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03/01/2019 : Roulans, France.

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Article du Mercredi 8 avril 2020

13h46 - Etapes 1099-1106. Siem Riep - Roulans (771 kilomètres)

[FR] (in english below)
Les temples d'Angkor sont un lieu fascinant. Espacés d'un ou deux kilomètres les uns des autres sur une superficie d'environ 6×6 km², ils sont très grands et possèdent de nombreuses caractéristiques, comme ces éléphants ou lions en pierre, ou ces sortes de hautes cheminées dans lesquelles des feux étaient probablement entretenus. Le plus grand des temples est immense et contient des fresques de pierre taillée qui s'étendent sur des dizaines de mètres de long, représentant principalement des scènes de combat à la lance et au cheval qui ne sont pas sans rappeler les scènes de la tapisserie de Bayeux qui est de la même époque. Il faut beaucoup d'imagination pour tenter de se représenter les scènes de vie qui se déroulaient dans cette cité, mais cela devait être magnifique. Rongés par le temps et l'érosion, certains temples sont couverts par la végétation, donnant un côté mystique à l'endroit, et matière à réfléchir sur la décadence d'une civilisation, son effacement, sur le renouvellement des choses et sur la force et la puissance de la nature et de la vie. Quelque soit la grandeur d'une civilisation, quelque soient ses victoires, ses conquêtes, ses rois, ses dieux, sa magnificence, son influence, sa prospérité, sa gloire, la taille de ses monuments, le rayonnement de sa culture, de ses savoirs faire, quelque soit la beauté de ses chants, danses, vêtements ou le raffinement de sa cuisine, sa puissance s'effacera toujours devant celle de la nature. Une réflexion universelle, mais aussi d'actualité, à l'heure où ces temples étaient désertés par des touristes confinés, pour beaucoup, dans leur pays d'origine. Au troisième millénaire, notre immense et riche civilisation mondialisée, ultra développée, sophistiquée, croulant sous l'abondance de biens, de nourriture et de technologies, tremble devant un virus de 125 nanomètres de long. Malgré la pandémie devenue mondiale, et la fermeture soudaine pour des raisons sanitaires de la frontière du Viêtnam vers laquelle je faisais route, bien que prudent, j'étais de mon côté, encore loin de trembler. "Ce n'est pas bien grave !". "Je vais plutôt aller au Laos... De là, je demanderai un visa touristique de deux mois pour entrer en Thaïlande, retournerai visiter longuement ce pays, et demanderai depuis Bangkok un visa touristique de 6 mois pour l'Australie". Je me voyais déjà rouler l'hiver austral de Darwin à Melbourne en passant par Perth, dormant tous les soirs en sécurité à des dizaines de kilomètres de toute présence humaine, tandis que dans le même temps, une partie du monde serait décimée par cette terrible pandémie. Et même si ce visa de 6 mois ne m'était pas accordé, ou que les frontières australiennes eussent fermé entre temps, ça n'aurait pas été bien grave non plus ! Dans ce cas extrême, je me serais alors réfugié dans les territoires français de Nouvelle-Calédonie ou de Polynésie, le temps de laisser passer cette crise planétaire. En éternel doux rêveur, je me voyais déjà bosser mon site de maths depuis des plages paradisiaques de sable blanc et fin, devant des eaux limpides et turquoises, à Bora-Bora ou à Tahiti, sous une température de 32°C mais avec une petite brise fraîche venue de l'océan. Attirées par la pancarte "WORLD TOUR" de mon vélo, des superbes filles en maillot de bain seraient alors venues me voir, et je leur aurais raconté mes histoires de tour du monde, un grand verre de cocktail tropical à la main... Bref, il n'y avait rien de trop inquiétant dans cette dramatique situation mondiale pour la poursuite de ce voyage et de ce chouette mode de vie...Après les temples d'Angkor, j'ai donc poursuivi ma route vers l'est, en pédalant dans une grande insouciance des problèmes du monde actuel, saluant de la main les piétons, disant bonjour avec des grands sourires aux enfants du bord de la route, ou plutôt en leur répondant car le plus souvent ils étaient les premiers à dégainer le salut et l'immense et magnifique sourire, mangeant chaque jour des kilos et des kilos de succulents fruits tropicaux, m'invitant avec curiosité dans une soirée de mariage, assistant au magnifique concert du mariage, me faisant inviter par des invités à une table et offrir une bière avant d'être viré par des policiers 2 minutes plus tard, et reprenant alors le lendemain la route en me dirigeant vers la capitale Phnom Penh du pays. À l'approche de la capitale, toutefois, le ciel s'est assombri. L'Australie a brusquement fermé ses frontières, et la Polynésie et la Nouvelle-Calédonie ont fermé leur accès aux non-résidents. J'ai pris un petit coup derrière la tête. Depuis quelques mois, je voyageais un peu dans un grand couloir avec des portes qui se fermaient de partout : celle de la Chine d'abord, puis celle de la Corée du Sud, du Japon, et des Jeux olympiques de Tokyo ensuite, mais comme le monde est grand, il y avait toujours de nombreuses portes ouvertes. Désormais, avec la fermeture de ces nouvelles portes, ainsi que celle du Laos à quelques jours d'intervalle, les choses se compliquent sérieusement. Lorsque j'arrive à Phnom Penh, il n'y a plus qu'une solution : retourner immédiatement en Thaïlande, d'où je pourrai poursuivre le voyage pendant quelques semaines ou rentrer facilement en France par l'un des nombreux vols low-costs en cas de trop grand risque de contamination par le virus. Mais le ciel s'obscurcit encore : la Thaïlande a changé ses règles d'entrée la veille. Désormais, il faut une attestation médicale de moins de 3 jours attestant de l'absence de symptômes du coronavirus, ainsi qu'une attestation d'assurance pour entrer. Je souscris donc pour la première fois de ma vie une assurance santé voyage, pour un mois, obtiens l'attestation, puis deux heures plus tard, j'obtiens l'attestation médicale après examen auprès du docteur Garen, médecin référant de l'ambassade de France. Bien renseigné, il m'indique que ce ne sera toutefois pas suffisant pour embarquer pour la Thaïlande, car, nouveauté du jour, il faut désormais en plus de tout cela un test de dépistage négatif au coronavirus, que le Cambodge ne fait pas aux personnes qui se portent bien... De plus, le test du Cambodge ne serait pas reconnu par la Thaïlande ! Il me fait quand même l'attestation, car peut-être que par la route, cela peut encore passer sans ce test... Muni de tous les documents, je me dirige ensuite vers l'ambassade de Thaïlande pour m'assurer que je pourrai bien passer la frontière terrestre, après trois jours de vélo depuis Phnom Penh. Mais l'ambassade est exceptionnellement fermée, et un mot à l'entrée précise que toutes les frontières terrestres avec le Cambodge sont fermées depuis ce jour, qu'il faut effectivement un test négatif du coronavirus pour entrer par avion, ce que personne au Cambodge ne peut fournir, et de plus, l'attestation d'assurance doit également mentionner la prise en compte de l'épidémie de coronavirus, et la mienne souscrite tôt le matin ne le mentionne pas. En cherchant plus d'infos, j'apprends que le nombre de cas de malades à Bangkok a explosé la veille, et certaines voix demandent déjà le confinement de la capitale...C'est mort pour la Thaïlande. Sans autre porte de sortie, et avec un visa touristique limité au Cambodge, dans un pays pauvre aux faibles moyens médicaux, c'est fini pour continuer le voyage. On me vient de me claquer la dernière porte au nez! Je suis pris au piège... Fait comme un rat au bout du couloir. P@t@@n, merde!!! Le voyage s'arrête déjà, et c'est un coup dur après une année 2019 déjà parfaitement nulle, et alors que je pensais enfin être reparti au long cours pour vivre mes rêves...Il n'y a plus de vols commerciaux disponibles vers la France, je suis les recommandations de l'ambassade de France, attends quelques jours dans un hôtel de la capitale, avant d'être choisi pour être rapatrié dans un Airbus A380 affrété par la France, en compagnie de 412 compatriotes, et avec une facture de 450 euros à payer au trésor public avant l'été. Arrivé à 6 heures du matin à l'aéroport de Roissy près de Paris, dans une France en confinement, il n'y a pas de TGV pour Besançon ni ce jour ni les jours suivants. Il est également déjà trop tard pour espérer attraper le TER pour Laroche-Migennes en Bourgogne qui part en gare de Bercy à 8 h. Quant à la dernière option TER, qui part le soir pour Troyes, j'arriverai certainement avant lui si je pars à vélo, ce qui sera moins dangereux pour moi et pour les autres, et me fera économiser les 30 euros du billet de train. Muni d'une autorisation datée de la police nationale à l'aéroport m'autorisant à rejoindre mon domicile, mais dont je ne connais pas la date limite de validité, j'entame donc le trajet à vélo vers Besançon, en allant le plus vite possible pour ne pas prendre d'amende après avoir passé trop de temps sur la route... De passage à Troyes, il n'y a aucun TER qui part dans la journée ou le jour suivant, ni pour Dijon, ni pour Chaumont au autre... Je dois vraiment tout faire à vélo ! La météo se gâte, la troisième étape se fait dans des conditions éprouvantes sous la pluie et la neige... Le choc thermique d'être passé de 36°C à l'embarquement de l'avion, à 1°C à la sortie, s'ajoute aux 6 heures de décalage horaire, à la nuit blanche dans l'avion, aux 3 étapes consécutives de 130 kilomètres chacune, aux deux nuits de mauvais sommeil dans la nature dans le froid sans équipement adapté, et enfin à cette dernière étape dans des conditions hivernales. C'est exténué que j'arrive à Besançon chez ma sœur, seulement deux jours après avoir atterri à Roissy. J'y passe la nuit, récupère des vêtements chauds et une casserole pour aller vivre mon confinement forcé à l'isolement dans la maison en vente et parfaitement vide de mes parents, mon appartement étant loué et ne souhaitant pas être hébergé dans la famille à Dole de peur d'être contaminé ou de contaminer les oncles et tantes âgés. Trop chargé pour faire des courses importantes, je dois refaire un aller-retour vers Besançon depuis Roulans dans la soirée, mais le supermarché Carrefour ferme plus tôt que d'habitude, je ne peux pas entrer dedans et je fais l'aller-retour à Besançon pour rien! Je referai un aller-retour le lendemain, puis un autre à Baume-Les-Dames le jour suivant pour compléter. Débute alors une période d'attente de réouverture des frontières pour pouvoir poursuivre cette aventure au long cours, décidément bien bouleversée depuis de nombreux mois maintenant !

Etape 1099. Siem Reap – Stoung. 99 kms.
Etape 1100. Stoun – Tang Krasang. 78 kms.
Etape 1101. Tang Krasang – Skun. 66 kms.
Etape 1102. Skun – Phnom Pehn. 82 kms.
Etape 1103. Aéroport Paris Roissy CDG – Avon-La-Pèze. 122 kms
Etape 1104. Avon-La-Pèze – Rouvres-sur-Aube. 139 kms
Etape 1105. Rouvres-sur-Aube – Besançon. 130 kms
Etape 1106. Besançon-Roulans-Besançon-Roulans. 55 kms


Vous trouverez ci-dessous deux petites vidéos amateur d'une et 3 minutes à propos de ces dernières semaines. Pardon d'avance pour les torticolis, peut-être devriez vous les regarder depuis un smartphone et tourner l'écran.


Thailande



Cambodge et France



[EN]
The temples of Angkor are a fascinating place. Spaced one or two kilometers from each other over an area of ​​about 6 × 6 km², they are very large and have many characteristics, such as these elephants or stone lions, or these kinds of tall chimneys in which fires were probably maintained. The largest of the temples is immense and contains frescoes of cut stone that extend over tens of meters long, mainly representing scenes of combat with spears and horses. It takes a lot of imagination to try to imagine the scenes of life taking place in this city, but it had to be magnificent. Consumed by time and erosion, some temples are covered by vegetation, giving a mystical side to the place, and food for thought on the decadence of a civilization, its erasure, on the renewal of things and on the strength and the power of nature and life. Whatever the size of a civilization, whatever its victories, its conquests, its kings, its gods, its magnificence, its influence, its prosperity, its glory, the size of its monuments, the influence of its culture, of its knowledge make, whatever the beauty of its songs, dances, clothes or the refinement of its cuisine, its power will always fade in front of that of nature. A universal thought, but also of topicality, at a time when these temples were deserted by tourists confined, for many, to their country of origin. In the third millennium, our immense and rich globalized civilization, ultra developed, sophisticated, crumbling under the abundance of goods, food and technologies, trembles because of a virus of 125 nanometers long. Despite the pandemic that had become global, and the sudden closure for health reasons of the Vietnam border towards which I was traveling, although cautious, I was, still far from trembling. "It doesn't matter !". "I will rather go to Laos ... From there, I will ask for a two month tourist visa to enter Thailand, will return to visit this country for a long time, and will ask for a 6 month tourist visa to Australia from Bangkok". I could already see myself driving the southern winter from Darwin to Melbourne via Perth, sleeping every night safely, tens of kilometers from all human presence, while at the same time, part of the world would be decimated by this terrible pandemic. And even if this 6 month visa was not granted to me, it would not have been a problem either! In this case, I would then have taken refuge in the French territories of New Caledonia or Polynesia, the time to let pass this planetary crisis. As an eternal sweet dreamer, I already saw myself working my math site from paradisiacal beaches of fine white sand, in front of crystal clear and turquoise waters, in Bora-Bora or in Tahiti. Attracted by the "WORLD TOUR" sign on my bike, superb girls in swimsuits would have come to see me, and I would have told them my stories of round the world, a large glass of tropical cocktail in hand ... In short, there was nothing too worrying for the continuation of this journey and way of life in all this situation ... After the temples of Angkor, I thus continued my road towards the east, by pedaling in a great carelessness of the problems of the current world, greeting pedestrians, saying hello with big smiles to the children by the road, or rather by answering them because more often than not they were the first to draw the salvation and the immense and wonderful smile, eating kilos and kilos of succulent tropical fruits every day, inviting myself with curiosity to a wedding evening, attending the magnificent wedding concert, being invited by guests to a table and offering a beer before beeing forced out by two policens 2 minutes later, and then hit the road the next day heading towards the capital Phnom Penh of the country. As we approach the capital, however, the sky has darkened. Australia abruptly closed its borders, and Polynesia and New Caledonia closed their access to non-residents. I took a little hit behind the head. For the past few months, I have been traveling a bit in a large hallway with doors that closed everywhere: that of China first, then that of South Korea, Japan, and then the Tokyo Olympics, but because the world is big, there were always many doors open. Now, with the closure of these new doors, as well as that of Laos a few days apart, things are getting seriously complicated. When I arrive in Phnom Penh, there is only one solution: return immediately to Thailand, from where I can continue the trip for a few weeks or easily return to France by one of the many low-cost flights, in the case of too great a risk of contamination by the virus. But the sky is still darkening: Thailand changed its entry rules the day before. From now on, you need a medical certificate of less than 3 days attesting to the absence of symptoms of the coronavirus, as well as an insurance certificate to enter. I therefore take out travel health insurance for the first time in my life, for a month, obtain the certificate, then two hours later, I obtain the medical certificate after examination with Doctor Garen, referring doctor of the embassy of France. Well informed, it indicates to me that it will not however be enough to embark for Thailand, because, novelty of the day, it is now necessary in addition to all this a negative screening test for coronavirus, which Cambodia does not do to people who are doing well ... In addition, the Cambodia test would not be recognized by Thailand! It still gives me the certificate, because maybe by the road, it can still pass without this test. With all the documents, I then head to the Thai embassy to make sure that I will be able to cross the land border, after three days of cycling from Phnom Penh. But the embassy is exceptionally closed, and a letter at the entrance specifies that all the land borders with Cambodia have been closed since that day, that it actually takes a negative coronavirus test to enter by plane, which no one in Cambodia cannot provide, and moreover, the insurance certificate must also mention the taking into account of the coronavirus epidemic, and mine does not mention it. By looking for more info, I learn that the number of cases of patients in Bangkok exploded the day before, and some voices are already asking for the confinement of the capital... It's dead for Thailand. With no other way out, and with a tourist visa limited to Cambodia, in a poor country with poor medical means, it's over to continue the journey. I take the last door in my face. I'm trapped ... Made like a rat at the end of the corridor. Fuck, shit !!! The trip already stops there for this year, and it's a big blow after a year already perfectly null 2019, and while I thought finally to have left in the long term to live my dreams in the long term ... There is no more commercial flights available to France, I follow the recommendations of the French Embassy, ​​wait a few days in a hotel in the capital, before being chosen to be repatriated in an Airbus A380 chartered by France, in company of 412 compatriots, and with a bill of 450 euros to be paid to the french public treasury before the summer. Arrived at 6 a.m. at Roissy airport near Paris, in a confined France, there is no TGV train for Besançon either this day or the following days. It is also already too late to hope to catch the TER regional train for Laroche-Migennes, which leaves at Bercy station at 8 a.m. As for the last TER regional train option, which leaves for Troyes in the evening, I will certainly arrive before him if I go by bike, which will be less dangerous for me and for others, and will save me 30 euros for the train ticket. With a dated authorization from the national police at the airport authorizing me to reach my home, but of which I do not know the expiry date, I therefore begin the journey by bike to Besançon, going faster possible not to take a fine after spending too much time on the road ... Passing through Troyes, there is no TER train leaving during the day or the next day, neither for Dijon, nor for Chaumont or other ... I really have to do everything by bike! The weather is getting worse, the third stage is done in the rain and snow ... The thermal shock of having gone from 36 ° C when boarding the plane, to 1 ° C at the exit, is added to the 6 hours of jet lag, the 3 consecutive stages of 130 kilometers each, the two nights of poor sleep in nature in the cold without suitable equipment, and finally to this last stage in winter conditions. It is exhausted that I arrive in Besançon at my sister's house, only two days after having landed in Roissy. I spend the night there, get warm clothes and a pan to go and experience my forced confinement in isolation in the house for sale and completely empty of my parents, my apartment being rented and not wishing to be accommodated in the family at Dole for fear of being contaminated or of contaminating older aunts and uncles. Too loaded to do major shopping, I have to go back and forth to Besançon from Roulans in the evening, but the Carrefour supermarket closes earlier than usual, I can't get in and I go back and forth to Besançon for nothing! I will go back and forth the next day, then another to Baume-Les-Dames the next day to complete. Then begins a waiting period to reopen the borders to be able to continue this long-term adventure, decidedly upset for many months now!

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Article du Dimanche 5 avril 2020

22h54 - Etapes 1092-1098. Bangkok – Siem Riep (596 kilomètres)

[FR] (in english below)
Le dimanche 1er mars 2020, j'ai repris la route à Bangkok, la capitale de la Thaïlande. Je me suis d'abord dirigé au nord-est vers le parc national de Khao Yai, qui est la plus vaste réserve naturelle thaïlandaise. Je l'ai atteint en deux jours, sous une météo ensoleillée et très chaude, ce qui m'a valu quelques coups de soleil. Afin de terminer les étapes avant midi, et d'éviter de rouler sous 40 °C, ce qui est très fatigant et désagréable, j'ai débuté les étapes vers 6 h 30 le matin. Pour finir la deuxième étape et arriver dans le parc national, j'ai eu droit à une belle montée de 30 kilomètres, avec le magnifique fonds sonore de la forêt tropicale qui grouille de vie, et en compagnie d'un groupe de cyclistes retraités locaux pendant quelques kilomètres. La forêt primaire qui couvre cette montagne s'étend sur environ 200 kilomètres de long pour 50 km de large. Elle est peuplée d'une faune et d'une flore très riches. J'ai notamment observé des singes, un éléphant sauvage, des biches, des porc-épiques, et un calao bicorne, un gros oiseau au long bec orange, emblématique du parc. Ces animaux ne furent pas difficiles à apercevoir ! À l'exception du Calao bicorne, croisé par hasard près de la route en repartant, il aura suffi de séjourner quelques jours sur le terrain de camping situé au milieu du parc national et de laisser venir ces animaux... Comme la chasse est interdite, ils n'ont pas peur des hommes, et s'approchent à la recherche de la nourriture. Ce sont d'abord les cerfs et les biches qui sont venues visiter ma tente lorsque j'avais le dos tourné. Une magnifique tente Exped Mira 3 à 450 euros. Ayant deviné qu'il y avait quelque chose de bon dedans, ils ont déchiré la toile et la moustiquaire avec leurs pattes, et se sont régalé avec mes deux kilos de succulent muesli délicatement préparé avant de partir, à base d'un mélange de tous les types de céréales, noix et fruits secs que l'on peut trouver au magasin Biocoop La Canopée de Besançon. Heureusement, ils n'ont pas pu accéder au dernier sac d'un kilo, qui se trouvait à l'extérieur, calé sous la lourde chaîne antivol dans le compartiment bas de la sacoche de cadre du vélo. Il me restait donc un kilo à économiser avant de devoir carburer au régime riz/poulet asiatique. C'était sans compter sur les singes ! Qui, eux, sont venus par surprise la nuit suivante... Ils n'ont pas eu de mal à retirer la chaîne avec leurs petites mains et se faire un festin. Ma tente en lambeaux, ma bonne nourriture disparue, je faisais une sieste près du bar du camping en songeant à comment aborder la suite, quand la gérante du bar est venue me voir et me dire : "Attention!!! Un éléphant!!!". Grand, beau, majestueux, le mastodonte avançait pas à pas sur la petite route intérieure du camping. Apparemment, c'est la première fois qu'un éléphant pénètre dans le camping, et c'est donc un événement. C'est probablement le manque d'eau et de fruits dans la nature en cette fin de période sèche qui l'amène à s'aventurer sur ces terres humaines, cela pour la plus grande joie campeurs qui ont pu l'observer! L'animal a d'abord coupé un arbuste à la force de la trompe, en a mangé les meilleures feuilles, puis s'est dirigé vers la terrasse du bar où s'était réfugié les touristes. Il y eut une petite scène de panique des touristes pris au piège, mais l'animal a ensuite simplement continué son chemin vers l'intérieur du camping. Il a secoué un manguier pour en faire tomber les fruits, avant de se déshydrater dans un étang. C'était magnifique à voir et ce furent des moments magiques. Mais je l'ai beaucoup moins admiré ensuite quand il a pris le chemin de ma tente ! Ou plutôt de ce qu'il en restait... Et de toutes mes affaires... Le pachyderme est passé à quelques mètres de mon campement et a fort heureusement poursuivi sa marche lourde et gracieuse sans faire de dégâts supplémentaires. Le soir tombé, c'est un porc-épique qui est entré dans le camping à la recherche de nourriture et s'est laissé approcher. J'en ai ensuite vu d'autres au bord de la route. Dans ce camping, j'ai également rencontré deux jeunes françaises, Faustina et Pauline, qui vadrouillent en Asie du Sud-est pendant quelques mois. Quand Faustina a appris que j'étais l'auteur du site internet "comprendre les maths", avec lequel elle et ses amies ont révisé le bac, elle m'a demandé un autographe ! Un peu gêné, je lui ai accordé un simple selfie. Je rencontre régulièrement en France et à l'étranger des utilisateurs de mon site de mathématiques et cela me fait toujours très plaisir de rencontrer mes "élèves" sur le terrain ! Le lendemain, nous avons passé tous les trois une agréable soirée cuisine/repas autour du feu de mon réchaud à bois. Après quelques randonnées dans la forêt tropicale, j'ai ensuite poursuivi la route en direction du Cambodge, toujours sous des chaleurs étouffantes, mais avec des étapes désormais parfaitement plates sur des routes de bonne qualité, et en avalant des kilos et des kilos de succulents fruits tropicaux (mangues et bananes principalement). Passé la frontière du Cambodge, j'ai alors atteint la ville de Siem Reap et j'ai visité pendant deux jours les temples d'Ankgor. Ce sont des impressionnants vestiges d'un vaste empire qui domina l'Asie du Sud-est pendant quelques siècles, aux alentours des années 1000-1400, et dont je vous parlerai plus longuement dans le prochain article. 

Etape 1092. Bangkok – Chachoengsao. 65 kms.
Etape 1093. Chachoengsao – Camping Lam Ta Khong. 105 kms.
Etape 1094. Camping Lam Ta Khong – Baanbuecchaakhun. 86 kms.
Etape 1095. Baanbuecchaakhun – Kabin Buri. 64 kms.
Etape 1096. Kabin Buri – Sa Kaeo. 78 kms.
Etape 1097. Sa Kaeo – Sisophon. 91 kms.
Etape 1098. Sisophon – Siem Reap. 107 kms.


Vous trouverez ci-dessous une vidéo amateur de 2 minutes sur les animaux que j'ai croisé en Thaïlande et en dessous je vous remets aussi mon passage de 3min30 sur France 3 au mois de janvier.


Animaux



France 3



[EN] On Sunday March 1, 2020, I hit the road in Bangkok, the capital of Thailand. I first headed northeast to Khao Yai National Park, which is the largest natural reserve in Thailand. I reached it in two days, in sunny and very hot weather, which caused me some sunburn. In order to finish the stages before noon, and to avoid driving under 40 ° C, which is very tiring and unpleasant, I started the stages around 6:30 in the morning. To finish the second stage and arrive in the national park, I took a beautiful climb of 30 kilometers, with the magnificent sound of the tropical forest, and in the company of a group of local retired cyclists for a few kilometers. The primary forest that covers this mountain stretches about 200 kilometers long and 50 km wide. It is populated by a very rich fauna and flora. I notably observed monkeys, a wild elephant, hinds, porcupines, and a horned hornbill, a large bird with a long orange beak, emblematic of the park. These animals were not difficult to see! With the exception of the horned hornbill, crossed by chance near the road when leaving, it will have been enough to stay a few days on the campsite located in the middle of the national park and to let these animals come ... As hunting is prohibited , they are not afraid of men, and approach in search of food. First of all, the deer came to visit my tent when my back was turned. A magnificent Exped Mira 3 tent at 450 euros. Having guessed that there was something good in it, they tore the canvas and the mosquito net with their legs, and feasted on my two kilos of succulent muesli delicately prepared before leaving, based on a mixture of all the types of cereals, nuts and dried fruit that can be found at the organic local store in my city of Besançon. Fortunately, they were unable to access the last one-kilo bag, which was outside, wedged under the heavy chain in the bottom compartment of the bike's frame bag. So I had a kilo to save before I had to fuel the Asian rice / chicken diet. It was without counting on the monkeys! Who, them, came by surprise the following night ... They had no trouble removing the chain with their little hands and having a feast. My tattered tent, my good food gone, I was taking a nap near the campsite bar, thinking about how to approach the next part, when the manager of the bar came to see me and say: "Attention !!! An elephant !!! ". Tall, beautiful, majestic, the mastodon was advancing step by step on the small internal road to the campsite. Apparently, this is the first time that an elephant has entered the campsite, so it is an event. It is probably the lack of water and fruit in nature at the end of the dry period that leads him to venture on these human lands, this for the greatest joy campers who could observe it. The animal first cut a shrub with the force of the trunk, ate the best leaves, then went to the terrace of the bar where the tourists had taken refuge. There was a small panic scene from the trapped tourists, but the animal then simply continued on its way inside the campsite. He shook a mango tree to drop the fruit, before dehydrating himself in a pond. It was magnificent to see and it was magic moments. But then I admired him a lot less when he set out for my tent! Or rather what was left of it ... And all my belongings ... The pachyderm passed a few meters from my camp and fortunately continued its heavy and graceful march without doing any further damage. In the evening, a porcupine entered the campsite in search of food and allowed himself to be approached. I then saw others by the roadside. In this campsite, I also met two young French women, Faustina and Pauline, who wander in Southeast Asia for a few months. When Faustina learned that I was the author of the website "Understanding Math", with which she and her friends learned some math in France, she asked me for an autograph! A little embarrassed, I gave her a simple selfie. I regularly meet users of my site in France and it always gives me great pleasure to meet my "students" for real! The next day, the three of us spent a pleasant cooking / dining evening around my wood stove. I then continued the road towards Cambodia, still in sweltering heat, but with stages now perfectly flat on good quality roads, and swallowing kilos and kilos of succulent tropical fruits (mainly mangoes and bananas). Passed the Cambodian border, I then reached the city of Siem Reap and I visited the temples of Ankgor for two days. These are impressive vestiges of a vast empire which dominated Southeast Asia for a few centuries, around the years 1000-1400, and which I will tell you more about in the next article.

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Article du Jeudi 12 mars 2020

13h04 - Etapes 1056-1091. Roulans-Grenoble (1702 kilomètres)

[FR] (in english below)
Bonjour à toutes et à tous et tout d'abord désolé pour cette longue absence sur ce blog ! Un silence muet, qui s'accorde et résonne avec celui laissé par mes parents et grand-parents, désormais tous disparus. Une période délicate avec une longue pause pour des raisons techniques (vider une maison remplie de cent mille milliards d'objets, la remettre en état) mais aussi, car après 1000 étapes, on peut bien s'arrêter un peu. J'en ai profité pour écrire un livre et me lancer dans le développement d'un nouveau site web. Il y eut aussi ce passage à la télévision sur France 3, une belle expérience, ces moments en famille vitaux et le bonheur de manger de bons produits français. Cette longue période qui a duré de novembre 2018 à février 2020 fut entrecoupée d'un retour sur la route de deux mois et demi il y a un an (à Oman et en Inde, déjà raconté sur ce blog), et d'une virée dans mon pays natal pour me changer les idées l'été dernier, entre deux séances de travail dans la maison : 35 étapes parcourues en 41 jours dont on peut se demander si le récit a sa place sur ce blog d'un prétendu "tour du monde". Je vous en fais quand même un rapide résumé. En effet, j'ai parfois des objectifs étranges et stupides (comme courir le marathon de Paris tous les 10 ans, nous en reparlerons bientôt) et j'ai toujours eu un peu en tête l'objectif que le jour où j'arrêterais d'être nomade et retournerai à la vie sédentaire (si ce jour doit arriver un jour) j'aimerais avoir fait, depuis le premier départ du 21 janvier 2013, plus d'étapes à vélo que de jours de repos. Le 20 novembre 2018, il y avait un déficit de 129 jours avec 1000 étapes pour 1129 jours de repos. Depuis, le fossé s'est creusé, alors vous m'accorderez d'ajouter ces 35 étapes dans mes récits et statistiques pour ne pas trop aggraver la situation. Ce qui porte ce déficit, au nouveau départ de Bangkok le 1er mars 2020, à 413 jours (1091 étapes pour 1504 jours de repos). Le voyage en France fut avant tout ponctué de nombreuses pauses dans les boulangeries-pâtisseries qui m'ont apporté de délicieuses saveurs sucrées et de la bonne énergie. Comme un peu partout dans le monde, il y eut aussi des belles rencontres, des animaux et fleurs sauvages, des belles montagnes. Pour me dégourdir les pattes et garder la forme, j'ai réalisé un enchaînement Col de Joux-Col de la Faucille-Col de la Joux Verte, Avoriaz 1800-Col de Joux Plane-Col des Saisies-Col du Méraillet–Cormet de Roselend–Col du Lautaret–Col du Galibier–Col de l'Iseran–Col de la Madelaine–Col du Glandon–Col du Granier–Col du Cucheron–Col de Porte–Montée Grenoble/St Nizier sous la canicule–Routes des charbonnières–Col de Rousset–Col de Menée–Montée de La Berarde...C'est donc bien lancé et les jambes en feu que je me dirigeais ensuite avec mon vélo chargé à l'assaut de l'Alpe d'Huez, avant de refaire le Lautaret pour me diriger ensuite vers le Mont Ventoux. C'est alors que la jante de ma route arrière s'est fissurée dans la descente de la Bérarde et j'ai préféré retourner chez mon cousin à Grenoble puis rentrer en train en Franche-Comté. Il faut dire que, quelques jours plus tôt, la jante de la roue avant avait elle aussi explosé, dans la descente du col du Glandon, à cause probablement d'une trop grande pression dans le pneu, de l'échauffement de la jante lié aux longues distances de freinage dans les cols, et de la chaleur extérieure empêchant tout refroidissement naturel. La jante se fissura sur 20 centimètres de long, laissant sortir le pneu et la chambre à air dans une grande explosion alors que j'étais lancé à 40km/h. La chute fut évitée par miracle. J'ai campé au bord de la route, marché 10 kilomètres le lendemain jusqu'au premier arrêt de bus, pris des bus pour Grenoble puis Crolles où mon frère Baptiste travaillait, suis monté dans sa voiture avec le vélo pour Vimines/Chambéry où j'ai acheté une nouvelle jante et des nouveaux rayons pour me refaire une roue. Malgré ces pépins mécaniques, ce parcours en France fût fort agréable. La France à vélo m'avait déjà émerveillé en 2011 (3 mois et 6000 kms). C'est toujours à mes yeux le plus beau pays du monde. Cela dit, 8 années plus tard, après avoir gravi les pentes des volcans Teide, Mauna Kea ou encore Bromo, après avoir roulé une semaine plus de 4000 mètres d'altitude sur la route du Pamir, après avoir parcouru la fougueuse Islande, les grands espaces de l'ouest américain ou encore l'île d'Ormuz et les déserts d'Iran, les steppes kazakhes ou encore l'arrière pays australien, ce parcourt fut un peu fade et j'ai donc préféré rentrer pour consacrer mon temps à la maison familliale et à d'autres projets.

Etape 1056. Roulans – Dole. 73 kms.
Etape 1057. Dole – Chateau Chalon. 67 kms.
Etape 1058. Chateau Chalon – Saint Maurice Crillat. 48 kms.
Etape 1059. Saint Maurice Crillat – Saint Claude. 32 kms.
Etape 1060. Saint Claude – Gex. 44 kms.
Etape 1061. Gex – Anthy Sur Leman. 52 kms.
Etape 1062. Anthy Sur Leman – Lac de Montriond. 43 kms.
Etape 1063. Lac de Montriond – Chalets de joux plane. 36 kms.
Etape 1064. Chalets de joux plane – Salanches. 58 kms.
Etape 1065. Salanches – Beaufort. 53 kms.
Etape 1066. Beaufort – Bourg Saint Maurice. 45 kms.
Etape 1067. Bourg Saint Maurice – La léchère. 42 kms.
Etape 1068. La léchère – Annecy. 68 kms.
Etape 1069. Annecy – Vimines. 61 kms.
Etape 1070. Vimines – Grenoble. 76 kms.
Etape 1071. Grenoble – Le bourg d’oisans. 50 kms.
Etape 1072. Le bourg d’oisans – Valloire. 64 kms.
Etape 1073. Valloire – Terminion. 54 kms.
Etape 1074. Terminion – Lanslebourg. 6 kms.
Etape 1075. Lanslebourg – Bourg St Maurice. 86 kms.
Etape 1076. Bourg St Maurice – La léchère. 53 kms.
Etape 1077. La léchère – Saint François Longchamp. 37 kms.
Etape 1078. Saint François Longchamp – Articol. 55 kms.
Etape 1079. Vimines – Col du granier. 28 kms.
Etape 1080. Col du granier – St Pierre de Ch-euse. 23 kms.
Etape 1081. St Pierre de Ch-euse – Lans en Vercors. 63 kms.
Etape 1082. Lans en Vercors – Rousset. 44 kms.
Etape 1083. Rousset – Col de Rousset. 37 kms.
Etape 1084. Col de Rousset – Chatillon en Diois. 39 kms.
Etape 1085. Chatillon en Diois – St Martin de Clelles. 40 kms.
Etape 1086. St Martin de Clelles – Pierre Chatel. 42 kms.
Etape 1087. Pierre Chatel – Montchaffey. 30 kms.
Etape 1088. Montchaffey – Rochetaillée. 36 kms.
Etape 1089. Rochetaillée – Le bourg d’Arud. 25 kms.
Etape 1090. Le bourg d’Arud – La Berarde. 20 kms.
Etape 1091. La Berarde – Montchaffey. 72 kms.


[EN]
Hello everyone and first of all sorry for this long absence on this blog! A silent silence, which agrees and resonates with that left by my parents and grandparents, who are now all gone. A delicate period with a long break for technical reasons (emptying a house filled with one hundred trillion objects, rehabilitating it) but also, because after 1000 steps, i can stop a little. I took the opportunity to write a book and get started in the development of a new website. There was also this passage on regional frenc television, a great experience, these vital family moments and the happiness of eating good French products. This long period which lasted from November 2018 to February 2020 was interspersed with a return on the road of two and a half months a year ago (in Oman and India, already told on this blog), and a trip in my native country to change my ideas last summer, between two work sessions in the house: 35 stages covered in 41 days which one wonders if the story has its place on this blog of an alleged "world tour". I'll give you a quick summary anyway. Indeed, I sometimes have strange and stupid goals (like running the Paris Marathon every 10 years, we will talk about it soon) and I always had a little in mind the goal that the day I would stop 'to be nomadic and will return to sedentary life (if this day must come one day) I would like to have done, since the first departure of January 21, 2013, more stages by bike than rest days. On November 20, 2018, there was a deficit of 129 days with 1,000 steps for 1,129 days of rest. Since then, the gap has widened, so you will allow me to add these 35 steps in my stories and statistics so as not to make the situation too much worse. This brings this deficit, at the new departure from Bangkok on March 1, 2020, to 413 days (1091 stages for 1504 days of rest). The trip to France was above all punctuated by numerous breaks in bakeries that gave me delicious sweet flavors and good energy. Like everywhere in the world, there were also beautiful meetings, animals and wild flowers, beautiful mountains. To stretch my legs and keep fit, I did a sequence of Col de Joux-Col de la Faucille-Col de la Joux Verte, Avoriaz 1800-Col de Joux Plane-Col des Saisies-Col du Méraillet – Cormet de Roselend –Col du Lautaret – Col du Galibier – Col de l'Iseran – Col de la Madelaine – Col du Glandon – Col du Granier – Col du Cucheron – Col de Porte – Montée Grenoble / St Nizier under the heat wave – Charbonnière routes – Col from Rousset – Col de Menée – Montée de La Berarde ... So it was well launched and my legs on fire that I was then heading with my loaded bike to climb Alpe d'Huez, before doing the same again. Lautaret to then head towards Mont Ventoux. But the rim of my rear road cracked in the descent of La Bérarde and I preferred to return to my cousin's home in Grenoble and then return by train to my hometown. It must be said that, a few days earlier, the rim of the front wheel had also exploded, in the descent of the Col du Glandon, probably because of too much pressure in the tire, the heating of the rim linked long braking distances in the passes, and outside heat preventing natural cooling. The rim cracked 20 centimeters long, letting the tire and the inner tube come out in a big explosion while I was launched at 40km / h. The fall was miraculously avoided. I camped at the side of the road, walked 10 kilometers the next day to the first bus stop, took buses to Grenoble then Crolles where my brother Baptiste worked, got into his car with the bike for Vimines / Chambéry where I bought a new rim and new spokes to rebuild a wheel. Despite these mechanical glitches, this journey in France was very pleasant. France by bike had already amazed me in 2011 (3 months and 6000 kms). It is still in my eyes the most beautiful country in the world. That said, a few years later, after having climbed the slopes of the Teide, Mauna Kea or Bromo volcano, after having driven more than 4,000 meters above sea level on the Pamir route for a week, after having traveled the fiery Iceland, the great outdoors from the American West or the island of Hormuz and the deserts of Iran, the Kazakh steppes or even the Australian hinterland, this journey was a bit bland and I therefore preferred to return to devote my time to family home and other projects.

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Article du Lundi 24 juin 2019

13h18 - [Article spécial Matériel/Mode de vie] 1. La cuisine

[FR] (in english below)
J'ai repris la route à la fin du mois de mai pour parcourir la France pendant deux mois, avant une nouvelle pause prévue en août, suivie d'un retour en Asie en septembre. Mais avant de vous raconter tout cela, voici un premier article spécial matériel/mode de vie. Dans cet article, je vous explique la partie alimentation et cuisine sur ce voyage. Pour un "frenchman", ce sont bien sûr des notions importantes; pour un cycliste qui parcourt des milliers de kilomètres et doit beaucoup manger, ça l'est aussi. Mais aussi, car pour garder la santé et la forme, il est essentiel de bien manger et enfin, problématique spécifique à mon propre voyage, pour pouvoir profiter pleinement des heures sur le vélo et des rencontres tout en travaillant sur le développement d'une petite entreprise, il ne faut pas passer des heures et des heures à table. La question du temps passé à manger s'est donc rapidement dégagée comme étant une problématique de mon organisation de digital nomade à vélo, d'autant plus que je mange à une allure extrêmement lente (j'ai toujours été le dernier à finir mes assiettes à table), et que je dois beaucoup manger avec étant donné les importantes dépenses physiques et intellectuelles quotidiennes. Du coup, j'ai depuis 2014 adopté une organisation atypique : je ne prends plus de petits-déjeuners ni de repas de midi. Je mange plutôt par petites quantités tout au long de la journée, tout en pédalant ou en travaillant sur l'ordinateur, ce qui fait que pendant la journée, je ne consacre jamais de temps au repas et consacre tout mon temps au déplacement, aux discussions amicales et à mon travail. Cela peut paraître étrange comme façon de manger, mais il s'agit pourtant de la façon la plus naturelle de s'alimenter. A-t-on déjà vu un animal dans la nature prendre 3 repas par jour ? Depuis sa sédentarisation et le besoin d'organiser son temps pour travailler, il y a environ 10 000 ans, l'homme est le seul animal à avoir choisi de brutaliser son appareil digestif à coup de gros repas toutes les 5-6 heures et à ne pas manger entre, car cela nuirait à sa productivité. Mais pour moi qui suis nomade comme mes très lointains ancètres, et libre de gérer comme bon me semble l'intégralité de mon temps, quelle pression aurais-je à me mettre pour respecter ce cadre bien ancré dans les habitudes modernes? Ma digestion s'effectue en continu toute la journée, je mange à une lenteur extrême tout en étant détendu, ce qui est très bon pour l'organisme et pour le plaisir de manger et de savourer tous les aliments. "Et que manges-tu ainsi à longueur de journée?" Pourrait-on me demander. Je mange principalement deux types de mélanges qui m'accompagnent tout autour du monde et varient sensiblement suivant les pays. Placés dans deux boites de 2 litres situées dans mon panier à l'avant du vélo, ils sont toujours accessibles à la main, à la cuillère ou la fourchette.  Le premier mélange est le mélange de céréales, noix, graines et fruits secs, composé à partir d'un mélange de céréales complètes bio et de ce que je trouve comme noix, fruits secs et graines dans les pays où je me trouve. Cela fait un genre de gros muesli très nourrissant et très complet, que je mange sec, par petites quantités. J'en mange environ 300 à 600 grammes par jour, pour un coût de revient d'environ 5 euros par jour. Le deuxième mélange est une grosse salade de fruits et parfois de légumes frais préparée le matin avant de partir, contenant un maximum de fruits frais locaux et de saison. Je consomme environ 2 kilos de fruits et légumes par jour, pour un coût d'environ 4 euros par jour. À ces deux composants essentiels et vitaux, peuvent s'ajouter des petits sandwichs de pain avec de la pâte à tartiner aux noisettes, du beurre de cacahuètes, de la confiture, du miel ou du chocolat suivant les envies et les denrées disponibles (le beurre de cacahuètes, c'était surtout en Amérique du Nord). Quelques pâtisseries locales ne sont pas à exclure non plus, bien sûr, surtout en France (vive les tartelettes aux framboises, aux myrtilles, les éclairs au chocolat et les figues). Pour les boissons, je prépare principalement le matin au réveil ou avant de partir des jus de fruits avec mon presse-agrumes qui presse aussi bien les citrons pour ajouter à l'eau des bidons, que des oranges, pamplemousses et grenades, voire un mélange des 3. Enfin, le soir, si je suis seul, je cuisine un vrai repas chaud. Je cuisine au feu de bois un mélange de riz-légumineuses (souvent des lentilles)-oignon-thon-herbes de provence-sel et ajoute à la fin un peu d'huile d'olive et de raisins secs pour absorber l'eau restante et ajouter une couche sucrée et grasse, bien savoureuse. La recette peut varier un peu suivant les pays, mais c'est globalement souvent cela. Je cuisine aussi des œufs sur le plat, mais cela uniquement dans les pays dans lesquels on trouve des œufs pas trop industriels. Le feu est réalisé dans un réchaud à bois composé de 3 pièces en titane qui s'emboîtent pour former un réchaud à double paroi très efficace de 20 centimètres de haut. L'air arrive par la grille du dessous, ainsi que par l'espace entre les deux parois où il monte et chauffe avant d'alimenter le foyer par de nouveaux trous à mi-hauteur. Pour faire durer le feu plus longtemps et ne pas avoir à l'alimenter trop souvent, mon couteau suisse est muni d'une scie pour couper des morceaux de plus gros diamètre. L'ensemble se range dans la popote, qui se range, elle, dans le presse-agrumes. Et à l'intérieur de tout cela se trouve un sachet de nourriture, le mélange riz lentilles ou les herbes de Provence. La cuisine est donc très compacte sur le vélo et je ne transporte quasiment jamais de carburant sur moi. En cas de pluie pendant la journée, il peut toutefois m'arriver de ramasser du bois sec au bord de la route pour l'utiliser le soir. En cas de longue période de pluie, si le bois est vraiment trempé (Norvège...), ou en haut montagne en absence de bois (Tadjikistan...), je me contente de manger froid le soir, ce qui n'est pas si mauvais (l'homme est le seul mamifère à prendre des repas chaud) et ne concerne rarement plus de 4 ou 5 soirs par an. Le coût du repas du soir me revient autour de 4 euros. Cette organisation normale, avec une alimentation équilibrée avec beaucoup de fruits et légumes et de produits de qualité est bien sur très flexible et dépend beaucoup des rencontres, de la possibilité de prendre des repas dans des restaurants peu onéreux (en Malaisie et en Inde, je n'ai jamais cuisiné) ou des repas cuisinés plus intéressants et complets chez l'habitant. Mais lorsque je me retrouve livré à moi-même dans des pays normaux, c'est vers ce type d'organisation que je tends, et il m'a tellemnt donné satisfaction ces derniers années, que je n'ai jamais imaginé revenir à des choses plus normales. Bien sûr, les automobilistes qui me voient manger avec une fourchette sur mon vélo sont toujours surpris, et cela suicite parfois l'admiration et la jalousie des autres cyclistes qui aimerient bien aussi pouvoir s'alimenter de la sorte tout en roulant.

(petite vidéo ci-dessous à regarder en plein écran)




[EN]
I went the road at the end of May to travel through France for two months before a new break in August, followed by a return to Asia in September. But before to tell you all this, here is a first article special material / lifestyle. In this article, I explain the food and cooking part of this trip. For a "frenchman", these are of course important notions; for a cyclist who travels thousands of miles and has to eat a lot, it is too. But also, because to keep health and fitness, it is essential to eat well and finally, problematic specific to my own trip, to be able to fully enjoy the hours on the bike and meetings while working on the development of a small business, and to not spend hours and hours at the table. The question of the time spent eating was quickly cleared as a problem of my organization of digital nomad biker, especially because I eat at an extremely slow pace (I was always the last to finish my plates at the table), and that I have to eat a lot with the significant daily physical and intellectual expenses. As a result, since 2014, I have adopted an atypical organization : I no longer take breakfast or lunch. I eat in small quantities all day long, while pedaling or working on the computer, so during the day I never spend time with meals and spend all my time traveling, discussions friendly and at my job. It may seem odd to eat, but it is the most natural way to eat. Have we ever seen an animal in nature take 3 meals a day? Since his settlement and the need to organize his time to work, about 10,000 years ago, man is the only animal to have chosen to brutalize his digestive system with large meals every 5-6 hours and to not eat between, as this would hurt his productivity. But for me who is nomadic as my very distant ancestors, and free to manage the entirety of my time, what pressure should I put myself to respect this framework well anchored in modern habits? My digestion is continuous all day, I eat at an extremely slow pace while being relaxed, which is very good for the body and for the pleasure of eating and savoring all foods. "And what are you eating all day long?" Could you ask me. I mainly eat two types of mixtures that accompany me all around the world and significantly depending on the country. Placed in two boxes of 2 liters located in my basket at the front of the bike, they are always accessible by hand, with a spoon or fork. The first blend is the mix of cereals, nuts, seeds and dried fruits, made from a blend of organic whole grains and what I find as nuts, dried fruits and seeds in the countries where I am. This is a kind of big muesli/granola very nourishing and very complete, that I eat dry, in small quantities. I eat about 300 to 600 grams per day, for a cost of about 5 euros per day. The second blend is a large salad of fruit and sometimes fresh vegetables prepared in the morning before leaving, containing a maximum of local fresh fruit and seasonal. I consume about 2 kilos of fruits and vegetables a day, at a cost of about 4 euros a day. To these two essential and vital components, can be added small sandwiches of bread with hazelnut spread, peanut butter, jam, honey or chocolate according to the desires and the available goods (butter peanuts, it was mostly in North America). Some local pastries are not to be excluded either, of course, especially in France. For drinks, I prepare mainly in the morning when I wake up or before leaving fruit juice with my juicer presses both lemons to add water to cans, oranges, grapefruit and pomegranates, or a mixture. Finally, in the evening, if I'm alone, I cook a real hot meal. I cook on a wood fire a mixture of rice-legumes (often lentils), onion-tuna-frenche provence herbs-salt and at the end I add a little olive oil and raisins to absorb the remaining water and add a layer of sugar and fat, very tasty. The recipe can vary a little according to the countries, but it is generally that often. I also cook fried eggs, but this only in countries where there are not too industrial eggs. The fire is made inside a 3-piece titanium wood stove that interlock to form a very efficient double-walled stove of 20 centimeters high. The air comes through the grid below, as well as the space between the two walls where it rises and heats before feeding inside with new holes at half height. To make the fire last longer and not have to feed it too often, my Swiss Army knife is equipped with a saw to cut pieces of larger diameter. The set is put in the pot and the pan, which ranks itself in the juicer. And inside all this is a bag of food, rice lentils mix or herbs of Provence. The kitchen is very compact on the bike and I never carry fuel on me. In case of rain during the day, however, I may pick up dry wood at the side of the road for use in the evening. In case of long rain, if the wood is really wet (Norway ...), or in the high mountains in the absence of wood (Tajikistan ...), I just eat cold in the evening, which is not so bad (the man is the only mammal to have hot meals) and seldom deals with 4 or 5 nights a year. The cost of the evening meal comes back to me around 4 euros. This normal organization, with a balanced diet with lots of fruits and vegetables and quality products is of course very flexible and depends a lot on meetings, the possibility of eating meals in inexpensive restaurants (in Malaysia and India, I have never cooked) or meals more interesting and complete at hosts houses and homestays. But when I find myself delivered to myself in normal countries, it is towards this type of organization that I tend, and it has given me satisfaction in recent years, that I have never imagined returning to more normal things. Of course, motorists who see me eating with a fork on my bike are always surprised, and this sometimes expresses the admiration and jealousy of other cyclists who also like to eat this way while driving.



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Article du Dimanche 24 mars 2019

16h40 - Etapes 1033-1055. Thiruvananthapuram - Bombay (1610 kilomètres)

J'ai atterri à Thiruvananthapuram en provenance de Salalah le 14 février 2019. C'est une ville de 1 million d'habitants, capitale de l'état du Kerala, tout au sud de l'Inde. Située à 8 degrés de latitude nord, au bord de l'océan, il fait chaud et humide : en une heure, j'ai déjà transpiré autant qu'en un mois à Oman ! Devant l'aéroport, un policier me demande de me dépêcher de rassembler mon vélo, car un attroupement de curieux s'est formé autour du moi ! Je remonte le vélo en 2-2. La première route que j'emprunte est bondée de trafic, c'est une deux fois une voie étroite dans laquelle se bagarre un mélange de petites voitures, de tuk-tuks (des taxis jaunes à 3 roues ouverts sur le côté) et de mobylettes. Chacun tente de faire sa place et de tirer son épingle du grand jeu qu'est la circulation urbaine. Cela fait du bruit, beaucoup de bruit, et de pollution, c'est irréspirable. C'est donc un début difficile dans ce nouveau pays, je regrette déjà le désert et les dromadaires d'Oman. L'expérience de l'Indonésie en 2016 m'aide un peu, car le trafic et le climat sont semblables. C'est toutefois un changement très brutal de pays et de culture, je me sens perdu et me retranche une semaine dans un hôtel. J'en profite pour aller visiter un temple sacré qui contient des offrandes (estimées à 15 milliards de dollars!) puis j'assiste à un festival dans lequel 3 millions de femmes sont assises au bord des rues de la ville avec un repas de riz sucré dans des pots, comme offrande pour une déesse. Enfin, je prends la route vers le nord, le long de la côte ouest du pays, sur la route nationale 66 Indienne avec la casquette de la route 66 Américaine, achetée à Dubaï suite à la perte dès la première étape de l'année 2019 de ma casquette de sport. Le bruit des voitures et surtout des klaxons devient rapidement insupportable. Je suis quelqu'un qui supporte à peu près tout, mais ces klaxons presque en continus dans mes oreilles sont vraiement très agressifs. Pourquoi klaxonnent-ils autant? C'est principalement pour signaler leur position, ils conduisent d'avantage à l'ouie qu'à l'oeil, mais parfois c'est juste pour dire bonjour, ils adorent klaxonner c'est un jeu très amusant pour eux. Un jour, j'ai bien cru que l'un d'eux m'avait percé le tympan! Le jour suivant, j'ai roulé toute la journée avec une boule quiès dans l'oreille droite, côté route, ce qui m'a apporté de l'apaisement. Le tableau n'est pas complétement noir pour autant, la bonne surprise est venue des gens. Vous allez me dire : "oui, mais les gens étaient déjà bien avec toi dans tous les pays que tu as traversé précedemment". Il convient donc de nuancer. Les Terriens d'ici ne sont pas sympathiques et ouverts d'esprit comme les nord-américains ou gentils et généreux comme les Iraniens ou les Omanais, ils sont tout simplement souriants, beaux et heureux. Les enfants sont formidables, ils disent bonjour et quand je parviens à dire bonjour avant eux alors ils partent dans de grands éclats de rire. Ils sont très naturels. Je m'arrête régulièrement pour échanger quelques mots avec eux ou même faire une partie de football. Tout en roulant, je salue la population qui me sourit et semblent contente de voir un étranger blanc sur son biclou. Je trouve de plus qu'ils sont très beaux, ils ont des beaux visages et les femmes sont vétues de soie toujours très colorée et de très bon goût. La nourriture est un autre point positif. Je bois de nombreux jus de fruits frais pressés devant moi, et les bananes sont délicieuses, j'en mange régulièrement un kilo dans la journée. Un jour, j'ai mangé 18 petites bananes, épluchées, coupées en 3 et enrobées de pâte à tartiner aux noisettes "carrefour bio" de Salalah. De la dynamite. En longeant la côte ouest du pays, je mange aussi de nombreux poissons, toujours frais du jour, un délice : du "king fish", du "white snapple", de l'"Agholi fish", et même de l'espadon. Malheureusement, ils servent souvent cela avec des sauces pimentées qui mettent le feu à la bouche... Même quand on leur demande "not spicy!", ils ne peuvent pas s'empêcher d'ajouter quelques petites boules piquantes. Le long de la route, j'observe aussi des singes Langur de bonne taille qui mangent dans les arbres. Les conditions restent malgré tout difficiles et je prends moins de plaisir que dans les autres pays. Et pour compliquer encore la tâche, j'ai eu les pires difficultés du monde à me connecter à Internet, et donc à travailler. 3 hôtels sur 4 n'ont pas le wifi et quand ça marche encore 3 fois sur 4 ça ne marche pas depuis la chambre, de plus il me fut impossible d'acquérir une carte sim locale, chose très facile dans tous les autres pays du monde. On m'a d'abord demandé une photo d'identité, que je n'avais pas, puis une copie de mon passeport, que je n'ai pas non plus, puis une autre fois encore le nom et l'adresse d'un ami qui habite dans la ville, ce que je n'avait pas non plus, et quand enfin je me suis rendu dans une boutique Vodafone officielle avec tout le nécessaire on m'a répondu : "désolé, nous ne donnons des cartes sim qu'aux locaux, vous devez retourner à Goa! (la province où j'étais la veille). Sur ces mauvaises paroles, j'ai décidé d'écourter mon séjour en Inde et rentrer en France depuis Bombay au lieu de Delhi. J'ai fait péniblement les étapes jusqu'à Bombay, sur une route principalement en travaux, roulant de bon matin jusqu'en milieu d'après midi où les températures atteignaient parfois 40°C, puis j'ai atteint Bombay le lundi 18 mars, avec une arrivée en bâteau par la porte de l'Inde, grand monument de pierre genre arc de triomphe. La traversée de 20 kilomètres en ville vers l'auberge de jeunesse et l'aéroport fut épique : le hasard de la navigation GPS m'a fait traverser un marché couvert puant, dans lequel à ma droite reposait sur une table de la viande de poulet non réfrigérée, et juste derrière un empilement de cages à poules remplies de poules vivantes qui attendaient leur heure en ragardant leur copines se faire tuer, dépecer et vendre, alors que devant moi un homme tenait une poule d'une main et un couteau de l'autre main... J'ai détourné la tête puis quelques secondes plus tard, je l'ai vu jeter la poule, la gorge tranchée, dans un grand sceau. Quelques rues plus loin, une chèvre attachée à un piquet avec un mètre de corde en plein soleil attendait sans doute aussi son heure. S'il existe des associations de défense du bien-être animal en Inde, elle doivent être débordées! Quelques jours auparavant j'ai également vu une vache manger du carton et du plastic, en abscence d'herbe. Quelques rues plus loin à Bombay, un enfant de 2 ans tout nu fasait des bulles, il semblait heureux. Un peu plus loin, j'ai visité une mosquée et une église, 6 religions se mélangent ici. Le hasard fait bien les choses à Bombay. Hasard des routes, des rencontres, et du monde pas si petit que cela finalement quand il est connecté, j'ai retrouvé le lendemain Shridhar, un homme d'affaires indien rencontré à Lisbonne à la fin de la 33ème étape il y a 6 ans, et avec qui j'étais resté en contact. J'ai garé mon vélo à côté d'une voiture Mercedes en bas des bureaux où il travaille et je l'ai rejoint pour un déjeuner avec ses collèges, enchantés de ma présence. Nous avons parlé de l'Inde et du hasard des rencontres et de la vie et Shridhar est parvenu en quelques phrases à me convaincre de revenir dans son pays plus tard, alors que je l'avais déjà rayé de mes projets futurs. Il y aura donc, possiblement encore des parfums d'Inde sur ce blog. Mais en attendant, un nouveau retour vers la France est impératif, pour m'occuper avec mes frères et sœur de la maison de mes parents, emportés par des cancers beaucoup trop tôt. Le voyage reprendra à la fin du mois de mai. En attendant, je souhaite un bon printemps à tous les lecteurs et lectrices de ce blog!

Vous pouvez retrouver ci-dessous mes stories instagram @floavelo de 2019




[EN]
I landed at Thiruvananthapuram from Salalah on February 14, 2019. It is a city of 1 million people, capital of the state of Kerala, all the way south of India. Located at 8 degrees north latitude, at the edge of the ocean, it is hot and humid: in one hour, I have already perspired as much as a month in Oman! In front of the airport, a policeman asks me to rush to gather my bike, because a crowd of curious has formed around me! I ride the bike in 2-2. The first road I take is crowded with traffic, it's a twofold narrow lane in which a mix of small cars, tuk-tuks (yellow taxis with three open wheels on the side) and mopeds are fighting. Each one tries to make its place and to take advantage of the great game of urban traffic. That makes noise, a lot of noise, and pollution, it's irrespirable. It is therefore a difficult beginning in this new country, I already regret the desert and the dromedaries of Oman. The experience of Indonesia in 2016 helps me a bit, because the traffic and the climate are similar. It is however a very brutal change of country and culture, I feel lost and went a week in a hotel. I take this opportunity to visit a sacred temple that contains offerings (estimated at $ 15 billion!) Then I attend a festival in which 3 million women are sitting on the streets of the city with a meal of rice sweet in pots, as an offering for a goddess. Finally, I take the road north, along the west coast of the country, on the Indian Highway 66 with the cap of the American Route 66, bought in Dubai following the loss in the first stage of the year 2019 of my sports cap. The sound of cars and especially horns quickly becomes unbearable. I am someone who supports just about everything, but these horns almost continuously in my ears are really very aggressive. Why do they honk so much? This is mainly to signal their position, they lead more to the hearing than the eye, but sometimes it's just to say hello, they love horn honking is a very fun game for them. One day, I thought that one of them had pierced my eardrum! The next day, I drove all day with a ball in my right ear, on the road side, which brought calm. The picture is not completely black so the good surprise came from people. You will say to me: "Yes, but the people were already good with you in all the countries that you crossed previously". It is therefore necessary to qualify. Terrans here are not friendly and open-minded like North Americans or kind and generous like Iranians or Omanis, they are simply smiling, beautiful and happy. The kids are great, they say hello and when I manage to say hello before them then they go off in big bursts of laughter. They are very natural. I stop regularly to exchange a few words with them or even play football. While driving, I greet the people who smiles at me and seem happy to see a white stranger on his biclou. I also find that they are very beautiful, they have beautiful faces and women are dressed in silk always very colorful and very good taste. Food is another plus point. I drink many fresh fruit juices in front of me, and the bananas are delicious, I regularly eat a kilo in the day. One day, I ate 18 small bananas, peeled, cut into 3 and coated with hazelnut spread "crossroads bio" of Salalah. Dynamite. Along the west coast of the country, I also eat many fish, always fresh of the day, a delight: "king fish", "white snapple", "Agholi fish", and even swordfish. Unfortunately, they often serve this with spicy sauces that ignite ...Even when you ask them "not spicy!", They can not help but add a few spicy balls. Along the way, I also observe Langur monkeys of good size who eat in the trees. The conditions are still difficult and I take less pleasure than in other countries. And to further complicate the task, I had the worst difficulties in the world to connect to the Internet, and therefore to work. 3 hotels out of 4 do not have wifi and when it works again 3 times out of 4 it does not work from the room, moreover it was impossible for me to acquire a local sim card, something very easy in all the other countries of the world. I was first asked for a photo ID, which I did not have, then a copy of my passport, which I did not have either, then again the name and address of a friend who lives in the city, which I did not have either, and when at last I went to an official Vodafone shop with everything I was told, "sorry, we only give cards sim that To the locals, you must go back to Goa (the province where I was the day before.) On these bad words, I decided to shorten my stay in India and return to France from Bombay instead of Delhi. I made the difficult steps to Bombay, on a road mainly under construction, rolling early in the morning until mid-afternoon when temperatures sometimes reached 40 ° C, then I reached Bombay on Monday, March 18, with an arrival by boat from the gate of India, large monument of stone like triumphal arch.The crossing of 20 kilometers in vil to the hostel and the airport was epic: the chance of GPS navigation made me cross a stinking covered market, in which to my right was resting on a table of unrefrigerated chicken meat, and just behind a stack of chicken cages filled with living chickens waiting for their hour while chewing on their girlfriends to be killed, cut up and sold, while in front of me a man held a hen with one hand and a knife with the other hand ... I turned my head away and then, a few seconds later, I saw him throw the hen, his throat sliced, into a big seal. A few streets away, a goat attached to a stake with a meter of rope in full sun was probably also waiting its time. If animal welfare associations exist in India, they must be overwhelmed! A few days ago I also saw a cow eat cardboard and plastic, in absence of grass. A few streets farther on in Bombay, a naked 2-year-old boy was making bubbles, he seemed happy. A little further, I visited a mosque and a church, 6 religions are mixed here. Chance does a good job in Bombay. Chance of roads, meetings, and the world not so small that it finally when connected, I found the next day Shridhar, an Indian businessman met in Lisbon at the end of the 33rd stage 6 years ago and with whom I stayed in touch. I parked my bike next to a Mercedes car at the bottom of the offices where he works and I joined him for a lunch with his colleagues, delighted with my presence. We talked about India and the chance of encounters and life and Shridhar managed to convince me in a few sentences to return to his country later, when I had already scratched out of my future plans. There will be, possibly still India perfumes on this blog. But in the meantime, a new return to France is imperative, to deal with my brothers and sisters in the house of my parents, carried away by cancer much too early. The trip will resume at the end of May. In the meantime, I wish all the readers of this blog a good spring!


Etape 1033. Thiruvananthapuram – Varkala. 58 kms.
Etape 1034. Varkala – Haripad. 74 kms.
Etape 1035. Haripad – Cochin. 89 kms.
Etape 1036. Cochin – Kodungallur. 39 kms.
Etape 1037. Kodungallur – Ponnani. 72 kms.
Etape 1038. Ponnani – Kozhikode. 66 kms.
Etape 1039. Kozhikode – Vadakara. 47 kms.
Etape 1040. Vadakara – Kannu. 45 kms.
Etape 1041. Kannu – Kanhangad. 75 kms.
Etape 1042. Kanhangad – Kotekar. 59 kms.
Etape 1043. Kotekar – Udupi. 74 kms.
Etape 1044. Udupi – Uppunda. 66 kms.
Etape 1045. Uppunda – Gokarna. 108 kms.
Etape 1046. Gokarna – Palolem. 86 kms.
Etape 1047. Palolem – Mandrem. 100 kms.
Etape 1048. Mandrem – Malvan. 76 kms.
Etape 1049. Malvan – Kharepatan. 78 kms.
Etape 1050. Kharepatan – Belkar. 67 kms.
Etape 1051. Belkar – Sangameshwar. 64 kms.
Etape 1052. Sangameshwar – Lote. 60 kms.
Etape 1053. Lote – Mahad. 66 kms.
Etape 1054. Mahad – Nagothana. 70 kms.
Etape 1055. Nagothana – Bombay. 71 kms.


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