Ou suis-je / Where am i?
27/10/2017 :
Beyneu, Kazakstan


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Article du lundi 4 décembre 2017 à 19h28

Etapes 806 ‚Äď 824. Samarcande ‚Äď Aktau (1798 kilom√®tres) (1/2)

[FR] (in english below)
L'Ouzb√©kistan est un beau pays, mais avec une contrainte importante pour les voyageurs √† v√©lo : tous les 3 jours maximum, il faut dormir dans un h√ītel pour y √™tre enregistr√©, ce qui est parfois difficile en raison de la distance entre les villes. De Samarcande √† Boukhara, c'√©tait 270 kilom√®tres. Apr√®s Boukhara, la prochaine ville √©tait situ√©e √† 380 kilom√®tres, ce qui est d√©j√† plus difficile. 380 kilom√®tres √† effectuer en 3 jours, soit une moyenne de 127 kilom√®tres par jour, par la route A380, une route au nom d'un avion de ligne europ√©en, √©chec commercial, dans un pays dans lequel le jeu d'√©checs est tr√®s populaire. Une co√Įncidence ? Je n'ai pas √©chou√© dans cette tentative. Peu apr√®s le d√©collage √† Boukhara, j'ai d'abord subi d'importantes turbulences pendant 100 kilom√®tres √† cause d'une route en tr√®s mauvais √©tat. Puis cela s'est am√©lior√© avec une route toute neuve. J'ai travers√© le d√©sert du Kizilkoum en observant de nombreux √©cureuils de terre et leurs pr√©dateurs : des renards, deux gros rapaces (probablement des aigles royals), un serpent, et sur une bande de deux kilom√®tres de long une √©trange plante de la forme d'un mini-arbre, mais √† la tige dure et creuse, semblant sortie tout droit de la pr√©histoire et dont personne n'a pu me dire le nom, certains locaux pr√©tendant m√™me qu'il n'y avait pas cela dans leur pays. J'ai atterri √† To'rtku'l de nuit apr√®s 3 jours, mais aucun h√ītel n'√©tait habilit√© √† enregistrer un √©tranger. Ils avaient m√™me l'interdiction de m'h√©berger. Un h√ītel m'a tout de m√™me laiss√© dormir sans me d√©clarer et en me demandant de partir tr√®s t√īt le lendemain par la porte arri√®re. Ensuite, j'√©tais en situation irr√©guli√®re, car non enregistr√© pendant 4 jours, et un peu perturb√©, me demandant si j'allais accepter de payer une amende √† la sortie du pays alors que j'√©tais en v√©lo, et ce qu'il se passerait si je refusais. Le jour suivant plut√īt que de continuer ma route vers la prochaine ville qui √©tait √† 180 kilom√®tres ce qui aurait fait une nuit suppl√©mentaire sans enregistrement, j'ai fait un grand virage √† gauche pour aller √† Khiva, une ville √† 80 kilom√®tres dont j'avais d√©j√† entendu des choses positives. J'y ai retrouv√© Cl√©o et Mona, deux suissesses d√©j√† rencontr√© √† Samarcande. En Ouzb√©kistan, les routes des voyageurs se recroisent souvent, √† cause des obligations d'enregistrement, du peu de choix pour de l'h√©bergement pas cher, des villes touristiques incontournables et de la forme du pays tout en longueur. R√©guli√®rement, j'√©tais d√©j√† connu quand j'arrivais dans une nouvelle ville. "Ah, c'est toi le cycliste fran√ßais qui voyage depuis 4 ans en faisant un site de math ? J'ai entendu parler de toi dans telle ville, ravi de te rencontrer !". Apr√®s Khiva, ville avec un centre historique tr√®s typique, joli et int√©ressant j'ai rejoint Noukous o√Ļ j'ai retrouv√© deux voyageurs fran√ßais : Reynald, d√©j√† rencontr√© √† Khiva, et Patrice, d√©j√† rencontr√© √† Tashkent puis Samarcande. Dans cette grande ville, je devais poster un courrier et des cartes postales et retirer de l'argent. Je n'ai pas pu trouver de bureau de poste, il y avait seulement des bureaux pour passer des appels t√©l√©phoniques et envoyer des t√©l√©grammes, ces petits messages cod√©s que je pensais √† jamais enfouis dans l'histoire voire la pr√©histoire des communications. Au alors il fallait chercher le "air service" de l'a√©roport et j'ai abandonn√©. J'ai eu moins de difficult√©s pour retirer de l'argent, ce qui se fait en deux √©tapes : d'abord retirer un billet de 100 dollars puis le changer au guichet suivant contre 800 000 sums, la monnaie locale. M'ont-ils donn√© 8 billets de 100 000? Non. 80 billets de 10 000? Non plus, il ne faut pas r√™ver. La dame au guichet m'a √©chang√© mon billet de 100 dollars contre 800 billets de 1000 sums qui valent chacun 10 centimes d'euro. L'Ouzb√©kistan n'utilise pas de grosses coupures, le plus gros billet que j'ai eu dans les mains en un mois est celui de 10 000 sums, soit un euro. Payer avec autant de petits billets est une gal√®re, ainsi pour payer 8 plaques de chocolat cela m'a pris plus de temps pour payer que pour choisir les plaques, car il fallait que je compte 64 billets puis attendre que la caissi√®re les recompte de son c√īt√©. Les habitants ont d√©velopp√© une certaine technique pour compter les billets et ont une tr√®s grande dext√©rit√©, je pense qu'ils sont les champions du monde pour cela. Ce fut plus simple ensuite pour payer les deux nuits dans la "conf√©rence room" de l'h√ītel (24 euros) car les billets √©tant rang√©s par liasses de 100, j'ai du juste donner deux liasses et compter 40 billets. De son c√īt√©, l'h√ītel √©tait √©quip√© d'une machine pour compter les billets √† une vitesse fulgurante.

[EN]
Uzbekistan is a beautiful country, but with an important constraint for cyclists: every 3 days maximum, you have to sleep in a hotel to be registered, which is sometimes difficult because of the distance between cities. From Samarkand to Bukahra it was 270 kilometers. After Bukhara, the next town was 380 kilometers away, which is more difficult. 380 kilometers to be made in 3 days, an average of 127 km per day, by the A380 road in the name of a European airliner, big commercial failure, in a country in which the game of chess is very popular. (failure and chess transslate in a same word ‚Äú√©chec‚ÄĚ in french). A coincidence ? I did not fail in this attempt. Shortly after takeoff in Bukhara, I first suffered severe turbulence for 100 kilometers because of a road in very bad condition. Then it improved with a brand new road. I crossed the Kizilkum desert observing many ground squirrels and their predators: foxes, two large raptors (probably golden eagles), a snake, and on a two-kilometer long band a strange plant of the form of a mini-tree, but the stem hard and hollow, seeming straight out of prehistory and which no one could tell me the name, some locals even claiming that there was not that in their country . I landed at To'rtku'l by night after 3 days, but no hotel was allowed to register a stranger. They were even forbidden to shelter me. One hotel still let me sleep without declaring myself and asking me to leave very early the next day through the back door. Then, I was in an irregular situation, because I was not registered for 4 days, and a little disturbed, wondering if I would accept to pay a heavy fine when leaving the country while I was cycling, and what it would happen if I refused. The next day, rather than continue on my way to the next city that was 180 kilometers away, which would have made an extra night without registration, I made a big left turn to go to Khiva, a city 80 kilometers away, wich i had already heard positive things. I found Cl√©o and Mona, two Swiss girls already met in Samarkand. In Uzbekistan, travelers' roads often cross again, due to registration requirements, lack of choice for cheap accommodation, unmissable tourist cities and the long form of the country. Regularly, I was already known when I arrived in a new city. "Ah, it's you the French cyclist who has been traveling for 4 years doing a math website, I heard about you in such a city, nice to meet you!" After Khiva, a city with a very typical, pretty and interesting historical center I joined Nukus where I found two French travelers: Reynald, already met in Khiva, and Patrice, already met in Tashkent then Samarkand. In this big city, I had to post a mail and postcards and withdraw money. I could not find a post office, there were only offices to make phone calls and send telegrams, those little coded messages that I thought would never be buried in history - even the prehistory of communications. At the time it was necessary to look for the "air service" of the airport and I gave up. I had less trouble withdrawing money, which is done in two steps: first withdraw a $ 100 bill and then change it at the counter later for 800,000 sums, the local currency. Did they give me 8 100,000 bills? No. 80 of 10,000? No, do not dream. The lady at the ticket office exchanged my $ 100 banknotes for 800 1000-sums banknotes, each worth 10 euro cents. Uzbekistan does not use large denominations, the biggest banknotes I had in my hands in a month is 10,000 sums (one euro). Paying with so many small notes is a hassle, so to pay 8 chocolate plates it took me longer than to choose the plates, because I had to count 64 banknotes and then wait for the cashier to recount on his side. The locals have developed a certain technique to count the banknotes and have a great dexterity, I think they are the world champions. It was easier to pay both nights in the "conference room" of the hotel (24 euros) because the banknotes are arranged in bundles of 100, I just give two bundles and count 40 tickets. For its part, the hotel was equipped with a machine to count the banknotes at a blazing speed.

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Article du jeudi 23 novembre 2017 à 08h06

Etapes 798 ‚Äď 805. Bichkek ‚Äď Samarcande (699 kilom√®tres)

[FR]
Je suis rest√© deux semaines √† Bichkek, capitale du Kirghizistan, afin de demander et d'obtenir les visas iranien et ouzbek, passant les journ√©es √† faire du d√©veloppement web sur l'ordinateur, √† jouer au ping-pong et √† boire des bi√®res avec les autres voyageurs de la "friends guest house". Il y avait beaucoup de voyageurs √† v√©lo et beaucoup de voyageurs fran√ßais aux histoires toutes plus belles et les unes que les autres. L'auberge √©tait id√©alement situ√©e √† c√īt√© du grand bazar de la ville. En Asie centrale, les bazars sont des immenses march√©s ext√©rieurs permanents couverts par des structures m√©talliques ouvertes, dans lesquels on trouve de tout. Le bazar de Bichkek √©tait magnifique, immense, et les prix incroyablement bas. Par exemple, les framboises et les fraises √©taient √† 1,2 euro le kilo, soit 10 fois mois cher qu'en France pour les framboises. Cela tombait bien, car j'adore les framboises ! J'ai achet√© tous les jours 500 grammes de framboises, 500 grammes de fraises et un petit pot de cr√®me et j'ai mang√© du matin au soir des m√©langes de fruits rouges frais broy√©es dans de la cr√®me fra√ģche et du sucre en poudre. Apr√®s Bichkek, j'ai continu√© la route vers l'ouest, et non pas vers l'est vers le Japon comme initialement pr√©vu, car la Chine ne d√©livre plus depuis cette ann√©e de visas touristiques depuis ses ambassades d'Asie centrale, et le visa touristique russe ne peut √™tre demand√© que depuis la France. J'ai choisi un itin√©raire pour retourner en Iran et continuer d'explorer ce beau pays, voir les principaux endroits touristiques que j'ai tous loup√©s en traversant par le nord en juillet, avant de prendre un ferry pour Duba√Į puis un vol vers la France avant no√ęl. Comme en juillet, je n'ai pas demand√© le visa turkm√®ne, √† l'issue tr√®s incertaine pour un visa de transit de seulement 5 jours. J'ai pr√©f√©r√© faire un long d√©tour pour rejoindre l'Iran par l'Azerba√Įdjan apr√®s un ferry sur la mer Caspienne depuis le Kazakhstan. La route vers Tachkent, capitale de L'Ouzb√©kistan m'a fait passer 5 jours dans le sud du Kazakhstan, les paysages furent constitu√©s d'immenses plaines avec des herbes basses et s√®ches, un vue sur les montagnes au sud, et toujours quelques rencontres int√©ressantes avec les locaux. Je suis mont√© √† deux reprises dans des voitures qui m'ont propos√© de m'avancer de quelques kilom√®tres pour des raisons diverses (pluie et froid, route interdite aux cyclistes) et un soir j'ai aussi √©t√© invit√© √† dormir dans un h√ītel en r√©novation tenu par des ouvriers tr√®s sympathiques qui m'ont offert √† manger et un lit. Ils m'ont offert beaucoup de verres de vodka, dans ce pays, il faut faire attention √† ne jamais avoir le verre vide sinon ils le remplissent de suite et on peut vite √™tre saoul. Ils prennent la vodka avec des l√©gumes frais ou du pain tremp√© dans une sauce √©pic√©e √† la tomate, c'est int√©ressant et bon. J'ai ensuite pass√© la fronti√®re Ouzb√®que, sa capitale Tashkent et fait route vers la tr√®s touristique Samarcande, ancienne √©tape majeure de la route de la soie, et donc tr√®s riche avec des beaux b√Ętiments des ann√©es 1400/1500/1600. Il fut difficile de trouver des endroits pour bivouaquer √† cause de l'agriculture intensive (coton) de l'irrigation, des plaines sans relief et de l'urbanisation. Une nuit, alors que je franchissais une barri√®re de s√©curit√© pour aller planter ma tente dans le contrebas de la route, j'ai √©t√© attrap√© par un policier qui m'a dit que je ne pouvais pas dormir l√† et m'a trouv√© quelqu'un pour m'h√©berger dans le village suivant. Encore un gars bien sympa qui m'a tout offert, je garderai de lui r√©flexion identique √† celle des ouvriers kazakhs quelques jours plus t√īt : "aux USA, il y a des tueries de masse et des ouragans, au Japon il y a des tremblements de Terre, en Asie il y a des tsunamis, en Europe il y a des migrants, en France et il y a le terrorisme : nous en Ouzb√©kistan, nous n'avons jamais aucun probl√®me. Ils sont fiers de leurs boxeurs qui ont rapport√© des m√©dailles olympiques de Rio, de leurs champions d'√©checs, et vivent heureux avec peu de moyens. J'ai ensuite poursuivi ma route. Mon arriv√©e √† la nuit tombante sur le boulevard p√©riph√©rique de Samarcande fut stopp√©e par un policier qui a travers√© la route pour me confisquer mon appareil photo alors que je venais de photographier une √©norme pancarte avec le mot Samarcande dessus. Il m'a dit que c'√©tait interdit de prendre cette pancarte en photo et que je pouvais seulement photographier la pancarte suivante, ce qu'un pi√©ton m'a confirm√©. Le policier a fait venir son coll√®gue puis a commenc√© √† me parler de dollars et de prison, dessinant des barreaux avec ses doigts et mimant une cl√© qui tourne dans une serrure pour se faire comprendre, son niveau d'anglais √©tant inf√©rieur √† mon niveau de russe, lui-m√™me tr√®s proche du niveau z√©ro. M'envoyer en prison pour une photo de Samarcande, ville touristique par excellence, alors que j'avais un visa touristique en r√®gle ? La situation embarrassante a bien dur√© une vingtaine de minutes. Je ne parvenais pas √† m'en d√©faire, je les ai suspect√©s d'√™tre des faux policiers et je me voyais bien mal embarqu√©, mais finalement, ils ont fini par effacer mes photos d√©rangeantes, comme je leur avais initialement r√©clam√© et m'ont laiss√© partir. En partant, ils m'ont expliqu√© qu'en plus de prendre ce panneau officiel de Samarcande, ce qui √©tait interdit, j'avais pris en photo un petit radar qui √©tait fix√© sur un projecteur qui √©clairait le panneau, et avec lequel ils faisaient des contr√īles de vitesse. J'ai pu ensuite reprendre la route vers le centre de Samarcande.

Etape 798. Bishkek - Mynkazan. 96 kms.
Etape 799. Mynkazan ‚Äď Taraz (+voiture env 70km). 75 kms.
Etape 800. Taraz - Shakpakbaba. 80 kms.
Etape 801. Shakpakbaba - Shymkent. 95 kms.
Etape 802. Shymkent ‚Äď Tashkent (+voiture env 80km). 33 kms.
Etape 803. Tashkent - Daehqonobod. 84 kms.
Etape 804. Daehqonobod - Jizzax. 130 kms.
Etape 805. Jizzax - Samarcande. 106 kms.


[EN]
I stayed two weeks in Bishkek, capital of Kyrgyzstan, to request and obtain the Iranian and Uzbek visas, spending the days doing web development on the computer, playing tennis table and drinking beer with other travelers from the "friends guest house". There were a lot of bike travelers and a lot of French travelers with stories all the more beautiful and each other. The hostel was ideally located next to the big bazaar of the city. In Central Asia, the bazaars are huge permanent external markets covered by open metal structures, in which one finds everything. The Bishkek Bazaar was beautiful, huge, and the prices incredibly low. For example, raspberries and strawberries were at 1.2 euros per kilo, which is 10 times less expensive than in France for raspberries. It was good because I love raspberries! I bought every day 500 grams of raspberries, 500 grams of strawberries and a small jar of cream and I ate from morning till night mixtures of fresh red fruits crushed in cream and powdered sugar. After Bishkek, I continued the route westward, not eastward to Japan as originally planned, since China has not issued tourist visas since this year from its Central Asian embassies, and Russian tourist visa can only be requested from France. I chose a route to return to Iran and continue to explore this beautiful country, see the main tourist spots that I missed while crossing the north in July, before taking a ferry to Dubai and a flight to the France before christmas. As in July, I did not apply for the Turkmen visa, at the end very uncertain for a transit visa of only 5 days. I preferred to make a long detour to reach Iran via Azerbaijan after a ferry on the Caspian Sea from Kazakhstan. The road to Tashkent, the capital of Uzbekistan made me spend 5 days in southern Kazakhstan, the landscapes consisted of huge plains with low grass and dry, a view of the mountains to the south, and always a few meetings interesting with locals. I went twice in cars that offered me to advance a few kilometers for various reasons (rain and cold, road forbidden for cyclists) and one night I was also invited to sleep in a hotel in renovation held by very nice workers who offered me food and a bed. They offered me lots of glasses of vodka, in this country you have to be careful never to have the empty glass or they fill it up right away and you can get drunk. They take vodka with fresh vegetables or bread dipped in a spicy tomato sauce, it's interesting and good. I then crossed the Uzbek border, its Tashkent capital, and traveled to the very touristy Samarkand, a major milestone of the Silk Road, and therefore very rich with beautiful buildings from the 1400/1500/1600 years. It was difficult to find places to camp because of intensive agriculture (cotton) irrigation, low-lying plains and urbanization. One night, as I was crossing a security fence to pitch my tent down the road, I was caught by a policeman who told me that I could not sleep there and found someone one to house me in the next village. Another very nice guy who gave me everything, I will keep his reflection identical to that of Kazakh workers a few days earlier: "In the US, there are mass killings and hurricanes, in Japan there are hearthquakes, in Asia there are tsunamis, in Europe there are migrants, in France and there is terrorism, in africa there is ISIS: we in Uzbekistan, we never have any problem. They are proud of their boxers who reported Rio's Olympic medals, their chess champions, and live happily with few money. Tthen I went on my way, and my arrival at nightfall on the Samarkand ring road was stopped by a policeman crossing the road, to confiscate my camera when I had just photographed a huge sign with the word Samarcande on it. He told me that it was forbidden to take this sign in photo and that I could only photograph the next sign, which a pedestrian confided to me The policeman summoned his colleague and then began to talk to me about dollars and jail, drawing bars with his fingers and mimicking a key that turns in a lock to make himself understood, his level of English being lower than my Russian level, itself very close to the zero level. Send me to jail for a photo of Samarkand, a tourist city par excellence, when I had a tourist visa in order? The embarrassing situation lasted about twenty minutes. I could not get rid of them, I suspected them to be fake policemen and I could not see myself on board, but eventually they ended up erasing my disturbing photos, as I had originally requested them to do. On leaving, they explained to me that in addition to taking this official sign of Samarkand, which was forbidden, I had photographed a small radar which was fixed on a projector which illuminated the panel, and with which they made speed checks. I was able to drive back to the center of Samarkand.

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Article du jeudi 9 novembre 2017 à 20h12

Etapes 783 ‚Äď 797. Fronti√®re Kirghizistan ‚Äď Bichkek (833 kilom√®tres) (3/3)

[FR]
(suite de l'article précédent)
D√©sormais seul et malade loin de toute pr√©sence humaine, sans eau potable et avec un tr√®s haut col √† franchir, j'ai ramass√© du bois au sol, fait un feu, fait bouillir l'eau d'un torrent, laiss√© infuser du th√© n√©palais dedans et plant√© ma tente √† 11 heures du matin car je me sentais incapable de franchir cet obstacle. Parfois, il faut savoir √©couter son corps. Une fois mon matelas pos√© au sol, je me suis allong√© et me suis rapidement endormi. Au r√©veil deux heures plus tard, je me sentais mieux. J'ai repli√© la tente, refait un feu pour rendre potable un litre d'eau -capacit√© maximale de ma popote- et j'ai attaqu√© l'ascension. Les mesures pr√©cises sur Google Earth effectu√©es apr√®s coup indiquent une mont√©e de 5,3 kilom√®tres √† 16,5% et non pas 4 kilom√®tres √† 25% comme je l'avais calcul√© d'apr√®s les donn√©es erron√©es de ma carte openstreet map qui montrait une ligne droite alors qu'il y avait quelques lacets. Ce fut n√©anmoins suffisamment pentu, sur un chemin caillouteux, pour obliger Tarus et Mimile -je l'ai appris plus tard- √† enlever leurs sacoches et √† monter √† pied en deux fois sur de longues portions, la difficult√© √©tant trop importante pour pousser les v√©los charg√©s √† la main. Malgr√© la maladie, mais avec un v√©lo beaucoup plus l√©ger, j'ai pour ma part r√©ussi √† franchir le col en poussant le v√©lo en une seule fois, mais au prix de terribles efforts et de longues pauses pendant lesquelles je voyais avec peur ma r√©serve d'un litre de th√© s'amenuiser de plus en plus. Il n'y avait plus de torrent ni de bois ou mati√®re √† br√Ľler le long du chemin, je devais donc faire des pauses pas trop longues et surtout prier fort pour que de l'autre c√īt√© je puisse retrouver √† la fois un torrent et du bois pour refaire de l'eau potable. C'est donc avec beaucoup de stress que j'ai mont√© la fin du col avec peut-√™tre l'instinct de survie qui m'a donn√© les forces n√©cessaires pour en finir avec les derni√®res pentes. La descente ne fut pas une r√©compense. Les cailloux √©taient parfois de grosse taille, m'obligeant encore √† marcher, mais apr√®s deux ou trois heures de descente je suis finalement tomb√© sur un torrent avec des arbres √† proximit√© et j'ai pu me refaire du th√© et planter la tente. Le lendemain √† l'aube, j'ai discut√© avec un berger qui montait √† pied avec ses moutons et ses vaches. Je n'avais pas vu d'humains depuis 10 heures la veille et ce fut une rencontre tr√®s sp√©ciale car il √©tait particuli√®rement √©tonn√© de voir un cycliste ici, tout comme moi j'√©tais √©tonn√© de le rencontrer dans un endroit si isol√© √† une heure si matinale. J'ai fait un nouveau feu pour faire bouillir un litre d'eau puis j'ai continu√© la descente. Une descente parfois p√©rilleuse √† flanc de montagne. √Ä un moment donn√©, le chemin √©tait coup√© par un √©boulement, au milieu d'une forte pente. Deux jours apr√®s une chute, ce fut bien difficile de passer ce nouvel obstacle et de faire plusieurs voyages en escaladant l'√©boulement en portant les sacoches les unes apr√®s les autres puis le v√©lo en tentant de rester en √©quilibre et sans jamais regarder en bas. En bas, justement, j'ai fini par y arriver, en un seul morceau, vivant, et avec mon cher v√©lo, et c'est alors qu'un nouvel obstacle a surgit: une rivi√®re puissante dont le pont √©tait d√©truit par le courant. J'ai du une nouvelle fois enlever les sacoches et j'ai fait plusieurs voyages pour escalader les restes du pont en b√©ton en prenant garde de ne pas glisser dans l'eau, car le courant m'aurait emport√©. Sur le chemin de la descente, j'ai rencontr√© un deuxi√®me humain, un cavalier qui montait √† cheval en tenant une bouteille de vodka √† la main. Il semblait avoir beaucoup d'alcool dans le sang, mais j'ai r√©ussi √† m'en d√©barrasser sans trop de difficult√©s. J'en ai rencontr√© ensuite un autre en bien meilleur √©tat de l'autre c√īt√© du pont pr√®s d'une ferme entour√©e de champs de cannabis. Puis au lieu de continuer en ligne droite sur la montagne suivante (500 m√®tres de d√©nivel√©) j'ai bifurqu√© √† gauche pour suivre la rivi√®re jusqu'√† la route M41 et un h√ītel √† 40 kilom√®tres. Cela faisait une distance de 60 kilom√®tres au lieu de 15 pour arriver au m√™me endroit, mais √† ce moment-l√†, je r√™vais vraiment du confort d'un h√ītel. Le long de cette route terreuse de meilleure qualit√©, j'ai refait du feu pour un nouveau litre de th√© et rencontr√© un quatri√®me humain, un nouveau kirghize √† cheval qui revenait √† la ferme avec un sac rempli de bouteilles de vodka. Celui-l√† √©tait compl√©tement saoul mais encore assez lucide pour m'inviter √† partager sa boisson pr√©f√©r√©e. Il fallu beaucoup de temps pour que je parvienne √† me d√©faire de lui, car il ne voulait pas que je parte et √©tait accompagn√© par deux gros chiens. Quand j'ai finalement rejoint la route M41 et la civilisation, j'√©tais assoiff√© et j'ai rapidement crois√© deux cyclistes qui m'ont offert de l'eau puis j'ai atteint l'h√ītel le soir comme pr√©vu. Je r√™vais d'une douche et de confort, mais il n'y avait ni douche, ni eau courante, ni wifi, l'√©lectricit√© fut longuement coup√©e et il y avait une odeur naus√©abonde √† 20 m√®tres autour des toilettes s√®ches qui √©taient √† l'ext√©rieur. 3 euros la nuit, cela ne valait pas plus. Ensuite j'ai pris la direction de la capitale Bichkek, j'ai d√Ľ franchir encore deux gros cols. Un jour je suis mont√© pendant 70 kilom√®tres sans interruption du matin au soir puis √† 5 kilom√®tres du sommet √† la nuit tombante j'ai √©t√© invit√© par une famille vivant dans une yourte isol√©e pr√®s de la route. Ce fut l'occasion de d√©couvrir de l'int√©rieur la culture ancestrale kirghize : un tr√®s bon moment dans un tr√®s bel endroit en tr√®s bonne compagnie. J'ai √©t√© √©tonn√© par la connaissance de la culture fran√ßaise du grand-p√®re, qui me citait Jules Verne et Victor Hugo (des ouvrages ont √©t√© traduits en russe), et des kirghizes en g√©n√©ral car deux jours plus t√īt on m'avait d√©j√† parl√© de Patricia Kaas. Ils connaissent √©galement un acteur fran√ßais au gros nez dont ils ont oubli√© le nom et qui vit d√©sormais en Russie. La yourte √©tait chauff√©e au feu des excr√©ments du b√©tail, la structure en bois √©tait magnifique, tout comme les tapis color√©s sur les murs et les gens √† l'int√©rieur. Le p√®re de famille remuait un m√©lange liquide dans un haut r√©ceptacle en bois. Je ne me suis pas risqu√© √† boire sa pr√©paration, certainement encore du lait de jument frais ou peut-√™tre ferment√© ou une autre de leurs pr√©parations locales qui m'auront d√©j√† rendu malade √† plusieurs reprises au Kirghizistan. J'ai quitt√© cette belle famille de la montagne, descendu pendant 100 kilom√®tres, remont√© 1300 m√®tres de d√©nivel√© avec de grosses pentes puis redescendu pendant 80 kilom√®tres de l'autre c√īt√© dans une belle vall√©e et enfin arriv√© √† Bichkek √† 600 m√®tres d'altitude o√Ļ j'ai fait deux semaines de pause et de r√©cup√©ration dans un endroit formidable avec de l'excellente compagnie.

Etape 783. Route M41 - Route M41. 52 kms.
Etape 784. Route M41 - Gul'cha. 72 kms.
Etape 785. Gul'cha - Osh. 84 kms.
Etape 786. Osh - Myrza-Aryk. 48 kms.
Etape 787. Myrza-Aryk - Suzak. 62 kms.
Etape 788. Suzak - Arlsanbob. 70 kms.
Etape 789. Arlsanbob ‚Äď For√™t Arsanbob. 11 kms.
Etape 790. Forêt Arsanbob - Kyzyl-Unkyur. 24 kms.
Etape 791. Kyzyl-Unkyur ‚Äď Chemin Kirghize. 8 kms.
Etape 792. Chemin Kirghize - Chemin Kirghize. 25 kms.
Etape 793. Chemin Kirghize ‚Äď Hotel Lac Toktogul. 42 kms.
Etape 794. Hotel Lac Toktogul - Toktogul. 64 kms.
Etape 795. Toktogul ‚Äď Route M41. 59 kms.
Etape 796. Route M41 - Route M41. 88 kms.
Etape 797. Route M41 - Bishkek. 124 kms.

[EN]
I went a little further, picked up some wood, made a fire to boil the water of the torrent, brewed Nepalese tea and planted my tent at 11 am because I did not feel able to pass this high pass. Once put my air matress I leaned over and quickly fell asleep. Waking up two hours later it was a little better. So I packed the tent, made another fire to make a liter of water drinkable - maximum capacity of my pot ‚Äď from a torrent and I attacked the ascent. Afterwards, precise measurements on Google Earth indicate a rise of 5.3 kilometers to 16.5% and not 4 kilometers to 25%, the straight line of 4 kilometers on my Open Street Map map being wrong. Nevertheless, it was a difficult climb, on a stony path, enought difficult to force Tarus and Eric - I learned it later - to take off their saddlebags and walk twice in long portions, the difficulty being too high for push the bike by hand. Despite the illness but with a much lighter bike I managed to cross the pass by pushing the bike at one time but at the cost of terrible efforts and long breaks during which I saw my reserve of a liter of tea going down and down. There was no more torrent or wood along the way, so I had to take breaks not too long and especially pray so that on the other side I can find both a torrent and wood to redo drinking water. So it was with a lot of stress that I climbed the end of the pass with maybe the instincts of survival that gave me the necessary forces to finish with the last slopes. The descent was not a reward because the stones were sometimes of big size, still forcing me to walk but after two or three hours of descent I finally found a torrent with trees nearby and I could remake the tea and pitch the tent. The next day at sunrise I spoke with a shepherd who was walking with his sheep and cows, I had not seen humans since 10 am the day before and it was a very special meeting because he was particularly astonished to see a cyclist here, just like me I was surprised to meet him in such a isolated place at such an early hour. I made a new fire to boil a liter of water and then continued the descent. At one point the path was cut by a landslide, on the side of a very high and steep mountain. Two days after a terrible fall it was difficult to pass this new obstacle and make several trips by climbing the landslide by carrying the bags one after the other then the bike trying to stay in balance and without looking down. Down, I ended up getting there, in one piece, alive, and with my dear bike but it was still necessary to cross a new obstacle: a river whose bridge was destroyed by the current. I took the saddlebags again and made several trips to climb the remains of the concrete bridge, taking care not to slip into the water, because the powerful current would have taken me. On the way down I was slowed by a horse rider who was going up the road holding a bottle of vodka in his hand, he looked well drunk but I was able to get rid of it without much difficulty. I met another in much better condition and much more fun on the other side of the bridge near a farm and cannabis fields. Then instead of going up on the next mountain (500 meters of climbing) I chose to make a long detour to follow the downhill river and go to find the M41 road and a hotel at 40 kilometers. On this better road I fired up a new liter of tea and met a new Kyrgyz horse who was coming back to the farm with a bag filled with bottles of vodka. Particularly drunk he wanted to give me vodka and it took a long time for me to get rid of it because it was also accompanied by two big dogs and didn't want me to leave. When I finally joined the road and the civilization I was really thirsty and I quickly crossed two bagged cyclists who spun me water and I reached the hotel at night as planned. I dreamed of a shower and comfort but there was no shower or running water or wifi, the electricity was often cut off and there was a stench 20 meters around the dry toilets that were outside. 3 euros the night anyway. Then to reach the capital Bischkek by the road there were still two big passes, one day I climbed 70 kilometers without interruption from the morning to the evening and 5 kilometers from the summit at nightfall I was invited by a living family in an isolated yurt near the road. It was an opportunity to discover Kyrgyz ancestral culture from the inside: a very good moment in a very beautiful place in very good company. I was amazed by the knowledge of the French culture of the grandfather, who quoted me french writers Jules Verne and Victor Hugo (books have been translated into Russian), and Kyrgyz in general because two days earlier I had also heard of french singer Patricia Kaas and they also know a French actor with big nose and who now lives in Russia. The yurt was heated with fire from the excrement of cattle, the wooden structure was beautiful, as well as the colorful rugs on the walls. The father was stirring a liquid mixture in a high wooden receptacle, I did not risk drinking his preparation, it was certainly still fresh mare milk or perhaps fermented or another of their local preparations that made me sick several times in Kyrgyzstan. I left this beautiful family of the mountain, descended for 100 kilometers, climbed 1300 meters of elevation with big slopes and then went down again on the other side and arrived in Bishkek where I spent two weeks in a great place with excellent company.



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Article du mercredi 8 novembre 2017 à 17h58

Etapes 783 ‚Äď 797. Fronti√®re Kirghizistan ‚Äď Bichkek (833 kilom√®tres) (2/3)

[FR]
(suite de l'article pr√©c√©dent) Dans la for√™t d'Arslanbob, il n'y avait plus de route, juste un chemin. Une forte pente et un mauvais rev√™tement m'obligeaient r√©guli√®rement, ainsi que mes camarades Tarus et Mimille (Eric), √† pousser les v√©los. Nous avons dormi dans cette √©trange for√™t, avons √©t√© d√©rang√©s par des policiers tr√®s mal attentionn√©s et qui devraient beaucoup s'ennuyer, puis le lendemain nous avons continu√© dans une descente encore plus d√©licate que la mont√©e car nous avons pris des mauvais chemins et car √† un moment donn√© le chemin n'est devenu plus qu'un sentier invisible avec plein de pi√®ges. √Ä plusieurs reprises nous avons d√Ľ √īter les sacoches pour √©viter de tomber dans des gros trous ou pour traverser une zone boueuse. M√™me un VTT n'aurait pas pu passer. Sur la fin de cette p√©rilleuse descente j'ai quitt√© mes amis pour me risquer dans un chemin plus direct en suivant le lit d'un torrent, j'ai travers√© le torrent glacial √† pied √† plusieurs reprises et port√© le v√©lo de nombreuses fois. Arriv√© en bas, √† l'approche d'un village, j'ai retrouv√© un v√©ritable sentier et je me suis naturellement d√©tendu. Alors que j'avan√ßais tranquillement vers le village en criant victoire mon pied gauche √† d√©rap√© dans un ravin, m'emportant dans une chute libre de 3 √† 5 m√®tres de haut sur une pente √† 60-70% environ. J'ai r√©ussi √† arr√™ter cette chute folle en m'accrochant √† des herbes et en me blessant un doigt mais le v√©lo qui est parti en m√™me temps n'a pas eu cette possibilit√© et a d√©gringol√© avec les sacoches sur 10 √† 20 m√®tres de haut en s'arr√™tant juste √† un m√®tre de la grosse rivi√®re qui √©tait en bas. Bilan pas trop grave : des √©gratignures superficielles un peu partout pour moi et pour le v√©lo qu'un villageois a r√©ussi √† r√©cup√©rer avant l'arriv√©e de Tarus et √Čric 20 minutes plus tard, il s'en est bien sorti aussi avec juste un plastic cass√© de l'indicateur de vitesse, une popote compl√®tement d√©fonc√©e, une grosse rayure sur l'√©cran de mon smartphone et la structure principale de mon panier avant bris√©e. Je fus n√©anmoins choqu√© par cette chute libre et les pires souvenirs du pass√© sont remont√©s. La nuit suivante j'ai fait des cauchemars. Ah la la que d'√©motions mais ce n'√©tait pas compl√®tement termin√© car le plus dur restait √† venir. En effet apr√®s ce village nous devions franchir un col passant de 1500 m√®tres √† 3000 m√®tres d'altitude avec √† la fin 4 kilom√®tres √† 25% sur un chemin dont nous ignorions tout. Mimille et Tarus furent des bons compagnons avec beaucoup de qualit√©s pour affronter ces √©preuves. Mimille est un savoyard qui conna√ģt bien la montagne et Tarus est un voyageur qui poss√®de une bonne exp√©rience des voyages √† v√©lo (tous les ans il laisse sa copine pendant ses vacances pour aller vivre des aventures en tous genres en solo) et qui a de plus des bonnes notions de langue russe et un esprit agr√©able tr√®s positif, aventurier et ouvert. Un fran√ßais libre et heureux, qui sort du lot et comme on en rencontre r√©guli√®rement √† l'√©tranger (mais avec lequel j'avais quand m√™me des diff√©rences notoires). Aussi avec la longue dur√©e du trajet ensemble (Mimille 27 jours, Tarus 13 jours) sont apparues des diff√©rences dans la fa√ßon de voyager de chacun car comme vous le savez sans doute je parcours le monde √† v√©lo tout en d√©veloppant une entreprise en France ce qui demande beaucoup d'organisation et de rigueur alors que mes camarades (en vacances d'√©t√© pour l'un, en ann√©e sabbatique pour l'autre) √©taient √† 100% dans le Voyage et la Vadrouille. Le matin suivant, apr√®s deux √©tapes trop courtes de 11 et 24 kilom√®tres de long, et apr√®s mes heures de bureau matinales je les ai longuement attendu pour partir, sans trop comprendre pourquoi, puis deux heures et 8 kilom√®tres plus loin nous terminions d√©j√† l'√©tape √† 13 heures √† cause d'un risque d'orage, allant trouver refuge chez une famille de bergers, y √©tant invit√© √† manger et √† y passer la nuit. Le jour suivant en revanche il fallait mettre le r√©veil √† 6 heures et √† 7 heures nous √©tions d'attaque sur le petit chemin de montagne. J'√©tais de nouveau malade et au manque d'app√©tit et √† la diarrh√©e de la veille se sont ajout√©s pour moi une terrible fatigue qui m'essoufflait et m'obligeait √† faire une pause tous les 50 m√®tres, ainsi que des ballonnements et naus√©es tr√®s d√©sagr√©ables. En meilleure condition physique, Mimille et Tarus sont partis devant et je ne les ai plus revu, ils ne pouvaient pas m'attendre car Tarus avait son vol retour vers la France trois jours plus tard. Je me alors suis retrouv√© seul isol√© dans ces montagnes g√©antes, malade, avec un col de 4 kilom√®tres √† 25% √† franchir et sans eau potable car j'√©tais d√©pendant d'eux pour l'eau depuis que mon filtre √† eau ne marchait plus (suite au prochain √©pisode).

[EN]
(continuation of the preceding article) In the Arslanbob forest, there was no more road, just a path. A steep slope forced me regularly, as well as my caramades Tarus and Mimille (Eric), to push the bikes. We slept in this strange forest, were disturbed by some very bad policemans who should be very bored, then the next day we continued on a descent even more hard than the climb because we took the wrong paths and because at one point the path has become an invisible path with many traps. On several occasions we had to remove the bags to avoid falling in big holes or to cross a muddy area. Even an mountain bike could not have passed. On the end of this perilous descent I left my friends to risk me in a more direct way following the bed of a torrent, I crossed the icy torrent on foot several times and carried the bike many times. Arrived at the bottom, near a village, I found a real trail and I naturally relaxed. As I walked quietly to the village, shouting victory, my left foot skidded into a ravine, taking me in a free fall of 3 to 5 meters high on a slope to 60-70% approximately. I managed to stop this crazy fall by clinging to herbs and injuring my finger but the bike that left at the same time did not have this possibility and felt with the saddlebags on 10 to 20 meters of high stopping just one meter from the big river that was down. Superficial scratches everywhere for me and for the bike that a villager managed to recover before the arrival of Tarus and Eric 20 minutes later, he also did well with just a plastic broken of the speedometer, a broken pot, a big scratch on the screen of my smartphone and the main structure of my front basket broken. However, I was shocked by this free fall and the worst memories of the past have come back. The next night I had nightmares. What a emotion but it was not completely finished because the hardest was yet to come. Indeed after this village we had to cross a pass passing from 1500 meters to 3000 meters of altitude with at the end 4 kilometers to 25% on a way of which we did not know everything. Mimille and Tarus were good companions with many qualities to face these days. Mimille is a savoyard who knows the mountain well and Tarus is a traveler who has a good experience of cycling trips (every year he leaves his girlfriend during his vacation to go on adventures of all kinds solo) and who has more good Russian language skills and a very positive, adventurous and open mind. A free and happy French (but with which I still had noticeable differences). Also with the long duration of the journey together (Mimille 27 days, Tarus 13 days) appeared differences in the way of traveling of each because as you might know I travel the world by bike while developing a company in France which requires a lot of organization and rigor while my friends (on a summer vacation for one, in a sabbatical year for the other) were 100% in the Travel. The next morning, after two short steps of 11 and 24 kilometers long, and after my morning office hours I waited a long time for them to leave, without really understanding why, then two hours and 8 kilometers further we already finished the stage at 1pm because of a risk of storm, going to find refuge in a family of shepherds, being invited to eat and spend the night. The next day however we had to put the alarm clock at 6 o'clock and at 7 o'clock we were on the small mountain path. I was sick again and the lack of appetite and diarrhea the night before added to me a terrible tiredness that was shortening me and forced me to take a break every 50 meters, as well as bloating and nausea very unpleasant. In better physical condition, Mimille and Tarus went ahead and I did not see them again, they could not wait for me because Tarus had his flight back to France three days later. I found myself alone isolated in these giant mountains, sick, with a pass of 4 kilometers to 25% to cross and without drinking water because I was dependent on them for the water since my water filter no longer worked (following of the story in the next post).

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Article du vendredi 3 novembre 2017 à 17h55

Etapes 783 ‚Äď 797. Fronti√®re Kirghizistan ‚Äď Bichkek (833 kilom√®tres) (1/3)

[FR]
Entre le Tajikistan et le Kirghizistan la zone neutre de 20 kilom√®tres de descente entre les deux fronti√®res fut de toute beaut√©. En dessous de sommets enneig√©s culminant √† 7000 m√®tres d'altitude, la route sillonnait dans des montagnes rocheuses jusqu'√† atteindre une √©tonnante vall√©e plus large et de plus faible pente. Les montagnes sont devenues multicolores, le lit de la rivi√®re dont l'eau glaciale √©tait une grande puret√© √©tait tapiss√© de galets √©galement multicolores, telles des pierres pr√©cieuses. La rivi√®re √©tait aliment√©e par de petits affluents dont l'eau pouvait parfois √™tre rouge. Le ciel √©tait bleu. Assur√©ment un coin de paradis. La route franchit ensuite la fronti√®re Kirghize et le spectacle perdura jusqu'√† arriver dans une plaine agricole plus banale. C'est 26 kilom√®tres apr√®s la fronti√®re, et 14 kilom√®tres avant le premier village, Sari-Tash, que j'ai rencontr√© mon premier kirghize : Nourkoutane, un enfant isol√© √Ęg√© de 12 ans qui tenait un √Ęne au bout d'une corde et qui m'a barr√© la route avec son √Ęne pour que je m'arr√™te. De la m√™me mani√®re que le petit prince aurait demand√© de dessiner un mouton, ses premi√®res paroles ont consist√© √† me demander un stylo. J'ai pris un stylo dans la poche avant de ma sacoche avant accroch√©e sur mon panier avant, et lui ai donn√©. Puis il m'a demand√© un "notebook". J'ai sorti mon cahier de la pochette informatique/bureau de ma sacoche arri√®re-gauche et lui ai tendu. Mais il n'en a pas voulu. Il a alors sorti de son sac √† dos une boite de conserve rouge et l'a pos√© dans mon panier. J'ai pris la boite dans ma main et j'ai lu les inscriptions suivantes : "Les petites sardines...A l'huile d'olive vierge extra...P√™ch√©es en M√©diterran√©e...A consommer jusqu'en 2021...PREPAREES EN BRETAGNE". Cette boite tombait bien car je n'avais que 6 dollars US √† changer en monnaie kirghize √† Sari-Tash, village sans distributeur automatique. J'avais faim, il me restait du pain et ces sardines pouvaient tr√®s bien s'accorder avec mon pain. Comme j'avais deux stylos je lui ai laiss√© le stylo et j'ai gard√© les sardines. Ensuite il m'a demand√© mon ordinateur, mon t√©l√©phone, une montre etc...J'ai refus√©, je lui ai donn√© mon filtre √† eau achet√© 2 euros au lieu de 4,5 √† Mashhad et qui ne marchait plus et j'ai poursuivi ma route. J'ai appris beaucoup plus tard que c'est Tarus, qui √©tait pass√© une heure avant moi, qui lui avait donn√© cette boite. Malin, Nourkoutane semble faire un petit business de troc avec les voyageurs √† v√©lo qui passent plusieurs fois par jour sur cette route. La route jusqu'√† Och, premi√®re grande ville du pays, fut relativement facile. Pass√© un col de 2800 √† 3600 m√®tres d'altitude, il y eut une longue descente de 90 kilom√®tres √† 2,2% pour retomber √† 1600 m√®tres d'altitude avant de remonter rapidement √† 2300 m√®tres pour b√©n√©ficier d'une nouvelle descente de 70 kilom√®tres √† 2,1% vers Och. Le groupe de 6 un peu √©parpill√© (certains se sont accroch√©s √† des camions dans le col pour aller plus vite, moi j'√©tais malade) s'est retrouv√© √† Och autour de pizzas bien m√©rit√©es et de bi√®res dans une ambiance amicale entre voyageurs √† v√©lo de tous horizons. Ce fut la fin du parcours avec les \HELLO <_BIKE> WORLD! qui partaient ensuite rejoindre leurs familles en Ouzb√©kistan. J'aurai pass√© 18 belles journ√©es avec eux. Apr√®s un repos r√©parateur j'ai continu√© le voyage avec seulement Tarus et Eric. Nous avons poursuivi sur la route M41, jusqu'√† Bazar-Korgon o√Ļ nous avons bifurqu√© sur une id√©e de Eric pour prendre un raccourci qui permettait de gagner 100 kilom√®tres au prix du franchissement d'une haute chaine de montagnes. Les 51 kilom√®tres de Bazar-Korgon √† Arlsanbob sur une petite route de faible pente furent faciles puis cela s'est s√©rieusement compliqu√© en p√©n√©trant dans la for√™t d'Arslanbob, qui est la plus vaste et ancienne for√™t de noyers au monde.



[EN]
Between Tajikistan and Kyrgyzstan the neutral zone of 20 kilometers of descent between the two borders was beautiful. Below snow-capped peaks at an altitude of 7,000 meters, the road went into rocky mountains to an astonishing valley, wider and slower. The mountains became multicolored, the bed of the river whose icy water was a great purity was lined with stones also multicolored, such as precious stones. The river was fed by small others whose water could sometimes be red. The sky was blue. Surely a place of paradise. The road then crosses the Kyrgyz border and the show continues until reach a more ordinary agricultural plain. At 26 kilometers after the border, and 14 kilometers before the first village, Sari-Tash, I met my first Kyrgyz: Nourkutane, a 12-year-old isolated child who was holding a donkey at the end of a rope and who blocked my way with his donkey so I had to stop. In the same way that the little prince would have asked to draw a sheep (french story of Antoine de Saint Exupery), his first words consisted of asking me for a pen. I took a pen in the front pocket of my front bag hanging on my front basket, and gave it to him. Then he asked me for a "notebook". I took my notebook out of the computer bag / desk of my back-left bag and handed it to him. But he did not want it. He then took out a red box from his backpack and put it in my basket. I took the box in my hand and I read the following inscriptions in french: "Small sardines ... Extra virgin olive oil ... Fished in the Mediterranean ... To consume until 2021. ..PREPARED IN BRITTANY ". This box was good because I had only 6 US dollars to change in Kyrgyz currency in Sari-Tash, village without any ATM. I was hungry, I had bread left and these sardines could very well match my bread. As I had two pens I left him the pen and I kept the sardines. Then he asked me for my computer, my phone, a watch etc ... I refused, I gave him my water filter bought 2 euros instead of 4.5 to Mashhad that was broken and I went on my way. I learned much later that it was Tarus, french partner who ware here an hour before me, who gave him this box. Nourkutane seems to do a small business with the cyclists who comes several times a day on this road. The road to Osh, the first big city in the country, was relatively easy. Passing a pass from 2800 to 3600 meters above sea level, there was a long descent of 90 kilometers to 2.2% to fall back to 1600 meters altitude before climbing quickly to 2300 meters to enjoy a new descent of 70 kilometers to 2.1% to Osh. The group of 6 a little scattered (some clung to trucks in the pass to go faster, I was sick) ended up in Osh around well-deserved pizzas and beers in a friendly atmosphere between cycling travelers from everywhere. It was the end of the journey with the \ HELLO <_BIKE> WORLD! Team who then left to join their families in Uzbekistan. I will have spent 18 beautiful days with them. After a good rest I continued the journey with only Tarus and Eric. We continued on the M41 road, until Bazar-Korgon where we bifurcated to take a shortcut that allowed to gain 100 kilometers at the price of crossing a high mountain range. The 51 kilometers from Bazar-Korgon to Arlsanbob on a small, gently sloping road were easy then it was seriously complicated by entering the Arslanbob Forest, which is the largest and oldest walnut forest in the world.

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