant 6 ans avec différents moyens de locomotion, voilier, moto, vélo et c'est justement au moment où je commençais à trouver que finalement pendant le voyage on est surtout observateur, que j'avais envie de faire quelque chose de mes mains ou autre que j'ai rencontre ma compagne. Depuis, enfants, maisons, etc, comme tu dis le cœur choisit.. Mais depuis quelques années je repars avec mon vélo sur les routes, le voyage ne nous quitte jamais réellement. Si un jour tu passes par Tours N'oublies pas de t'arrêter on aura certainement plein de choses à se dire. Bonne continuation et bonnes recherches...



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