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Article du Mercredi 21 novembre 2018

21h44 - Etapes 942 – 982. Saint Petersbourg - Trondheim (2970 kilomètres)

[FR] (in english below)
J'ai quitté Saint-Pétersbourg le lundi 23 juillet et ai rejoint la Finlande voisine en deux jours, puis la ville de Vaasa, sur le Golfe de Botnie, 9 jours plus tard. Un parcours avec beaucoup de forêts et des rencontres warmshowers marquantes chez Lotta puis chez Tuomo, ainsi qu'invité à prendre un petit-déjeuner dans un village dans lequel j'avais campé. À Vaasa, j'ai fait un break de 20 jours chez Julien (un ami de la fac chez qui je m'étais déjà arrêté par le passé), Ida et leur fille Miranda de 3 ans et demi. Rénovation d'un appartement, travail sur mon site de math, parties de tennis, de pétanque, de Monopoly (!), de "Uno", restaurants, plage, dégustation de la cuisine toujours aussi délicieuse de Julien (finaliste de Masterchef en suède)... Des belles journées de pause bien remplies. J'ai également été interviewé à trois reprises, d'abord pour une revue économique, puis pour une radio nationale et enfin pour un journal local. J'ai aussi profité de la pause pour recevoir du nouveau matériel suite à de nombreuses pertes en cours de route (étonnant, non?) et changer ma tente pour une plus légère et plus spacieuse. L'Exped Mira 3 (1,8kg+0,2kg pour ajout d'une bâche au sol) remplace ma "Quechua Quickhiker 3" (2,7kg). Merci à Décathlon pour ces 700 nuits sur la route dans des tentes Quechua sans jamais rencontrer de problème majeur. Ensuite, j'ai mis le cap au nord. J'ai franchi le cercle polaire arctique à 66 degrés de latitude, puis me suis dirigé vers les Iles Lofoten que j'avais quittées prématurément il y a 5 ans après une semaine bloqué dans de terribles intempéries. Des chouettes retrouvailles avec le Grand Nord, ses rennes et ses forêts de bouleaux déjà toutes brunes le premier septembre, avant de redescendre sur les fjords de l'océan Atlantique en Norvège avec d'avantage de douceur et de verdure. Soirée très sympa à Tromsø avec Kevin, un cyclo-voyageur français installé ici, et ses amis, puis un départ à 18h le lendemain pour une 967ème étape un peu spéciale afin de prendre le rythme pour rouler de nuit et ainsi avoir une chance d'observer des aurores boréales. Dès la première nuit, j'ai vu apparaître une longue tache lumineuse dans le ciel. J'ai d'abord pensé à un nuage d'altitude qui pourrait encore être éclairé par les derniers rayons du soleil ou par une ville lointaine, mais la nuit était déjà bien avancée et il n'y avait pas de grande ville à proximité : c'était une petite aurore boréale. Le phénomène évoluait très lentement, changeant légèrement de forme ou de position minute après minute, et gagnant en intensité. Seul sur cette route secondaire, j'admirais le spectacle avec une pensée pour nos ancêtres qui ont vu ce phénomène sans s'y attendre et sans explication rationnelle : ils ont dû avoir sacrément peur, car on croirait des esprits qui bougent dans le ciel ! J'ai roulé 53 kilomètres jusqu'à minuit. La deuxième nuit fut encore meilleure : le phénomène ne s'est jamais interrompu, les lumières arrivaient de partout, avec une principale qui traversait le ciel dans toute sa longueur dans une bande étroite, tel un arc-en-ciel nocturne monochrome géant. Du très grand spectacle et des heures de vélo qui resteront à jamais privilégiées dans ce déjà très beau voyage et qui a besoin de choses vraiment extraordinaires de cette trempe désormais pour se sublimer. Un show nocturne de très grande classe gratuit et unique. J'ai roulé jusqu'à minuit et demi après avoir franchi le centième kilomètre de l'étape du jour. La troisième nuit fut un peu moins belle, car cela a duré moins longtemps ; j'ai toutefois roulé jusqu'à 1 heure du matin, également après avoir atteint le centième kilomètre. C'est la quatrième nuit qui fut la plus merveilleuse : au vert traditionnel, se sont ajoutées des lumières violettes et le phénomène évoluait beaucoup plus rapidement : on voyait seconde après seconde ces lumières évoluer et "danser" dans le ciel, c'était carrément dingue de faire du vélo là-dessous, dans un cadre sublime avec des belles montagnes partout, des fjords et l'océan ! J'ai roulé cette fois jusqu'à 1 h 30 après avoir parcouru 102 kilomètres puis j'ai planté la tente à 2 heures du matin sur un parking sous un ciel de ouf qui semblait vouloir jouer avec moi. Une nouvelle fois, le voyageur à vélo est avantagé par rapport aux touristes normaux ou aux locaux, car le cycliste a les yeux bien adaptés à l'obscurité, n'a pas froid car il pédale (le phénomène ne se produisant qu'en hiver dans des régions polaires, le touriste lambda qui attend planté là toute la nuit doit avoir très froid), et se déplace lentement pour admirer les aurores dans des paysages différents. Merci le ciel pour ce cadeau et toute cette magie et féerie. Les jours suivants, le ciel s'est couvert et je n'ai quasiment plus rien vu. J'ai continué la route au sud, sympathisant parfois avec les Norvégiens que j'ai trouvé très décontractés, disponibles et heureux de vivre dans un cadre de vie certes rigoureux, mais avec une nature sauvage, des paysages magnifiques et une qualité d'air des meilleures au monde. C'est un mélange d'air vivifiant de l'océan comme en Bretagne et d'air forestier comme en Suède. Mais je ne suis pas norvégien et quand il a commencé à pleuvoir pendant des jours et des jours avec des vents terribles et du froid glacial, n'étant pas suffisamment équipé pour ces conditions hivernales, ne parvenant plus à faire sécher mes affaires et à trouver du plaisir à rouler dans des conditions devenues insupportables et qui devaient perdurer encore au moins une semaine, j'ai décidé d'aller poursuivre le voyage plus au sud, et le 22 septembre, après 30 étapes consécutives sans jour de repos depuis Vaasa (2187 kilomètres) j'ai abandonné précipitamment la Norvège, comme en 2013, et j'ai pris un vol de Trondheim à Hambourg, et en me promettant une nouvelle fois de revenir en Norvège plus tard pour poursuivre l'aventure dans ce magnifique pays.


INFO CONFERENCE : LE VENDREDI 07/12 A 20H30 GRANDE SALLE DE LA MAIRIE DE ROULANS J'AURAI PLAISIR DE PARTAGER MON VOYAGE AVEC RECIT/PHOTOS, soirée mise en place par l'association Jean De Vienne, entrée libre.


[EN]
I left St. Petersburg on Monday, July 23 and joined neighboring Finland in two days, then the city of Vaasa, on the Gulf of Bothnia, 9 days later. A route with lots of forest and warmshowers encounters at Lotta and then at Tuomo houses, as well as being invited to have breakfast in a village where I camped. In Vaasa, I had a 20-days break with Julien (a friend of the college I had stopped in the past), Ida and their 3 and a half year old daughter Miranda. Renovation of an apartment, work on my math site, tennis, petanque, Monopoly (!), "Uno", restaurants, beach, tasting of Julien's always delicious cuisine (Masterchef finalist in sweden ) ... Beautiful days. I was also interviewed three times, first for a Scandinavian economic magazine, then for a national radio and finally for a local newspaper. I also took advantage of the break to receive new equipment after many losses along the way (amazing, no?). And change my tent for a lighter and more spacious one. The Exped Mira 3 (1.8kg + 0.2kg for adding a tarpaulin to the ground) replaces my "Quechua Quickhiker 3" (2.7kg). Thanks to Decathlon for these 700 nights on the road in Quechua tents without ever encountering any major problem. Then I headed north. I crossed the Arctic Circle at 66 degrees of latitude, then headed for the Lofoten Islands that I had left prematurely 5 years ago after a week stuck in terrible weather. Happy to be back in the Far North, its reindeer and birch forests already brown on September 1, before descending to the fjords of the Atlantic Ocean in Norway with more softness and greenery. Very nice evening in Tromsø with Kevin, a French biker installed here, and his friends, then a departure at 6pm the next day for a 967th stage a little special to take the rhythm to ride at night and have a chance to observe northern Lights. From the first night, I saw a long bright spot appear in the sky. I first thought of a cloud of altitude that could still be lit by the last rays of the sun or a distant city, but the night was already well advanced and there was no big city nearby: it was a little aurora borealis. The phenomenon evolved very slowly, changing slightly shape or position minute after minute, and gaining intensity. Alone on this secondary road, I admired the show with a thought for our ancestors who saw this phenomenon without expecting it and without rational explanation: they must have been damn fear, because we believe spirits that move in the sky! I drove 53 kilometers until midnight. The second night was even better: the phenomenon was never interrupted, the lights came from everywhere, with a principal that crossed the sky in all its length in a narrow band, like a giant monochrome nocturnal rainbow. The big show and the bike hours that will remain forever privileged in this already very beautiful journey and who needs really extraordinary things of this temper now to sublimate. A night show of very high class free and unique. I drove until half past midnight after crossing the hundredth kilometer of the day's stage. The third night was a little less beautiful, because it lasted less long; however, I drove until 1 am, also after reaching the hundredth kilometer. It was the fourth night that was the most wonderful: in the traditional green, were added purple lights and the phenomenon was evolving much more quickly: we saw second after two these lights evolve and "dance" in the sky, it was downright crazy to ride a bike there, in a sublime setting with beautiful mountains everywhere, fjords and the ocean! I drove this time until 1:30 am after traveling 102 km and then I planted the tent at 2 o'clock in the morning on a parking under a sky that seemed to want to play with me. Once again, the cyclist is more lucky than normal tourists or locals, because the cyclist's eyes are well adapted to the darkness, not cold because it pedal (the phenomenon only occurs in winter in polar regions, the lambda tourist waiting there all night must be very cold), and moves slowly to admire the aurorae in different landscapes. Thank you heaven for this gift and all this magic and enchantment. The following days, the sky was overcast and I hardly saw anything. I continued the route south, sometimes sympathizing with the Norwegians I found very casual, available and happy to live in a setting certainly rigorous life, but with a wild nature, beautiful scenery and air quality of the best in the world. It is a mixture of invigorating air of the ocean as in Brittany and forest air as in Sweden. But I am not Norwegian and when it started to rain for days and days with terrible winds and freezing cold, not being sufficiently equipped for these winter conditions, not being able to dry my things and find pleasure to ride in unbearable conditions and that were to continue for at least a week, I decided to continue the journey further south, and on September 22, after 30 consecutive stages with no day off from Vaasa (2187 km ) I hastily abandoned Norway, as in 2013, and took a flight from Trondheim to Hamburg, and promised myself again to return to Norway later to continue the adventure in this beautiful country.


Etape 942. Saint Petersbourg – Zelenogorks. 68 kms.
Etape 943. Zelenogorks – Route 41K-83. 76 kms.
Etape 944. Route 41K-83 – Joutseno. 70 kms.
Etape 945. Joutseno – Puumala. 81 kms.
Etape 946. Puumala – Route 431. 79 kms.
Etape 947. Route 431 – Route 431. 54 kms.
Etape 948. Route 431 – Jyvaskyla. 67 kms.
Etape 949. Jyvaskyla – Keuruu. 51 kms.
Etape 950. Keuruu – Sulkavanlyla. 92 kms.
Etape 951. Sulkavanlyla – Ylystaro. 88 kms.
Etape 952. Ylystaro – Vaasa. 57 kms.
Etape 953. Vaasa – Jakobstad. 101 kms.
Etape 954. Jakobstad – Himanka. 76 kms.
Etape 955. Himanka – Raahe. 84 kms.
Etape 956. Raahe – Oulu. 84 kms.
Etape 957. Oulu – Simo. 80 kms.
Etape 958. Simo – Tornio. 71 kms.
Etape 959. Tornio – Kaulinranta. 84 kms.
Etape 960. Kaulinranta – Kolari. 107 kms.
Etape 961. Kolari – Muonio. 80 kms.
Etape 962. Muonio – Jatuni. 76 kms.
Etape 963. Jatuni – Pättikkä. 50 kms.
Etape 964. Pättikkä – Route E8. 89 kms.
Etape 965. Route E8 – Kvitergbakken. 75 kms.
Etape 966. Kvitergbakken – Tromso. 60 kms.
Etape 967. Tromso – Brensholmen. 53 kms.
Etape 968. Brensholmen – Route. 100 kms.
Etape 969. Route – Route. 100 kms.
Etape 970. Route – Route E10. 102 kms.
Etape 971. Route E10 – Route E10. 101 kms.
Etape 972. Route E10 – Svolvaer. 33 kms.
Etape 973. Svolvaer – Route 815. 68 kms.
Etape 974. Route 815 – Bodo. 73 kms.
Etape 975. Bodo – Route E6. 71 kms.
Etape 976. Route E6 – Route E6. 59 kms.
Etape 977. Route E6 – Route E6. 79 kms.
Etape 978. Route E6 – Route E6. 42 kms.
Etape 979. Route E6 – Route E6. 60 kms.
Etape 980. Route E6 – Route E6. 58 kms.
Etape 981. Route E6 – Strendene. 25 kms.
Etape 982. Strendene – Route E6 (camping car->Trondheim). 44 kms.


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Article du Jeudi 6 septembre 2018

13h44 - Etapes 924 – 941. Kazan - Saint Petersbourg (1457 kilomètres)

[FR] (in english below)
 À mon arrivée à l'auberge de jeunesse de Kazan il y avait beaucoup de jeunes supporters argentins rentrant  les poches bien pleines d'une année d'étude-travail en Australie, et faisant un détour par la Russie pour supporter leur équipe nationale. Ce fut un peu spécial de faire des rencontres amicales dans une auberge de jeunesse avec des jeunes qui étaient des adversaires pour un match à élimination directe d'une coupe du monde le lendemain. Il y avait un peu de retenue, d'autant plus qu'ils étaient de vrais passionnés et très angoissés par l'enjeu. "Si la France perd, tu vas être triste pendant quelques heures" me dit l'un d'eux. "Si l'Argentine perd, je vais être triste pendant une année" poursuivit-il. Dans le stade, l'ambiance mise par les 15 000 supporters argentins (contre 3 000 supporters français et 22 000 spectateurs neutres) était magnifique, avec beaucoup de couleurs et de chants. C'est le sport, c'est la fête et c'est beau. 5 années après mon dernier match de football qui mettait déjà aux prises Lionel Messi (au stade Mestalla de Valence lors d'un Valence-Barça) j'ai donc assisté à un match de la coupe du monde. Je n'ai pas bien vu le match, car mon billet en première catégorie m'a envoyé au troisième rang au niveau de la pelouse tout près d'un poteau de corner, et j'avais une vue beaucoup trop écrasée du terrain de jeu. Mais c'était tout de même un privilège d'être ici, et le match en lui-même fut très intense avec beaucoup d'engagement, de buts et une victoire finale française sur le score de 4 buts à 3. Un des matchs les plus aboutis de l'histoire de l'équipe de France selon la presse spécialisée du lendemain. À la fin du match, j'ai appris que le 1/4 de finale suivant se déroulait 5 jours plus tard à Nijni Novgorod, une ville située 400 kilomètres plus à l'ouest sur ma route en direction de Saint Petersbourg. Après deux jours de négociations auprès d'un jeune supporter argentin qui tentait désespérément de revendre son billet, j'ai racheté son billet à un prix raisonnable (160 euros tout de même!) et après avoir posté une petite photo sur un groupe Whattsapp de voyageurs à vélo francophones en Asie centrale, j'ai été contacté par un cycliste français qui faisait exactement la même route que moi. Nous nous sommes retrouvés le jour suivant sur la route. "Ah, mais on se connait! Ahhhh mais c'est Jordy!!!" On s'était croisé et avions passé une soirée ensemble 6 semaines auparavant au Kirghizistan. Je le savais de retour vers la France, mais je ne pensais pas qu'il passerait par la Russie. En 6 semaines il a eu le temps de faire la route du Pamir puis la traversée de l'Ouzbekistan, du Kazakhstan et enfin la Russie...Costaud. Il va aussi à St Petersbourg et fait la route Kazan-Nijni en ce moment vraiment par hasard, car il n'aime pas le foot et ne possède de billet ni pour le huitième de finale ni pour le quart. De plus, la Russie est un très grand pays, et c'est une sacré coïncidence que l'on se retrouve en plein milieu. Nous avons poursuivi ensemble, puis nous nous sommes séparés à l'entrée de Nijni Novgorod car nous avions des hôtes warmshowers différents et un programme différent. J'ai traversé la ville et me suis rendu à l'appartement d'Anton, son frère et ses parents, un appartement très modeste pour ne pas dire insalubre, mais pas évident quand le papa d'Anton ne perçoit que 100 euros de retraite par mois, ce qui semble être la norme en Russie. J'y ai passé deux nuits et assisté au quart de finale France-Uruguay, cette fois en troisième catégorie, mais mieux placé, au vingtième rang légèrement excentré derrière le but d'Hugo Lloris et au milieu des supporters français. Deux buts tricolores, un très bel arrêt du gardien sous mes yeux, une qualification pour les demi-finales et une belle fête : une très belle soirée. A la fin du match, tout en pissant dans les urinoirs, les supporters français chantaient un air déjà entendu après le match France-Argentine : "Gérard Depardieu! Sors nous ta vodka! On va la-ga-gner-chez-toi!". La suite leur a donné raison. Je fus ensuite de retour dans la banlieue chez mon hôte, et me suis interoggé sur la suite. Je n'aime pas vraiment la Russie, il y a bien eu quelques chouettes rencontres les jours précédents, mais les difficultés rencontrées au Kazakhstan pour m'approvisionner en nourriture de qualité et pour circuler à vélo dans les villes perdurent en Russie depuis plusieurs semaines et cela devient vraiment long. "Est-ce que l'on peut trouver un magasin avec des produits bio dans ta ville de 1 million d'habitants ?". "Non", me répondit Anton. "Il était possible de trouver de tel produits importés il y a quelques années, mais depuis les sanctions internationales nous n'en avons plus". À ce moment là, l'envie de fuir le pays et de prendre le train pour Saint Petersbourg m'a traversé l'esprit. J'ai regardé les horaires, mais comme Jordy m'avait parlé du "cercle d'or de Russie", une zone touristique avec des belles villes dans la direction de Saint Petersbourg, j'ai également étudié pour faire la route à vélo et j'ai finalement retrouvé Jordy pour rouler sur des petites routes et traverser des villes typiques russes. Cette zone fut clairement plus riche et moins inhospitalière que ce que j'ai vu auparavant : les villes sont plus belles, les maisons des villages sont très jolies avec des volets très travaillés, on trouve plus facilement des fruits frais de saison et j'ai même fini par trouver des oeufs bio et du chocolat non bourré d'additifs chimiques. Après deux mois sans acheter d'œufs j'étais comme un enfant qui trouve des œufs de pâque dans le jardin de ses parents! Outre le cadre et une nourriture plus convenable, la campagne russe possède par ici des charmes au travers de ses habitants dont la prospérité à permis de développement de nombreux arts. Beaucoup sont musiciens, fabriquants d'objets artistiques, de petites boites locales, de marionnettes, etc, et ce fut plaisant d'être à leurs côtés. Après une nuit invité avec Jordy à dormir dans un magnifique complexe hôtelier pour pouvoir assister à la demi-finale France-Belgique depuis la télévision du bar, j'ai fait route seul vers Saint Petersbourg avec un itinéraire sur des routes ou chemins très secondaires pour ne pas dire tertiaires ou quaternaires en cherchant à tout prix à m'éloigner du monde des voitures. J'ai expérimenté la sauvage Russie en bivouaquant tous les soirs dans la nature, et un jour, en voulant prendre des chemins toujours plus petits et prendre un raccourci, j'ai dû marcher 5 kilomètres sur un ancien chemin forestier défoncé par les tracteurs qui le parcouraient jadis et désormais recouvert par une végétation luxuriante avec un sol composé de boues, de larges flaques et de zones marécageuses à contourner. Franchissement d'arbres tombés au sol, attaques de moustiques, de taons et autres mouches piquantes, grosses dépenses énergétiques pour progresser mètre après mètre... Chaque mètre fut une victoire. Mes jambes étaient couvertes d'un mélange de boues, de sueur, de sang et de produit anti-moustique. J'en ai vraiment bavé! Je suis finalement venu à bout de ce chemin, et sans rencontrer les nombreux ours qui vivent dans cette forêt. Les moustiques m'auront beaucoup compliqué la tache en Russie, le soir, je m'endormais sous la tente avec le bruit des ailes de dizaines de moustiques qui tournaient autour de moi. Devoir sortir de la tente pour un besoin naturel était l'assurance de rentrer avec de nouvelles piqures, malgré toutes les précautions. Un jour, j'ai dû pisser tout en courant pour ne pas que les moustiques aient le temps de se poser sur moi, marcher n'étant pas suffisant. Mais tout cela fait partie du jeu et du voyage et j'accepte aisément toutes ces difficultés. Enfin, après avoir cassé mon dérailleur arrière Shimano déore XT qui comptait 55 000 km depuis 2014, et bien tordu la fourche arrière de mon nouveau cadre en titane lorsque le dérailleur s'est pris dans la roue arrière, j'ai été contraint de faire les 50 derniers kilomètres vers Saint Petersbourg en train. Saint Petersbourg est une grande ville, très belle pour une ville russe, avec des longues avenues, énormément de piétons (je n'ai jamais vu une ville avec autant de piétons), quelques trotinettes électrique et quasiment aucun vélo malgré que la ville soit parfaitement plate. Il fut difficile de trouver à réparer mon vélo, j'ai déniché un minuscule atelier de réparation vélo/moto et on m'a redressé mon cadre à frappant très violemment dessus. J'avais mal à chaque coup porté sur ce cadre à 1500 euros, mais finalement, ce fut bon. J'ai retrouvé Jordy pour une soirée à nous raconter nos aventures. Des coups de canon sourds traversaient la ville, tirés par navires de guerres stationnés dans la ville : une manière certainement pour Vladimir Poutine de montrer ses muscles aux nombreux touristes présents à ce moment là (il y avait le marathon de St Petersbourg le même jour). D'une manière générale j'ai trouvé les Russes très satisfaits de leur président, sauf quelques rares contestataires, et j'ai été témoin des valeurs patriotiques transmises dans les système éducatif national : lors d'une kermesse d'école de fin d'année dans un grand village, un groupe d'enfants sur une estrade chantaient des chants tout en agitant un petit drapeau russe, le tout sous une importante surveillance policière. Étranger à tout cela, j'ai passé mon chemin et continué vers la Finlande.

[EN]
When I arrived at the Kazan youth hostel there were many young Argentinian fans, most of them coming back from a year of study-work in Australia, and their pockets full, making a detour to Russia to support their national team. It was a bit special to have friendly meetings in a hostel with young people who were opponents for a knockout match at a World Cup. There was a little restraint, especially since they were very stressed by the issue. "If France loses, you'll be sad for a few hours," said one of them. "If Argentina loses, I'll be sad for a year," he continued. In the stadium, the atmosphere set by the 15,000 Argentinean fans (against 3,000 French fans and 22,000 neutral spectators) was magnificent, with lots of colors and songs. It's the sport, it's the party and it's beautiful. 5 years after my last football match that already put Lionel Messi (at Valencia's Mestalla stadium in a Valencia-Barça) under attack, I attended a World Cup match. I did not see the match well, because my ticket in the first category sent me to the level of the grass near a corner post, and I had a much too crushed view of the playground. But it was a privilege to be here when you know the number of TV viewers for this kind of meeting, and the game itself was very intense with a lot of commitment, goals and a final French victory over the score from 4 to 3. One of the most successful matches in the history of the French team according to the specialized press of the following day. At the end of the match, I learned that the next quarter-final was 5 days later in Nizhny Novgorod, 400 kilometers further west on my way to St. Petersburg. After two days of negotiations with a young Argentine supporter who was trying desperately to sell his ticket, I bought his ticket at a reasonable price (200 USD anyway!) And after posting a small photo on a Whattsapp group of French speaking cyclists in Central Asia, I was contacted by a French cyclist who was exactly the same route as me! We ended up the next day. "Ah, but we know each other! Ahhhh but it's Jordy !!!" We had met and had spent an evening together 6 weeks ago in Kyrgyzstan. I knew it was on the way back to France, but I did not think he would go through Russia. He rolls very fast: in 6 weeks he had time to cycle the Pamir then the crossing of Uzbekistan, Kazakhstan and finally Russia. He is there by chance because he does not like football and does not have a ticket for either the eighth or quarter finals. Moreover, Russia is a huge country and it is an incredible coincidence to find him here. We continued together, then we parted at the entrance to Nizhny Novgorod as we had different warmshower hosts and a different program. I crossed the city and went to Anton's apartment, his brother and his parents, a very modest apartment that would need renovation, but not obvious when daddy Anton receives only about 100 euros per month, which seems to be the norm in Russia. I stayed there for two nights and attended the France-Uruguay quarterfinal this time in the third category, but better placed, in the twentieth row slightly off-center behind the goal of Hugo Lloris and among the French fans. Two goals tricolor, a very nice goalkeeper stop, a qualification for the semi-finals and a beautiful party: a very beautiful evening. But I do not really like Russia, there have been some nice meetings the previous days, but the difficulties encountered in Kazakhstan to supply me with quality food and to cycle in the cities have persisted in Russia for several weeks and it gets really long. "Can we find a store with organic products in your city of 1 million inhabitants?" "No," Anton answered me. "It was possible to find such products imported a few years ago, but since the international sanctions we have no more". At that moment, the urge to flee the country and take the train to Saint Petersburg crossed my mind. I watched the train schedules, but as Jordy had told me about the "golden circle of Russia", a tourist area with beautiful cities in the direction of Saint Petersburg, I also studied to do the bike route and I finally found Jordy to drive on small roads and cross typical Russian cities. This area was clearly richer and less inhospitable than what I saw before: the cities are more beautiful, the houses of the villages are very pretty with very elaborate shutters, it is easier to find fresh fruits of the season and I have even ended up finding organic eggs and chocolate not stuffed with chemical additives. After two months without buying eggs I was like a child who finds Easter eggs in his parents' garden! In addition to the setting and more suitable food, the Russian countryside has here charms through its inhabitants whose prosperity has allowed the development of many arts. Many are musicians, manufacturers of artistic objects, small local boxes, puppets, etc., and it was nice to have time with them. After a night invited with Jordy to sleep in a beautiful resort to be able to attend the semi-finals France-Belgium from the TV bar, I traveled alone to Saint Petersburg with a route on roads or very secondary roads to not to say tertiary or quaternary while trying to get away from the world of cars. I experimented wild Russia by wild camping every evening in the nature, and one day, wanting to take always smaller paths and take a shortcut, I had to walk 5 kilometers on an old forest road smashed by tractors that once used it, but now covered by lush vegetation with a soil composed of mud, large puddles and marshy areas to bypass. Crossing trees fallen to the ground, attacks mosquitoes, horseflies and other biting flies, big energy expenditure to progress meter by meter ... Each meter was a victory. My legs were covered with a mixture of sludge, sweat, blood and mosquito repellent. That was very hard! I finally came to the end of this path, and without meeting the many bears that live in this forest. The mosquitoes were vey ennoying in Russia. In the evening, I fell asleep under the tent with the sound of the wings of dozens of mosquitoes circling around me. To leave the tent for a natural need was the assurance of returning with new bites, despite all the precautions. One day, I had to pee while running so that the mosquitoes do not have time to land on me, walking was not enough. But all this is part of the game and the travel and I easily accept all these difficulties. Finally, after breaking my rear derailleur, Shimano deore XT 55,000 km long since 2014, and twisted the rear fork of my new titanium frame when the derailleur caught in the rear wheel, I was forced to the last 50 kilometers to Saint Petersburg by train. Saint Petersburg is a big city, very beautiful for a Russian city, with long avenues, a lot of pedestrians (I have never seen a city with so many pedestrians), some electric scooters and almost no bike even though the city is perfectly flat. It was hard to find a bike repair, I found a tiny bike / motorcycle repair shop who could repair the titanium frame. I found Jordy in the evening to tell us about our adventures. Muffled cannon shots was ear in the city, fired by warships stationed in the city: a way certainly for Vladimir Putin to show his muscles to the many tourists present at that time (there was the Saint Petersburg marathon the same day). In a general way I found the Russians very satisfied with their president, except for a few protestors, and I witnessed the patriotic values ​​transmitted in the national education system: during a school party at the end of year in a large village, a group of children on a platform sang songs while waving a small Russian flag, all under heavy police surveillance. Stranger to all this, I passed my way and continued to Finland.

Etape 924. Kazan – Tashnur. 81 kms.
Etape 925. Tashnur – Khyrkasi. 87 kms.
Etape 926. Khyrkasi – Route M7. 105 kms.
Etape 927. Route M7 – Nijni Novgorod. 129 kms.
Etape 928. Nijni Novgorod – Karabasikha. 77 kms.
Etape 929. Karabasikha – Palekh. 94 kms.
Etape 930. Palekh – Novo Talitsy. 80 kms.
Etape 931. Novo Talitsy – Tunoshna. 80 kms.
Etape 932. Tunoshna – Iaroslavl. 27 kms.
Etape 933. Iaroslavl – Dubrovki. 90 kms.
Etape 934. Dubrovki – Ivanovskoie. 95 kms.
Etape 935. Ivanovskoie – Grighorovo. 111 kms.
Etape 936. Grighorovo – Piestovo. 61 kms.
Etape 937. Piestovo – Poghorielka. 82 kms.
Etape 938. Poghorielka – Novinka. 72 kms.
Etape 939. Novinka – Niebolchi. 49 kms.
Etape 940. Niebolchi – Budogoshch. 77 kms.
Etape 941. Budogoshch – Saint Petersbourg. 50 kms.


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Article du Mercredi 29 aout 2018

10h39 - Etapes 899 – 923. Bichkek-Kazan (1950 kilomètres)

Après Bichkek, ma route plein nord vers un match de football m'a amené à traverser le Kazakhstan et son immense steppe. Après 3 semaines de montagne, je voyais cette plaine comme une récompense, mais ce fut au contraire une épreuve bien plus difficile que l'enchaînement de cols sur des routes non goudronnées. Le néant est terrible. Du vide on ne tire rien, à moins d'aller puiser au plus profond de soi pour faire de la méditation ou des activités mentales nouvelles comme des recherches scientifiques théoriques (l'absence totale de repères spatio-temporels fut l'occasion de me pencher sur les profondes questions liées à l'espace-temps et chercher en vain une théorie plus statisfaisante que celle d'Einstein) et de la littérature, tout juste 20 ans après l'abandon aux deux tiers de ma dernière oeuvre littéraire, "les confessions" de Jean-Jacques Rousseau, oeuvre principale à étudier pour le bac de français et qui m'avait valu un 02/20 à l'oral, tout juste sublimé par un 03/20 l'année suivante à l'épreuve de philosophie (ce qui ne m'a pas empêché d'obtenir le bac). Bon, n'allez pas croire que j'ai acheté un livre pour autant, il ne faudrait pas trop m'en demander non plus, mais ayant remarqué que les œuvres littéraires françaises vieilles de plus de 100 ans sont libres de droits, et que l'on trouve gratuitement sur le web des audiobooks en mp3 racontés par des lecteurs anonymes, j'ai téléchargé "le tour du monde en 80 jours" de Jules Verne, et l'ai écouté sur les puissantes enceintes 2*7W de mon vélo. Ca aide à passer le temps et m'a, au moins un peu, légèrement réconcilié avec la littérature. Dans les steppes, les difficultés d'approvisionnement en eau et en produits frais furent très pénibles : un jour, après plusieurs journées de vélo sans prendre de douche, j'ai dû me résoudre à prendre une douche dans les toilettes sèches d'un petit relai routier, en me versant dessus l'eau d'une bouteille d'1,5 litre d'eau minérale achetée dans le restaurant (qui n'avait pas l'eau courante). L'absence de fruits et d'œufs pendant des jours et des jours fut particulièrement pénible aussi, car je suis habituellement un gros consommateur de ces denrées et au mois de juin, j'aime avoir des bons fruits. Le néant à perte de vue fut déboussolant et un matin, je suis parti dans la mauvaise direction en reprenant la route dans le sens où j'étais arrivé la veille!...Avant de m'en rendre compte après deux kilomètres parcourus. Bref, j'en ai bavé dans ce pays. Poser les pieds dans le lac Balkash et faire des provisions dans la ville du même nom m'ont permis de reprendre de l'énergie, puis après tout s'est acceléré, car le long de la route, une voiture m'a proposé de m'avancer de 300 kilomètres jusqu'à la prochaine ville. Cela tombait bien, car après des crevaisons quotiennes avec les épines des buissons secs je n'avais plus de rustines. J'ai ensuite rejoint la capitale Astana en deux jours où j'ai pris mon premier jour de repos après 31 étapes consécutives depuis Douchanbe (2350 kilomètres dont une dernière de 184 kilomètres). La ville d'Astana est devenue la capitale du pays en remplacement d'Almaty il y a 20 ans. Les autorités ont investi depuis les milliards de revenu du pétrole de la mer Caspienne pour en faire une belle capitale, et la population a été multipliée par 3 en 20 ans, passant de 300 000 à 900 000 habitants. Tout est presque neuf donc. Les déplacements en voiture y sont largement encouragés, les déplacements à vélo tellement impossibles ou dangereux (la vitesse limite autorisée pour les voitures est à 60km/h et beaucoup vont plus vite) que les quelques très rares cyclistes que j'ai vu roulaient comme moi sur les trottoirs, montant ou descendant des bordures de trottoirs tous les 10 mètres. De plus, il fut impossible de trouver le moindre produit bio ou nourriture de qualité acceptable. Au final, il ne faut pas avoir peur de le dire, Astana est une vraie ville de merde et je ne m'y suis donc pas attardé. J'ai continué en direction du nord-ouest jusqu'à Atbassar où je me suis accordé une petite aide ferroviaire de 400 kilomètres en 10 heures dans un train de nuit : une très chouette expérience et des belles rencontres dans un train bien particulier et très confortable avec mon espace table-bureau qui se transformait en lit pour la nuit, le tout pour moins de 7 euros draps et thés inclus et avec une contrôleur super gentille qui a accepté mon vélo à bord alors qu'il n'y avait pas d'espace ou de place pour lui. Arrivé à Kostanai, je n'ai pas continué à vélo pour très longtemps, car après 20 kilomètres j'ai été pris dans un orage et des passagers du train qui me doublaient dans une petite voiture m'ont proposé de m'emmener chez eux 80 kilomètres plus loin. J'ai accepté et nous avons réussi à tout caser dans leur petite voiture, déjà très chargée, en étant très recroquevillés pour le trajet, puis chez eux ils m'ont hébergé et tout offert. Il y a vraiment des gens formidables partout dans le monde, quelque soit le pays je traverse! Ensuite, c'est bien en pédalant que j'ai longuement continué. J'ai rapidement rejoint la frontière russe que j'ai franchie librement sans visa étant donné que j'avais la carte de supporter pour la coupe du monde. 2018 est vraiment la bonne année pour visiter la Russie car à peu de choses près le prix d'un billet pour un match était le même que celui d'un visa touristique et je pouvais rester 6 semaines au lieu de 4.  Direction plein ouest désormais avec la traversée des montagnes de l'Oural par la route principale qui traverse la Russie d'est en ouest : une 2*1 voie avec un trafic quasi-ininterrompu de poids lourds principalement, hyper dangereux et hyper désagréables, clairement la plus mauvaise route que j'ai emprunté depuis le début du voyage. J'ai alterné des nuits dans des hôtels à moins de 10 euros (j'ai été surpris par le très faible niveau de vie des Russes) et des bivouacs dans des forêts peuplées d'ours, mais lorsque j'ai vu un ours vivant en captivité dans une cage (pour faire s'arrêter les gens près de l'un des très nombreux et pratiques cafés-restaurants du bord de route), j'ai soudainement arrêté de camper dans les bois, car cet animal est vraiment très impressionnant! Pour la nuit suivante, j'ai déniché un très bel hôtel indiqué sur le web à 13 euros la nuit et je m'y suis rendu, mais il fut impossible de trouver l'entrée alors j'ai demandé à un passant qui après bien des recherches a fini par le trouver, mais le prix est grimpé à 20 euros à la réception sans doute à cause de la taxe touristique (j'ai remarqué je devrais souvent payer plus que les russes). C'était toujours ok pour moi car j'étais fatigué alors j'ai donné un billet de 2000 roubles (26 euros) et on était censé me rendre 500 le lendemain car pas de monnaie. J'ai offert une plaque de bon chocolat au jeune qui m'avait aidé mais il n'en a pas voulu et l'a donné à la dame de la réception. Alors je lui ai donné ma bière fraîche danoise de 500 ml et il est parti. J'ai dormi, puis le matin la dame n'a pas voulu me rendre les 500 roubles prétextant que c'était pour "mon ami" qui m'avait aidé ou je ne sais quoi. Au final, avec le prix initial augmenté d'un supplément touristique, d'un supplément pour corruption, d'une délicieuse plaque de chocolat et d'une bonne bière fraîche, la nuit m'a coûté plus de 30 euros ce qui m'a vraiment fâché ! Après des kilomètres et des kilomètres supplémentaires en direction de l'Ouest, je suis finalement arrivé à l'heure à Kazan, le jour de mon anniversaire, pour assister à un huitième de finale de la coupe du monde de la FIFA. Pour ma plus grande joie, l'affiche fut un France-Argentine alors que j'aurai très bien pu avoir un Danemark-Croatie ou même un Australie-Islande, et j'avais une place en première catégorie. Une chouette récompense après en avoir bien bavé, il faut bien l'avouer, les semaines précédentes.

[EN]
After Bishkek, my road north to a FIFA World Cup match led me to cross Kazakhstan and its huge steppe. After 3 weeks of mountain, I saw this plain like a reward, but it was on the contrary a test much more difficult than the chain of passes on unpaved roads. Because nothingness kills, slowly. From emptiness we don't do much unless we go to deep of ourselves to do meditation or new activities like theoretical scientific research (the total absence of spatio-temporal references was an opportunity to lean on the deep issues related to space-time) and literature, just 20 years after the abandonment to two-thirds of my last literary work, "the confessions" of Jean Jacques Rousseau, main work to study for the french baccalaureate and for wich i had earned a 02/20 at oral, just sublimated by a 03/20 the following year in the test of philosophy (which did not stop me from having the baccalaureate) . Well, do not think I bought a book so far, so do not ask too much, but having noticed that French literary works over 100 years old are free of rights, and that there are free mp3 audiobooks on the web, told by anonymous readers, I downloaded Jules Verne's "Around the World in 80 Days", and listened to it while pedaling on the powerful 2 * 7W speakers of my bike. It helps to pass the time. The difficulties of supply of water and fresh products were very difficult, one day, after several sunny days without taking a shower, I had to make up my mind to take a shower in the dry toilets of a small road relay, pouring on the water from a 1.5 liter bottle of mineral water bought in the restaurant (which had no running water). The lack of fruit and eggs for days and days was particularly painful, because I am usually a big consumer of these foods and in June, I like to have good fruits. The nothingness in sight was also disorienting and one morning, I went in the wrong direction by taking the road in the sense that I arrived the day before, before realizing it two kilometers away. In short, I drooled in this country. Setting foot in Balkash Lake and making provisions in the city of the same name allowed me to regain energy and then after, all has accelerated, because along the road, a car offered me to advance 300 kilometers to the next city. It was good, because after punctures with the thorns of the dry bushes I had no more patches. I then joined the capital Astana in two days where I took my first day of rest after 31 consecutive stages since Dushanbe (2350 kilometers of which one last of 184 kilometers-115 miles). Astana became the capital of the country to replace Almaty 20 years ago. The authorities have invested billions of oil revenue from the Caspian Sea to make it a beautiful capital, and the population has increased three-fold in 20 years, from 300,000 to 900,000 people. Everything is new, therefore. Travel by car is encouraged, bike travel so impossible or dangerous (the limit speed allowed for cars is 60km/h -38mph- and many drivers goes more) than the few very rare cyclists I saw drove like me on the sidewalks, raising or lowering the edges every 10 meters. Moreover, impossible to find any organic product or quality food. In the end, do not be afraid to say it, it's a real shitty city so I did not dwell on it. I continued north-west to Atbassar where I gave myself a small railway assistance with 400 kilometers in 10 hours on a night train: a very nice experience and beautiful encounters in a very special and very comfortable train with my desk-table space that turned into bed for the night, all for less than 5 euros sheets and tea included and a super nice controller who accepted my bike on board when there was no space or room for him. Arrived in Kostanai, I did not continue cycling for a very long time, because after 20 kilometers I was caught in a storm and passengers of the train who doubled me in a small car offered to take me home 80 kilometers away. I agreed and we managed to fit everything in their little car already well loaded being very curled up for the ride, then at home they hosted me and everything offered : there are really great people all over the world. Then, it was good cycling that I continued for a long time. I quickly reached the Russian border that I crossed freely without a visa because I had the card to support for the World Cup. 2018 is really a good year to visit Russia because pretty much the price of the ticket for the match was the same as that of a tourist visa with its heavy formalities and I could stay 6 weeks instead of 4 with a visa . Heading west now with the crossing of the Ural mountains by the main road that crosses Russia from east to west: a 2 * 1 lane with a near-uninterrupted traffic of truck mainly, hyper dangerous and extremely unpleasant, clearly the worst route I have taken since the beginning of the trip. I alternated nights in hotels less than 10 euros (I was surprised by the very low standard of living of Russians) and bivouacs in forests populated by bears, but when I saw a living bear in captivity in a cage to stop people near one of the many and very practical roadside cafes, I suddenly stopped camping in the forest, because this animal is really very impressive! For the next night, I found on the web a very nice hotel indicated at 13 euros per night and I went there, but it was impossible to find the entrance so I asked a pedestrian who after some research eventually found it, but the price went up to 20 euros at the reception probably because of the tourist tax (I noticed I should often pay more than the Russians). It was still ok for me because I was tired so I gave a 2000 rubles (26 euros) note and i was supposed to get back 500 the next day because no change. I offered a plate of good chocolate at young man who had helped me but he did not want it he gave it to the lady at the reception, so I gave him my fresh 500ml Danish beer and he left, I slept and the morning the lady did not want to give me the 500 rubles claiming it was for "my friend" who had helped me or whatever, she who knew as many words of English as I knew Russian, about 10. In the end, with the initial price increased by a tourist supplement, a surcharge for corruption, a delicious chocolate plate and a good cold beer, the night cost me more than 30 euros which really angered me! After miles and miles further west, I finally arrived on time in Kazan, for my birthday, for my FIFA World Cup match. For my greatest joy, the match was a France-Argentina while I could vey well have a Denmark-Croatia, even an Australia-Iceland, and I had a place in first category. A nice reward after having a little suffer, we must admit, the previous weeks.


Etape 899. Bichkek – Korday. 29 kms.
Etape 900. Korday – Kainar. 55 kms.
Etape 901. Kainar – Birlik. 111 kms.
Etape 902. Birlik – Burumaimal. 120 kms.
Etape 903. Burumaimal – Route M36. 68 kms.
Etape 904. Route M36 – Route M36. 107 kms.
Etape 905. Route M36 – Balkhash. 126 kms.
Etape 906. Balkhash – Route M36. 86 kms.
Etape 907. Route M36 – Termitau. 58 kms.
Etape 908. Termitau – Astana. 184 kms.
Etape 909. Astana – Siemienovka. 50 kms.
Etape 910. Siemienovka – Route M36. 148 kms.
Etape 911. Route M36 – Karabalyk. 22 kms.
Etape 912. Karabalyk – Troitsk. 58 kms.
Etape 913. Troitsk – Route. 52 kms.
Etape 914. Route – Route. 90 kms.
Etape 915. Route – Route M5. 63 kms.
Etape 916. Route M5 – Sosnovka. 99 kms.
Etape 917. Sosnovka – Sim. 60 kms.
Etape 918. Sim – Surazhkii. 50 kms.
Etape 919. Surazhkii – Tarabierdino. 67 kms.
Etape 920. Tarabierdino – Laiashty. 68 kms.
Etape 921. Laiashty – Route M7. 83 kms.
Etape 922. Route M7 – Naberezhnye Chelny. 78 kms.
Etape 923. Naberezhnye Chelny – Kazan. 18 kms.


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Article du Mercredi 22 aout 2018

09h30 - Etapes 878 – 898. Douchanbé-Bishkek (1404 kilomètres)

[FR] (in english below)
J'ai atterri à Douchanbé le mercredi 2 mai 2018 après un vol de 700 kilomètres au-dessus du Turkménistan, l'un des pays les plus fermés au monde. De retour à la Green House Hostel, j'y ai rencontré un couple français qui arrivait de France à vélo, puis le lendemain Stéphane qui arrivait aussi de France à vélo accompagné depuis quelques jours d'un autre couple français qui arrivait aussi de France à vélo. Cela fait bien du monde qui arrive de France à vélo et c'est une sacré coïncidence de croiser Stéphane ici, car je suivais son tour du monde sur les réseaux sociaux depuis son départ il y a près d'un an. Tous se dirigent vers la route du Pamir où les températures descendent encore à -20 °C à cette période de l'année. Des sacrés courageux qui ont par ailleurs traversé les montagnes de la Turquie en hiver. J'ai repris la route au Tajikistan mais pas comme eux vers le Pamir que je connais déjà, mais par une route plus directe vers le nord du pays afin de me rendre rapidement en Russie où j'avais réservé un billet pour un huitième de finale de la coupe du monde de football devant opposer le premier du groupe C (France, Danemark, Pérou ou Australie) au deuxième du groupe D (Argentine, Islande, Nigéria ou Croatie) le 30 juin à Kazan. J'ai rejoint le nord du Tadjikistan par deux hauts cols à 2700 mètres d'altitude, en faisant de belles rencontres locales permettant de mettre à profit mes quelques notions de persan apprises en Iran (l'immense empire perse s'étendait autrefois jusqu'ici et le Tajikistan est un mélange d'influences perses et soviétiques), et de goûter quelques produit locaux comme ces grosses tiges de plantes que l'on croque crues avant de s'abreuver d'un verre de vodka, ou ces boulettes blanches de fromage sec. J'ai également fait la rencontre des "Colybride", un groupe de 4 étudiants français arrivant de France à vélo avec des prototypes de vélos de voyage Décathlon, sur la route venant de Samarcande. C'est vraiment incroyable de croiser autant de cyclos français au long cours en aussi peu de temps, et pas d'autres nationalités, la majorité des très nombreux touristes à vélo se rendant au Tadjikistan arrivant bien plus tard dans la saison. Nous avons interrompu nos étapes respectives pour bivouaquer tous ensemble dans un magnifique cadre montagneux. Le lendemain, je n'avais pas roulé en descente depuis plus de 10 minutes que j'ai croisé un tandem qui montait. Je me suis arrêté et devinez quoi? Ce couple arrivait aussi de France en pédalant! Le pays du fromage et du vin est quand même à plus de 8000 kilomètres ! C'est dingue ! J'ai poursuivi vers Khodjent ville du nord du Tajikistan et j'ai visité la ville avec deux étudiants locaux tadjiks rencontrés à Douchanbe. Puis j'ai fait route vers Och puis Bichkek, villes déjà traversées l'an passé, mais je n 'ai pas pris le même chemin (et cette fameuse montée de 4km à 20%). J'ai opté pour un formidable parcours de 500 kilomètres sur des petits chemins de terre et de pierre avec tous les jours des hauts cols à franchir et de la très bonne compagnie puisque j'ai d'abord roulé trois jours avec (devinez quoi!) un nouveau couple français arrivant de France à vélo (!) accompagné pour quelques jours par de la famille à eux (avec un enfant de 1 an dans une remorque), puis les trois jours suivants avec deux aventurières australiennes en mode "bikepacking" sur des "fatbikes", comprenez en mode très léger sur des vélos avec des pneus de 10 centimètres de large. En descente, elles me distançaient facilement, leurs vélos étant beaucoup plus confortables que le mien sur ce type de terrain (mes pneus ne font que 3,5 centimètres de large). Franchissement de cols dont les sommets sont taillés dans d'immenses murs de neige, enlisement dans la boue, orages, arcs-en-ciels, chevaux, nuits dans des yourtes, parfois spontanément invités, dégustations de produit locaux (lait de vache frais, mais pas l'odorant lait de jument, car j'ai peur de retomber malade), chemin le long du lac Son Koul à plus de 3 000 mètres d'altitude : cette partie du parcours fut vraiment magnifique, il faut dire que l'absence de trafic motorisé contribue pour beaucoup à avoir une atmosphère paisible et reposante pour profiter pleinement des paysages. Et dans ce pays très prisé des voyageurs à vélo, comment ne pas mentionner aussi sur cette route la rencontre de Jordy et de Coline, eux aussi cyclistes français en voyage au long cours, mais cette fois sur la route du retour vers la France et croisés à Kazarman. Nous avons passé une soirée ensemble. Enfin, je fus de retour à la Friendly Guest House de Bichkek, à quelques pas du magnifique bazar (marché couvert géant) de la ville, où j'ai pu refaire le plein de fruits et légumes frais (très difficiles à trouver les jours précédents) ainsi qu'une grosse réserve de mon mélange céréales/noix/fruits secs en vue de la longue traversée désertique du Kazakhstan.

[EN]
I landed at Dushanbe on Wednesday, May 2, 2018 after a 700-kilometer flight over Turkmenistan, one of the most closed countries in the world. Back at the Green House Hostel, I met a French couple who arrived from France by bike, then the next day Stéphane who also arrived from France by bike accompanied for a few days by another French couple who also arrived from France by bike. This is a lot of people who arrive from France by bike and it's a great coincidence to meet Stéphane here, because I followed his world tour on social networks since his departure almost a year ago. All heading for the Pamir road where temperatures are still down to -20 ° C at this time of the year. Brave souls who have also crossed the mountains of Turkey in winter. I took the road in Tajikistan but not like them to the Pamir I already know, but by a more direct route to the north of the country to quickly go to Russia where I booked a ticket for an eighth final of the football world cup between the first of the group C (France, Denmark, Peru or Australia) and the second group D (Argentina, Iceland, Nigeria or Croatia) on June 30 in Kazan. I cycled the two northern Tajikistan high passes at 2700 meters altitude, making beautiful local meetings to take advantage of my few notions of Persian learned in Iran (the vast Persian empire was formerly extended to here and Tajikistan is a mixture of Persian and Soviet influences), and to taste some local products like those big stems of plants which one crunches raw before drinking a glass of vodka, or these white dumplings of dry cheese. I also met the "Colybride", a group of 4 French students arriving from France by bike with prototypes Decathlon travel bikes, on the road from Samarkand. It's really amazing to meet so many long-term French cyclists in such a short time, and no other nationalities, as most of the many tourists cycling to Tajikistan arrive much later in the season. We interrupted our respective stages to wild camp all together in a beautiful mountainous setting. The next day, I had not driven downhill for more than 10 minutes when I came across a tandem that was coming up. I stopped and guess what? This couple also arrived from France pedaling! The country of cheese and wine is still more than 8000 kilometers! That's crazy ! I continued to Khodjent city in northern Tajikistan and visited the city with two local Tajik students met in Dushanbe. Then I went to Och and Bishkek, cities already crossed last year, but I did not take the same path (and its climb of 4km to 20%). I opted for a great route of 500 km on small dirt roads and stone with daily high passes to cross and very good company since I first drove three days with (guess what! ) a new French couple arriving from France by bike (!) accompanied for a few days by the family to them (with a child of 1 year old in a trailer), then the next three days with two Australian adventurers in "bikepacking" mode on "fatfikes", understand in very light mode on bikes with tires 10 centimeters large. Downhill, they were far behind me, their bikes being much more comfortable than mine on this type of terrain (my tires are only 3.5 centimeters large). Crossing passes whose peaks are carved in huge walls of snow, stagnation in the mud, storms, rainbows, horses, nights in yurts, sometimes spontaneously invited, local product tastings (fresh cow's milk, but not the scented mare's milk, because I'm scared of falling sick), way along Lake Son Kul at over 3000 meters altitude: this part of the course was really beautiful, it must be said that the the absence of motorized traffic makes a lot of sense to have a peaceful and relaxing atmosphere to take full advantage of the landscapes. And in this country very popular with bicycle travelers, how not to mention also on this road the meeting of Jordy and < a href = 'https: //www.cookandcycle.com/' target = '_ blank'> Coline , also French cyclists on a long trip, but this time on the road back to France and crossed in Kazarman. We spent an evening together. Finally, I was back to the Friendly Guest House of Bishkek, a few steps from the magnificent Bazaar ( giant market) of the city, where I was able to replenish fresh fruits and vegetables (very difficult to find in the previous days) and a big reserve of my dry cereals / walnuts mix for the long desert crossing to come in Kazakhstan.


INFO COMMENTAIRES : les commentaires fonctionnent mais il faut désormais répondre à une petite question mathématique antispam très facile (tout le monde devrait y arriver)

Etape 878. Douchanbé – Route M34. 50 kms.
Etape 879. Route M34 – Route M34. 36 kms.
Etape 880. Route M34 – Route M34. 56 kms.
Etape 881. Route M34 – Khodjent. 160 kms.
Etape 882. Khodjent – Route A376. 52 kms.
Etape 883. Route A376 – Isfara. 51 kms.
Etape 884. Isfara – Batken. 42 kms.
Etape 885. Batken – Route. 92 kms.
Etape 886. Route – Kyzyl-Kiya. 59 kms.
Etape 887. Kyzyl-Kiya – Och. 55 kms.
Etape 888. Och – Sherali. 54 kms.
Etape 889. Sherali – Jalalabat. 53 kms.
Etape 890. Jalalabat – Route. 57 kms.
Etape 891. Route – Route. 52 kms.
Etape 892. Route – Kazerman. 46 kms.
Etape 893. Kazerman – Route. 51 kms.
Etape 894. Route – Route. 72 kms.
Etape 895. Route – Route. 73 kms.
Etape 896. Route – Bulak. 69 kms.
Etape 897. Bulak – Tokmok. 158 kms.
Etape 898. Tokmok – Bishkek. 66 kms.


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Article du Jeudi 14 juin 2018

16h39 - Etapes 867 – 877. Yazd - Masshad (694 kilomètres)

[FR] (in english below)
Après Yazd, je m'attendais à une longue route à travers des paysages désertiques sans intérêts, mais j'ai été surpris par la beauté des décors. Après une première étape nulle et une nuit passée dans une mosquée, j'ai évolué pendant plusieurs jours dans des paysages de montagnes nues dont l'érosion rappelait le Sud-Ouest américain, et de surcroît souvent recouvertes d'un tapis salé blanc. J'ai tous les jours laissé le vélo pour aller marcher un peu dans ces montagnes extraordinaires. Le monde n'aura donc jamais fini de me surprendre ! J'ai même pu observer une tornade à environ un kilomètre de moi, avec ses vents tourbillonnants et sa colonne verticale joignant la Terre au Ciel. Et moi qui pensais que ce phénomène ne se produisait que dans le centre des Etats-Unis et que je n'en verrais jamais de ma vie... C'était une petite tornade, mais cela reste un phénomène spectaculaire et fascinant qui semblait tout droit sorti du surnaturel. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises et dans ces paysages gigantesques dignes de l'Ouest américain, le grand show des forces de la nature ne faisait pourtant que commencer. En effet, après 16 étapes de vent de face depuis Dubaï, j'ai enfin eu le vent dans le dos lors de 872ème étape de cette ballade cycliste mondiale. Et au moment d'arriver dans la seule localité à 100 kilomètres à la ronde, j'avais déjà parcouru 110 kilomètres les doigts dans le nez et j'avais reçu une invitation pour dormir dans cette ville. Mais je me voyais bien aussi profiter du vent pour faire encore 40 ou 50 bornes et camper dehors. D'un autre côté, la météo annonçait de la pluie pour la nuit et vu la chaleur, je craignais un possible orage, chose que je déteste vivre en pleine nature. Après une longue hésitation, j'ai choisi l'option invitation. Une heure plus tard, alors que venais tout juste de rencontrer mon hôte Majid, finalement un ami de la personne qui m'avait initialement invité, une très violente et impressionnante tempête de sable s'est soudainement abattue sur la ville. Je ne sais pas ce que je serais devenu seul dans la nature au milieu d'un tel déferlement de vents déchaînés et de sable ! J'ai vraiment fait le bon choix ! Nous avons accroché en 2-2 mon vélo sur la porte arrière de son 4*4 Toyota Land Cruiser Série 4 vieux de 45 ans, mis la musique et il m'a conduit dans son village (روستای آبخورگ) à 10 kilomètres de là, un village historique qu'il aime faire visiter aux touristes. Nous avons déambulé le lendemain dans les ruelles et les maisons construites dans un mélange de terre et de paille. Il m'a expliqué l'histoire et le mode de vie d'antan puis m'a emmené à l'observatoire astronomique qui surplombe le village. Enfin, j'ai repris la route vers Kasmar où j'ai été hébergé par Majid, un hôte du réseau warmshowers. Nous avons notamment visité le beau "Holy Shrine" (lieu religieux) de Kasmar. Sur la route, j'ai rencontré une famille à 5 sur une mobylette qui m'ont invité à dormir chez eux quelques jours plus tard à Masshad. J'ai continué vers Nishapur pour aller retrouver Mohammad qui m'avait hébergé l'an dernier. Il est venu me chercher au sommet d'un col et ce fut une grande joie de le retrouver ainsi que sa famille. Les trois journées passées chez lui furent intenses, on m'a offert à longueur de journée des boissons locales (dont le fameux Khakchir) préparées par la maman et des repas. Nous avons aussi pris part à l'inauguration de la première piste cyclable de la ville et j'ai été invité à faire un petit discours à la fin, puis le maire de la ville m'a remis une bague avec une pierre précieuse locale turquoise en guise de cadeau. Un ami de Mohammad m'a quant à lui offert un powerbank, batterie externe rechargeable par la dynamo du vélo pour charger mon téléphone ou mon ordinateur. Un autre ami de Mohammad a réparé gratuitement ma selle en cuir, alors que j'avais perdu une partie du dispositif et la pensait bonne pour la poubelle. À coup de chalumeaux et de disqueuse puis de peinture noire pour la finition, bravo et merci. Quant à Salman, un autre ami de Mohammad, vendeur de vélo, il a réparé ma direction sérieusement abîmée par le trajet en 4*4, a inventé un système pour remonter le porte-bagage et a nettoyé mon boîtier de pédalier et ne m'a rien fait payer non plus, au contraire il nous a invité à dîner le soir chez lui. Enfin, Matin, un autre ami de Mohammad d'une agence de voyage m'a obtenu un demi tarif pour le trajet Masshad-Douchanbé, à 75 euros au lieu de 150 l'an dernier. Enfin nous sommes allé à la poste pour envoyer un colis vers la France et c'est de nouveau allégé avec un sac Orlieb de 13L en mois que j'ai quitté Nishapur. Au moment de se quitter, la maman et la famille qui m'ont accueilli 3 jours l'an passé et 3 jours cette année, m'ont demandé : "quand est-ce que tu reviens?!". Il fut difficile de les quitter et de leur faire comprendre que je ne reviendrais certainement pas avant une dizaine d'années. Enfin, j'ai pris le bus pour Masshad (1 euro pour 120 kilomètres) sur une grosse route sans intérêt déjà empruntée l'an dernier et j'ai rejoint la famille de Amin qui m'avait invité précédemment à 5 sur une mobylette. Eux aussi m'ont gâté et offerts boissons, repas et jolis cadeaux. Nous avons visité le Holy Shrine, vaste et magnifique complexe religieux en l'honneur de l'imman Reza, le seul des immans musulmans originels (envoyés par le prophète Mahommet) à avoir son tombeau en Iran. Masshad est donc le principal centre religieux du pays. Le Holy Shrine est un endroit immense et magnifique à l'atmosphère très speciale avec tous ses bâtimements qui brillent de milles étoiles et tous ces fidèles venus de divers pays musulmans offrant au visiteur occidental une expérience de voyage unique et transportante. Ensuite, voulant éviter les démarches administratives incertaines pour entrer au Turkménistan j'ai comme l'an passé survolé le pays. De circonstances diverses et d'une prise de risque m'ont évité de payer les 150 euros pour le transport du vélo, au final cela fit un vol 4 fois moins cher que l'an passé! J'ai quitté l'Iran par les airs avec un petit pincement au cœur après y avoir passé 3 des 10 derniers mois et traversé le pays dans 3 diagonales différentes. J'y ai clairement trouvé les gens les plus gentils du monde, un fort sentiment de sécurité, et été témoin des liens historiques importants avec la France. Le vocabulaire est souvent emprunté à la langue française (merci, camion, séchoir, coussin, "y" prononé "i grec" en math...) et on m'a rappelé que c'est en France que s'est réfugié le leader de la révolution islamique de 1979, avant de retourner dans son pays à la chute du roi. J'ai aussi été témoin de leur antipathie envers les Américains, à une exception près le soir du dernier dinner à Masshad, et qui fait toujours sourir : la bouteille rouge d'une célèbre boisson gazeuse qui était posée sur la table au mileu des plats locaux...Les problèmes politiques sont bien faibles devant les appels des papilles gustatives. Au revoir l'Iran et merci pour tout! Men Iran ra douste daram. Et encore merci !

Etape 867. Yazd – Saqand. 80 kms.
Etape 868. Saqand – Route 68. 82 kms.
Etape 869. Route 68 – Route 68. 76 kms.
Etape 870. Route 68 – Route 68. 62 kms.
Etape 871. Route 68 – Tabas. 64 kms.
Etape 872. Tabas – Eshqababd. 111 kms.
Etape 873. Eshqababd – Route . 59 kms.
Etape 874. Route – Route . 72 kms.
Etape 875. Route – Kashmar. 52 kms.
Etape 876. Kashmar – Route . 16 kms.
Etape 877. Route – Nishapur (Masshad). 20 kms.


[EN]
After Yazd, I was expecting a long road through deserted landscapes without interest, but I was surprised by the beauty of the scenery. After a first stage with a night spent in a mosque, I evolved for several days in bare mountain landscapes whose erosion was reminiscent of the American Southwest, and in addition often covered with a white salt carpet. I left the bike every day to go for a walk in these extraordinary mountains. The world will never stop surprising me! I even observed a tornado about a mile away from me, with its swirling winds and its vertical column joining the Earth to Heaven. And I thought that this phenomenon was happening only in the center of the United States and that I would never see in my life ... It was a small tornado, but it remains a spectacular and fascinating phenomenon that seems all right out of the supernatural. But I was not at the end of my surprises and in these gigantic landscapes worthy of the American West, the big show of the nature was however only beginning. Indeed, after 16 stages of headwind since Dubai, I finally had the wind in the back during 872nd stage of this world cycling ballad. And by the time I arrived in the only locality 100 kilometers away, I had already cycle 110 kilometers easily and had received an invitation to sleep in this city. But I also saw myself taking advantage of the wind to make another 40 or 50 kilometers and camp out. On the other hand, the weather forecast rain for the night and the heat, I feared a possible storm, something I hate living in the wild. After a long hesitation, I chose the invitation option. An hour later, when I had just met my host Majid, finally a friend of the person who had initially invited me, a very violent and impressive sandstorm suddenly fell on the city. I do not know what I would have become alone in the wild in the midst of such a wave of unbridled winds and sand! I really made the right choice! We quickyl hung my bike on the back door of his 45-year-old 4*4 Toyota Land Cruiser Series 4, put the music and he drove me to his village (روستای آبخورگ) 10 kilometers away, a historic village that he likes to show to tourists. We wandered the next day in alleys and houses built in a mixture of earth and straw. He explained the history and lifestyle of the past and took me to the astronomical observatory overlooking the village. Finally, I took the road to Kasmar where I was hosted by Majid, a host of the network warmshowers. We visited the beautiful "Holy Shrine" (religious place) of Kasmar. On the road, I met a family of 5 on a moped that invited me to sleep at home a few days later in Masshad. I continued to Nishapur to find Mohammad who had hosted me last year. He picked me up at the top of a pass and it was a great joy to meet him and his family. The three days spent at home were intense, I was offered all-day drinks (including the famous Khakchir) prepared by the mother and meals. We also took part in the inauguration of the first bike path of the city and I was invited to make a small speech at the end, and then the mayor of the city gave me a ring with a turquoise local gemstone as a gift. A friend of Mohammad gave me a powerbank, rechargeable external battery by the bike dynamo to charge my phone or my computer. Another friend of Mohammad repaired my leather saddle for free, while I had lost part of the device and thought it was good for the trash. With blowtorches and grinder and black paint for finishing, congratulations and thank you! As for Salman, another friend of Mohammad, bike salesman, he repaired my seriously damaged bike by the 4 * 4 ride, invented a system to put the luggage rack up and cleaned my bottom bracket. Did not pay anything either, on the contrary he invited us to dinner at his home. Finally, Matin, another friend of Mohammad from a travel agency got me a half price for the trip Masshad-Dushanbe, 75 euros instead of 150 last year. Finally we went to the post office to send a package to France and it is again lightened with an Orlieb bag of 13L removed that I left Nishapur. At the time of leaving, the mother and the family who welcomed me 3 days last year and 3 days this year, asked me: "when do you come back ?!". It was difficult to leave them and to make them understand that I would not come back for at least a decade. Finally, I took the bus for Masshad (1 euro for 120 kilometers) on a big road without interest already borrowed last year and I joined the family of Amin who had invited me previously to 5 on a moped. They too spoiled me and offered drinks, meals and nice gifts. We visited the Holy Shrine, a vast and magnificent religious complex in honor of the imman Reza, the only original Muslim imman (sent by the prophet Mahommet) to have his tomb in Iran. Masshad is therefore the main religious center of the country. The Holy Shrine is a huge and beautiful place with a very special atmosphere, with all its buildings shining like thousand stars and all these faithful coming from various Muslim countries offering the Western visitor a unique and transporting travel experience. Then, wanting to avoid the uncertain administrative procedures to enter Turkmenistan I have as last year flew over the country. Various circumstances and a risk taking avoided me to pay the 150 euros for the transport of the bike, in the end it made a flight 4 times cheaper than last year! I left Iran by air with a little heartache after spending 3 of the last 10 months and crossed the country in 3 different diagonals. I have clearly found the kindest people in the world, a strong sense of security, and witnessed important historical ties with France. The vocabulary is often borrowed from the French language and I was reminded that it is in France that took refuge leader of the Islamic revolution of 1979, before returning to his country at the fall of the king. I also witnessed their antipathy towards the Americans, with one exception on the evening of the last dinner in Masshad, and who always makes smile: the red bottle of a famous soda drink that was placed on the table in the middle of the local dishes... The political problems are very weak in front of the appeals of the taste buds. Goodbye Iran and thank you for everything! Men Iran ra douste daram. And thank you again!

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